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Le DRH peut-il être le garant du travail collaboratif ?
Avec le soutien de la direction générale, le département des Ressources humaines joue un rôle de premier plan pour que les différentes transformations qui impactent l’entreprise et sa culture aient du sens pour les collaborateurs.
Les dernières années, de nombreuses entreprises ont dû faire face à des pressions considérables, remettant en question leur modèle économique, organisationnel et managérial. Prenons par exemple Google, qui a dû réévaluer son modèle face à l’évolution rapide du marché technologique.
De même, Tesla a été confronté à des défis majeurs pour s’adapter à l’industrie automobile en mutation. Les cas au Maroc existent aussi, notamment chez l’Office chérifien des phosphates (OCP), Cosumar et bien d’autres groupes familiaux. Cette ère de transformation a clairement montré que les entreprises prospères ont su tirer leur épingle du jeu en favorisant la synergie et le travail d’équipe.
Chez Apple, la collaboration entre les équipes de conception, de développement et de marketing a été essentielle pour le succès de produits emblématiques tels que l’iPhone et l’iPad. Idem pour Amazon, l’harmonisation des compétences individuelles a permis la mise en place de processus logistiques novateurs, propulsant l’entreprise au sommet du secteur de la distribution.
Cette alchimie précieuse, issue de l’association des compétences individuelles, est la clé d’une bonne organisation. Elle va bien au-delà de la simple coopération, elle incarne l’harmonisation des talents, des idées et des énergies pour atteindre des objectifs communs.
Bien évidemment, les professionnels des RH jouent un rôle pivot dans la promotion de cette dynamique de groupe, afin d’éviter que toutes les bonnes énergies soient perdues. Avec le soutien de la direction générale, la direction RH joue un rôle de premier plan pour que les différentes transformations qui impactent l’entreprise et sa culture aient du sens pour les collaborateurs.
Ils sont les porte-paroles de ces transformations et parfois même des acteurs d’anticipation de tout changement au sein de l’entreprise.
Dans cette optique, l’Association nationale des gestionnaires et formateurs de personnel (AGEF) a organisé une table ronde lors du HR International Summit tenu à Marrakech, les 10 et 11 novembre, mettant en avant l’importance du rôle à jouer de la fonction RH dans le travail collectif.
Pour Hamid ElOtmani, président du groupe LMS ORH, le DRH occupe plus que jamais cette responsabilité de synergie parce qu’il a ce regard de transversalité de toutes les fonctions de l’entreprise, une vision qui doit être partagée avec le DG. Il doit aussi être informé de tout ce qui se passe dans l’entreprise pour qu’il ne soit pas pris au dépourvu en cas d’erreur. Il ajoute toutefois que le DRH doit avoir une valeur ajoutée au moins sur trois points. D’abord apporter de la pression avec le dosage qu’il faut, sinon les employés auront l’impression d’être au Club Med et donc la fonction RH s’en trouve inexistante. Les deux autres points consistent à donner de l’autonomie et la cohésion.
Le rôle du DRH consiste à aligner toutes les énergies
Quels sont les moyens à disposition du responsable des ressources humaines dans cette dynamique ? Rachid Bakkar, DRH d’Inwi, explique que pour atteindre un niveau d’intelligence collective souhaité par l’entreprise, le rôle du DRH consiste à aligner toutes les énergies. Cela se concrétise par l’élaboration de politiques inclusives, le développement de programmes de formation novateurs et la mise en œuvre de processus de recrutement et de rétention de talents de haut niveau.
Les indicateurs clés de performance (KPI) sont également nombreux. Selon Saad Berrada, DG d’Intelcia Maroc-Tunisie, les outils, tels que les enquêtes de satisfaction, sont souvent utilisés pour évaluer la performance.
Cependant, il souligne que la culture d’entreprise constitue le fondement essentiel d’une organisation collective réussie. «La période Covid nous a permis de mettre en place des initiatives qu’on n’aurait pas faites en temps normal. En quelques semaines, on a pu mettre en place un site hybride en dehors de l’axe Casa-Rabat où les collaborateurs ont pu travailler à distance. On s’est mobilisés de manière exceptionnelle en mode agile pour avoir un site rapidement opérationnel.
Nous nous sommes également appuyés sur l’agilité, l’engagement et la qualité de l’exécution de nos différents départements qui ont opéré des changements significatifs dans leurs modes de travail et de collaboration dans des temps record». Et de poursuivre : «Nous avons assisté à une vraie transformation de plusieurs fonctions de notre entreprise qui se sont admirablement adaptées à ce changement. C’est une véritable expérience de synergie qui s’est opérée de manière sereine».
En parallèle, l’éducation intègre la notion d’intelligence collective, ce qui soulève la question du modèle de leadership le plus efficace pour instaurer une culture axée sur l’innovation, la créativité et la performance. D’ailleurs, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) de Benguerir dispose de l’une des rares écoles dans le monde à enseigner l’intelligence collective. À ce propos, Lex Paulson, directeur exécutif à l’UM6P School of Collective Intelligence, met en avant le potentiel humain de collaborations complexes, aussi présent en milieu professionnel. Il insiste sur le fait que la véritable impulsion de l’intelligence collective réside dans la motivation des collaborateurs. Selon lui, les technologies, telles que la blockchain et l’IA, ne sont pas la solution, mais plutôt les outils narratifs, comme le storytelling, pour communiquer des significations aux individus. En conclusion, il souligne également l’importance de promouvoir une diversité de pensées.
