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La prospection de l’offshore atlantique ne fait que commencer

La découverte de Chariot au large de Larache et les travaux prometteurs d’Eni à Tarfaya Offshore pourraient attirer d’autres sociétés désireuses d’explorer l’offshore atlantique, une zone peu exploitée avec seulement 43 puits forés jusqu’à présent.

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Si la vision atlantique du Roi Mohammed VI a été saluée et analysée ces derniers jours par plusieurs médias et observateurs, après le discours royal à l’occasion du 48e anniversaire de la Marche Verte, il faut savoir qu’elle ne date pas d’aujourd’hui. Au cours de ces dernières années, le Royaume a fait de sa façade atlantique une source de richesses économiques créant des opportunités d’emploi dans divers secteurs, des énergies renouvelables au dessalement de l’eau de mer, en passant par l’aquaculture et le tourisme. Ceci sans parler du projet du gazoduc Maroc-Nigéria, lancé officiellement il y a 6 ans.

Aujourd’hui, le Souverain veut accélérer la cadence et créer une véritable économie «atlantique» qui profitera non seulement au Maroc, mais également aux pays africains et à la région du Sahel qui aura un accès vers l’Atlantique. Autre secteur stratégique à développer : la prospection pétrolière. Dans son discours, le Souverain a rappelé la nécessité d’intégrer la prospection des ressources naturelles offshore à cette économie «atlantique» intégrée. Une prospection qu’il a qualifiée de «poussée». En effet, cette zone, même si elle n’est pas suffisamment exploitée, elle recélerait d’importantes ressources fossiles.

Plusieurs entreprises d’exploration pétrolière, des majors et des juniors, s’y sont succédé. Certaines ont plié bagage rapidement, d’autres, comme Chariot Oil & Gas, ont cru dans le potentiel de l’offshore atlantique. Le britannique y a découvert récemment des gisements de gaz dans le permis Anchois au large de Larache.

43 puits forés et 176.623 km de sismique 2D
«L’exploration pétrolière de l’offshore atlantique a commencé à la fin des années 60-début des années 70 et est arrivée à son apogée après l’amendement d’un nouveau code des hydrocarbures, en l’an 2000, qui a encouragé les grandes sociétés pétrolières à investir au Maroc et notamment dans l’offshore atlantique marocain», nous rappelle l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM). La découverte de Chariot n’a pas été hasardeuse, mais elle est le fruit d’un grand effort déployé par l’ONHYM pour promouvoir les différents segments de l’offshore marocain, dont la géologie et les plays concepts varient en allant du nord au sud. «Plusieurs sociétés internationales leaders dans le secteur de l’exploration pétrolière ont opéré dans l’offshore marocain, dont on cite à titre d’exemple Shell, Total, Vanco, Kosmos et Repsol, et qui ont utilisé les technologies de pointe pour évaluer le potentiel pétrolier et gazier de l’offshore atlantique», précise l’Office. Un total d’environ 176.623 km de sismique 2D et 67.888 km² de sismique 3D ont ainsi été acquis et 43 puits ont été forés jusqu’à présent le long de la marge atlantique marocaine. Ce qui est toutefois très peu pour pouvoir prétendre à une découverte majeure.

Huit sociétés prospectent l’offshore atlantique
En tout cas, l’ONHYM et ses partenaires continuent leurs activités de recherche pétrolière et gazière en menant de nombreuses études d’évaluation géologiques, géophysiques, géochimiques et pétrolières dans les divers segments de l’offshore atlantique marocain. Actuellement, huit sociétés partenaires y mènent différents projets.

En termes de résultats, la société Chariot Oil & Gas a foré le puits Anchois-2, entre décembre 2021 et janvier 2022. Ce puits a confirmé la découverte de gaz dans la zone Lixus Offshore au large de Larache (segment offshore Tanger-Rabat). La junior est en train de mener actuellement des études d’ingénierie pour le développement de la découverte d’Anchois dont la production est prévue en 2025.
Plus au sud, la société Eni a investi dans les permis de Tarfaya Offshore et a réalisé des études d’évaluation géologiques et géophysiques qui lui ont permis d’identifier des prospects dans cette zone. L’explorateur pétrolier italien a programmé le forage TS-1 qui a commencé le mois de septembre 2023 et dont les résultats sont attendus dans les jours qui viennent.

Plusieurs observateurs nourrissent beaucoup d’espoir à l’égard des découvertes importantes dans cette zone prometteuse.
Par ailleurs, les autres sociétés qui opèrent dans l’offshore marocain «continuent leurs études d’évaluation géologiques, géophysiques et géochimiques qui permettront l’identification des prospects susceptibles de contenir des hydrocarbures pour d’éventuels forages», poursuit l’ONHYM.

En parallèle, l’Office ne compte pas se reposer sur ses lauriers. Il conduit actuellement de nombreuses études d’évaluation, avec ses propres moyens, dans les blocs libres des différents segments de l’offshore atlantique. Ces études ont porté sur la synthèse des travaux antérieurs et sur des études de réévaluation intégrant les nouvelles données géophysiques, géologiques et géochimiques issues des activités des partenaires, et notamment les puits forés en offshore et en onshore adjacent. «Les résultats de ces travaux ont permis de générer de nouveaux leads, prospects et concepts d’exploration, et de valoriser davantage le potentiel pétrolier de la marge atlantique marocaine», nous révèle l’ONHYM. Comme l’a qualifié le Souverain, la prospection de l’offshore atlantique suit aujourd’hui une cadence «poussée». En se poursuivant à ce rythme, des découvertes pourraient être annoncées dans les mois et les années à venir.