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Le marché du vélo sur les chapeaux de roues

Face à la hausse des prix des carburants, aux difficultés de la circulation et une prise de conscience écologique qui fait son chemin, le secteur de la petite reine connaît une croissance remarquable ces dernières années.

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De toutes les formes et couleurs, électriques ou non, on les croise désormais à tous les coins de rues. Les vélos se répandent en ville, gagnant en popularité vu leurs différents atouts. Pratique, bon pour la santé et pour la planète, ce mode de transport séduit de plus en plus de personnes. Jeunes et moins jeunes, de toutes les classes sociales, s’approprient la petite reine. Certains pour les loisirs et d’autres comme moyen de transport. «Un Marocain sur deux fait du vélo, soit pour le déplacement, soit pour pratiquer le sport, au moins une fois par semaine», affirme Mohammed Belmahi, président de la Fédération royale marocaine du cyclisme (FRMC), qui précise que le marché des deux-roues connaît dernièrement une grande dynamique. Selon l’Office des changes, le Maroc a importé, en 2017, 89.138 unités, pour un montant de 44,6 millions de dirhams. En 2022, le nombre d’unités importées a monté en flèche pour atteindre 246.799 pour un montant de 120,6 millions de dirhams. Belmahi souligne que la demande dépasse largement l’offre, avec un manque aberrant de vélos de course. «Face à des problèmes d’approvisionnement et à un écart conséquent entre l’offre et la demande, le marché marocain se retrouve en forte tension. De plus en plus d’usagers se retrouvent confrontés à l’impossibilité de se procurer un vélo rapidement», indique Belmahi, appelant à établir une usine de fabrication de vélos au Maroc, pour mettre fin à cette grande dépendance des distributeurs envers les usines de production étrangères. «Ce projet impactera positivement l’économie du Royaume, et impliquera la baisse des coûts des vélos et des pièces de rechange», poursuit-il. En outre, le responsable appelle les pouvoirs publics à encourager l’usage de ce mode de transport au quotidien, et à améliorer la sécurité routière grâce à des infrastructures de transport adaptées. «En 2023, le Maroc dispose d’un nombre limité de pistes cyclables, principalement à Rabat, Errachidia, Agadir. Cependant, elles demeurent insuffisantes pour répondre aux demandes et aux attentes des cyclistes. À titre d’exemple, pour 100 kilomètres de voirie automobile, Marrakech ne compte que trois kilomètres de voies aménagées pour les vélos», indique-t-il. «Cette flambée du marché du vélo impliquera un mouvement de fond qui devrait engendrer de nombreux changements dans les villes et imposer un développement rapide à la filière», conclut-il.

Des prix variant entre 700 et 20.000 dirhams
Face à cette dynamique remarquable, la concurrence se renforce entre distributeurs. Outre les magasins spécialisés et les enseignes multisports, plusieurs marques de vélo optent pour la vente directe en misant sur les réseaux sociaux. Les e-commerçants cherchent également à s’affirmer dans la distribution du vélo. Au magasin Décathlon Marina, à Casablanca, une variété de bicyclettes pour tous les âges est exposée. Ayman et Ilyass, deux conseillers de vente, expliquent que la crise sanitaire a donné un grand coup d’accélérateur au marché. En effet, l’opportunité que représentent les deux-roues de maintenir une certaine distance sociale tout en favorisant la mobilité décarbonnée a incité plusieurs personnes à revoir leurs habitudes de transport. «Nous proposons des vélos de différentes marques, B’twin, Rockrider et Riverside. Leurs coûts varient selon leurs types, leurs tailles et leurs performances.», mentionne Ayman. Selon lui, les vélos pour enfants sont les plus vendus. Leur prix varie entre 700 et 3.100 dirhams. Quant aux vélos destinés aux adultes, le coût d’un VTT (vélo tout terrain) peut aller jusqu’à 14.000 dirhams. Cette catégorie est la plus performante. Un VTC (vélo tout chemin) peut coûter jusqu’à 5.500 dirhams. Ayman fait remarquer que «dernièrement, il y a un engouement remarquable pour les vélos électriques, dont le prix peut atteindre les 11.000 dirhams». Par rapport à la provenance de ces vélos, Ilyass note «qu’ils sont importés de France sous forme de pièces détachées, et leur montage se fait ici au Maroc».

Le marché des vélos d’occasion connaît également un grand succès. C’est ce qu’affirme Zouhair, le propriétaire de «Zouhair cyclisme», un magasin spécialisé dans la vente de vélos d’occasion à Derb Ghalef. Ce passionné du cyclisme depuis son jeune âge s’est lancé dans ce commerce depuis plus de 12 ans. «Ces vélos proviennent principalement de la Chine, d’autres viennent également d’Italie, de France, de Belgique et des États-Unis». Pour les vélos d’occasion, les prix dépendent de leur état, de leur qualité et de leur marque. «Les vélos pour enfants de 5 à 12 ans coûtent entre 800 et 1.800 dirhams, les vélos de course, entre 3.000 et 15.000 dirhams. Le prix d’un vélo normal pour adulte oscille entre 2.000 et 5.000 dirhams, et peut aller jusqu’à 10.000 dirhams». Le vélo électrique se vend entre 5.000 et 20.000 dirhams. Autant dire que chacun peut trouver pédale à son pied.


Location de vélos, un business au poil

L’engouement croissant pour la petite reine a inspiré plusieurs jeunes entrepreneurs. C’est le cas de Yassine Medouari, le fondateur de «Allo vélo». «Notre objectif est d’encourager la pratique du vélo, en mêlant l’utile à l’agréable», souligne-t-il. L’agence propose un service de location de vélos sur Casablanca. «Le client peut en obtenir un quand il le veut, et là où il le veut. Il peut également profiter des visites guidées ou même de cours d’apprentissage, à partir de l’âge de six ans, avec des coachs professionnels», mentionne-t-il, ajoutant que les coûts de location de vélos varient en fonction de la durée de balade. Ils démarrent généralement à 40 dirhams par heure. «Pour les débutants, nous offrons un pack de 3 séances à 400 dirhams. La première séance vise à comprendre le mécanisme de base du fonctionnement d’un vélo. Pendant la deuxième, l’apprenti pratique une série d’exercices, qui facilitent l’équilibre ainsi que le processus de démarrage du vélo, jusqu’à ce que l’objectif soit atteint. La troisième séance est sous la forme d’une balade pour s’habituer au vélo et renforcer les acquis de l’apprenti». Pour monter son projet, le jeune entrepreneur confie qu’il a investi entre 200.000 et 400.000 dirhams. «Nous achetons les vélos de chez Décathlon, ou de chez des particuliers à partir de 1.700 dirhams, tout dépend du modèle du vélo et de son état», confie-t-il.