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Affaires

Filière équine : En attendant le grand galop !

Employant directement et indirectement quelque 30.000 personnes, le secteur a généré 8 milliards de dirhams au terme de l’exercice 2022. Le potentiel est énorme et les perspectives prometteuses.

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La filière équine marocaine a pu négocier un grand virage depuis le début des années 2000. En effet, avec la restructuration en 2003 de la Société royale d’encouragement du cheval (Sorec), c’est un grand coup de pouce qui a été donné à ce secteur. Avec pour ambition centrale de mettre en valeur le cheval marocain, mais aussi faire de la filière un levier de développement social et économique. C’est d’ailleurs cosigné noir sur blanc dans le corps de la stratégie nationale élaborée en 2011. Une stratégie ayant pour ambition de «positionner le Maroc en tant que pays du cheval et la filière équine en tant que moteur de développement économique et social», et ce en visant l’amélioration génétique et l’augmentation de l’effectif du cheptel équin, ainsi que la sauvegarde et l’accroissement de l’effectif des chevaux de race Barbe, apprend-on auprès de la Sorec. De même, l’entreprise s’est attelée à l’aménagement, la rénovation et la modernisation de grands projets, dont l’objectif est de doter le pays d’infrastructures hippiques répondant aux standards internationaux.

Accompagnement
Un autre tournant sera négocié en 2021, lorsque la Sorec intègre la stratégie Génération Green 2020-2030 où il s’agissait de consolider les acquis en vue de bâtir une filière équine performante et productrice de valeur pour les acteurs de l’écosystème. Mais aussi et surtout en inscrivant l’élément humain au fronton des priorités pour contribuer à faire émerger une classe moyenne de socioprofessionnels de la filière.

Une nouvelle phase de dynamisation, nous dit-on, visant la valorisation des races et la monétisation des utilisations du cheval ainsi que «l’émergence d’écosystèmes économiquement viables et financièrement indépendants». Dans cette perspective, l’éleveur, et cela coule de source, est au cœur de la stratégie. Une population de 20.000 personnes qui a besoin d’accompagnement pour pouvoir faire prospérer ses élevages. Et c’est devenu de plus en plus nécessaire quand on sait que, au cours des dernières années, nombreux sont les éleveurs qui ont dû faire face à des difficultés, notamment les prix croissants des matières premières, ainsi que les conditions climatiques peu clémentes marquées par la sécheresse.

Au point que les opérateurs sont contraints de vendre souvent à perte leurs chevaux, nous indiquent des éleveurs.
Ainsi, outre les aides pour la saillie et l’hébergement, les différentes primes (prime à la naissance, prime aux naisseurs, etc.), la Sorec a acté, en juin 2022, un programme de subvention de l’aliment composé granulé. Outre la facilitation de l’accès aux éleveurs à cet aliment, la Sorec procède à la mise en place de compétitions et d’événements qui visent la promotion des chevaux (courses hippiques, rallyes équestres, concours de Tbourida et autres parcours en terrain varié). Des événements qui constituent des plateformes aux éleveurs pour mettre en valeur leurs meilleurs chevaux afin de les monétiser et, de fil en aiguille, cela participe à générer des revenus. Une approche qui favorise, en fait, le développement durable de l’élevage équin tout en rehaussant la réputation des races marocaines.

Des acquis et des marges à explorer
Tout le monde s’accorde à dire qu’il s’agit d’une filière, inscrite dans une dynamique évolutive, à fort potentiel. En 2022, pas moins de 3.000 courses ont été organisées, où étaient en lice 4.000 chevaux. À cela il faudra ajouter l’organisation de 25 concours de Tbourida et une trentaine de concours d’élevage. Côté élevage, justement, la filière, qui emploie directement et indirectement 30.000 personnes, compte quelque 2.500 éleveurs actifs.

Last but not least, la filière a généré 8 MMDH au cours du précédent exercice, ce qui équivaut à une participation au PIB national de 0,6%. Les perspectives sont prometteuses, affirme-t-on auprès de la Sorec. Ainsi, en est-il pour l’augmentation de 15% du nombre de juments saillies pour franchir le seuil de 10.000 juments accouplées par an, toutes races confondues. De même que la Sorec vise à augmenter de 10% le nombre de naissances pour dépasser les 5.500 poulains par an. Des efforts sont également fournis en vue d’identifier des lignées génétiques orientées vers les sports équestres, notamment la lignée saut d’obstacles, lignée Tbourida et lignée endurance. Et les cinq haras nationaux jouent un rôle primordial sur toute la chaîne, notamment en participant à la vulgarisation des techniques modernes d’élevage, la gestion au profit des éleveurs et le soutien de leurs associations.
Toujours est-il que le management de la Sorec est convaincu qu’il y a encore des marges de développement à explorer en la matière. D’ailleurs, apprend-on, des contacts sont noués avec les différents acteurs de l’écosystème hippique devant déboucher sur une démarche à même de participer à relever les défis auxquels fait face la filière.


Un contrat-programme à 1 milliard de dirhams
En vue de consolider la dynamique de la filière équine, un nouveau contrat-programme a été signé en octobre dernier, en marge de la 14e édition du Salon du cheval d’El Jadida, visant justement le développement de la chaîne de valeur du secteur équin. Couvrant la période 2024-2030, ce contrat-programme se décline en deux sous-contrats. Le premier portant sur le développement des races équines Barbe et Arabe-Barbe, alors que le second porte sur l’appui à la filière Tbourida. Avec à la clé un montant de 1 milliard de dirhams, dont 68% proviennent des caisses de l’État.

Ce budget servira, entre autres, pour «la mise en place de nouveaux mécanismes d’encouragement à la conduite d’élevage de qualité et des incitations qui seront versées directement aux socioprofessionnels pour encourager la production de qualité», précise-t-on du côté de la Sorec. Dans le même sillage, l’entreprise et l’ANEF (Agence nationale des eaux et forêts) ont procédé à la signature d’une convention-cadre portant sur le développement du tourisme équestre. D’une durée de trois ans, cette convention tend à promouvoir le tourisme équestre écologique, à travers la mise en place des infrastructures et services nécessaires au niveau des parcs nationaux et autres zones protégées.