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IA : Le Maroc veut transformer son potentiel en gains de productivité

Le Maroc entend accélérer son positionnement dans l’économie de l’intelligence artificielle, en misant sur le développement des infrastructures numériques, la formation des compétences et l’adoption de ces technologies par les entreprises.

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Le développement de l’intelligence artificielle constitue désormais une priorité stratégique pour le Royaume. C’est ce qu’a souligné Mehdi Tazi, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), à l’ouverture de l’INSA Connect Forum 2026, organisé à Casablanca autour du thème «L’IA au Maroc : du potentiel à l’impact».

Selon lui, le positionnement du Maroc dans cette nouvelle chaîne de valeur repose sur deux leviers complémentaires. Le premier concerne le développement des centres de données, qui pourraient notamment tirer parti du potentiel national en énergies solaire et éolienne. Le second porte sur l’accompagnement des entreprises dans l’intégration de l’IA à leurs activités.

Tazi a néanmoins attiré l’attention sur un défi majeur : transformer les investissements technologiques en résultats économiques mesurables. Si l’intelligence artificielle modifie déjà les professions à forte composante intellectuelle et accroît les capacités individuelles, son déploiement doit encore se traduire, à grande échelle, par des gains de productivité et des réductions de coûts.

Le capital humain au cœur de la transformation

Cette transition suppose également une adaptation des compétences et des organisations. Plusieurs commissions de la CGEM travaillent ainsi sur les enjeux liés à l’innovation, à l’emploi, à la formation et à l’évolution des ressources humaines face aux mutations technologiques.

De son côté, Mohamed Bensaid, président de l’association Alumni INSA Maroc, a estimé que l’essor de l’intelligence artificielle s’inscrit dans une transformation technologique majeure, dont le principal moteur demeure le capital humain.

Forte d’un réseau de près de 1.900 diplômés marocains de l’INSA, intégré à une communauté internationale d’environ 100.000 anciens élèves, l’association souhaite mobiliser ses expertises pour contribuer au renforcement de la souveraineté numérique du Royaume.

Bensaid a également appelé les décideurs publics et les dirigeants d’entreprise à intensifier leurs investissements dans l’économie de la connaissance, afin de permettre au Maroc de mieux exploiter les perspectives offertes par ces technologies.

Passer de l’expérimentation au déploiement industriel

Pour Imad Elbaraka, associé responsable de l’activité cybersécurité chez Deloitte, l’enjeu consiste désormais à généraliser l’utilisation de l’IA au sein des entreprises, au-delà des projets pilotes et des premières expérimentations.

Cette évolution pourrait transformer en profondeur les processus opérationnels et les pratiques professionnelles. Elle nécessite toutefois la mise en place de mécanismes de gouvernance adaptés, ainsi qu’une maîtrise des risques liés à la sécurité, à la confiance et à l’utilisation des données.

Organisé en partenariat avec la CGEM, Deloitte et Palo Alto Networks, l’INSA Connect Forum 2026 ambitionne précisément de rapprocher les possibilités technologiques de leurs applications économiques concrètes.

Le programme comprend deux conférences inaugurales et deux tables rondes réunissant des dirigeants autour de la compétitivité, du leadership, de l’organisation et des conditions nécessaires au déploiement de l’IA à grande échelle.

Deloitte doit également y présenter les principaux enseignements de son étude internationale The State of AI in the Enterprise: The Untapped Edge.

Trois ateliers thématiques complètent les échanges. Ils portent respectivement sur la cybersécurité à l’ère de l’intelligence artificielle, le rôle des agents d’IA dans la performance collective et les applications de ces technologies au service de la croissance des entreprises.

Au-delà des perspectives technologiques, les interventions ont ainsi convergé vers une même problématique : permettre aux entreprises marocaines de convertir le potentiel de l’intelligence artificielle en compétitivité, en efficacité opérationnelle et en création de valeur.