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Affaires

Grève des transporteurs : Karim Ghellab réussit à  éviter une réédition des scénarios de 2007 et 2009

Le mouvement peu suivi à  Casablanca, mais les syndicats revendiquent une forte participation en régions.
Les explications du ministre axées sur les points qui soulèvent les contestations comme la prévention de la corruption et le traitement des accidents mortels.

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Finalement, ce qui devait être la troisième grande grève lancée par un collectif de syndicats pour contester le nouveau code de la route a été un flop. Lundi 8 février, tout était pratiquement normal, à Casablanca, même si les initiateurs du mouvement revendiquent des taux de participation importants dans certaines régions.
Deux facteurs expliquent cette absence de mobilisation  des chauffeurs. La première est qu’une grève de plus ne servirait à rien maintenant que le code de la route a été adopté par le Parlement. La deuxième réside dans le fait que, anticipant la menace de grève, le ministère de l’équipement et du transport, contrairement aux évènements précédents, a fait un effort en matière de communication pour expliquer les apports de ce texte en matière de sécurité, mais aussi d’organisation des métiers liés au transport, coupant ainsi l’herbe sous les pieds de ceux qui ont depuis le début diabolisé ce texte.
Ainsi, au lieu de continuer à s’expliquer sur un texte qui compte des centaines de pages, le ministre du transport, Karim Ghellab, a, l’expérience aidant, choisi de mettre l’accent sur les points qui soulèvent les contestations. Ce fut le cas notamment lors de la conférence de presse qu’il a tenue à Rabat, mercredi 3 février.

Le nouveau code, une excellente base pour changer les habitudes

Le permis à points doté d’un capital de 30 points (20 pour la période probatoire de 2 ans) ne va pas être une menace dans la mesure où le retrait des points en cas d’infraction n’est pas opéré par les agents du contrôle, mais par l’administration du transport sur la base d’une décision de justice. Cependant, le conducteur peut récupérer les points perdus s’il suit une session d’éducation à la sécurité routière ou s’il ne commet pas d’infraction sanctionnée par le retrait de points durant une année.
Pour la prévention de la corruption et le droit du citoyen, les agents chargés du contrôle devront porter un badge portant leur nom et photo, et l’on escompte que le recours aux radars automatiques suppriment au maximum l’intervention humaine. Ceci dit, la corruption, explique Karim Ghellab, reste un problème complexe qui nécessite aussi la mobilisation du citoyen.
Sur les accidents mortels ou avec blessés graves, le ministre a insisté sur un point important : le code prévoit des garanties pour le conducteur avec recours systématique à une enquête administrative et technique pour déterminer les responsabilités. De même, une enquête judiciaire sera ouverte pour tous les accidents mortels et le juge ne se contentera plus du simple PV des agents.
Tout indique donc que la pédagogie a fini par convaincre. En tout cas, la mouture adoptée par le Parlement, qui entrera en vigueur en octobre prochain, demeure une excellente base pour changer les habitudes et, par là, lutter plus efficacement contre le premier fléau national que sont les accidents de la circulation.