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IDE : le boom, et ce n’est que le début !
Après une année 2023 marquée par une baisse des investissements au niveau mondial, la dynamique des IDE au Maroc est repartie de plus belle durant les premiers mois de 2024. Une tendance qui ira crescendo.
L’année 2024 s’annonce comme un grand cru en termes d’investissements directs étrangers au Maroc, qui capitalise de plus en plus sur son positionnement stratégique en tant que hub régional et qui commence à récolter les fruits de la nouvelle Charte de l’investissement entrée en vigueur il y a un an. Selon les dernières statistiques de l’Office des changes, le flux net des IDE (c’est-à-dire la différence entre les recettes et dépenses d’IDE), s’est établi à 5,8 milliards de dirhams à fin mars 2024, en hausse de 56,2% par rapport à la même période un an auparavant. C’est 2 milliards de dirhams de plus qu’à la même période de l’année dernière. Une évolution remarquable qui s’explique, d’une part, par la hausse robuste des recettes des IDE de 24%, pour s’établir à plus de 9,7 milliards de dirhams. D’autre part, les dépenses d’IDE, qui comptabilisent notamment les opérations de désinvestissement et de remboursement de prêts ainsi que les dividendes et intérêts, sont en baisse de 5,1%, à 3,9 milliards de dirhams au terme du premier trimestre.
Le boom des IDE en cette année 2024 profite, il est vrai, d’un effet de base important, 2023 ayant été une annus horribilis pour les investissements directs étrangers dans le monde et pas seulement au Maroc. Dans un contexte de crise inflationniste mondiale au sortir de la crise sanitaire, de hausse des taux et de fortes incertitudes, exacerbées par les tensions géopolitiques et les conflits, les IDE ont reflué en 2023, et le Maroc n’a pas fait exception, comme l’a récemment rappelé le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, devant le Parlement. Ainsi, les recettes d’IDE dans le monde ont reculé de 12% l’année dernière. En Afrique, cela s’est traduit par une baisse des recettes de 40% en 2023 par rapport à 2022.
Cela étant dit, le Maroc est bien positionné pour capter la reprise des flux IDE dans le monde, et c’est précisément ce qui s’est produit durant ce premier trimestre, «grâce à l’action gouvernementale en matière de promotion des investissements, caractérisée notamment par l’opérationnalisation de la nouvelle Charte de l’investissement, mais aussi grâce à l’attractivité du Maroc et sa stabilité», s’est félicité le chef du gouvernement.
L’autre élément qui plaide en faveur d’une relance forte des IDE au Maroc réside dans le réservoir important de projets d’investissements validés mais non encore concrétisés. Sur ce point, Aziz Akhannouch a expliqué devant les députés qu’il y a toujours un certain temps de latence, qui peut s’étendre sur un ou deux ans, entre la décision d’investir dans un pays et la concrétisation de cet investissement. Quand on sait qu’au cours des 30 derniers mois ce ne sont pas moins de 170 accords d’investissement qui ont été signés avec le gouvernement, totalisant environ 220 milliards de dirhams, et qu’une part non négligeable de ces projets concerne des investissements étrangers, on comprend que le flux d’IDE va aller crescendo.
