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Ferroviaire: 5.100 km à réaliser, 43 villes à relier

L’ONCF et les parties concernées misent gros sur le développement de l’infrastructure ferroviaire. Tout y passe : LGV, lignes conventionnelles, RER… Des investissements colossaux sont prévus d’ici 2030 et même au-delà.

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Le Maroc sera bientôt entièrement relié par train. 1.300 km de nouvelles lignes ferroviaires à grande vitesse sont prévus ainsi que 3.800 km de lignes classiques. Objectif: relier 43 villes au lieu de 23 actuellement et garantir le transport de 87% de la population nationale contre 51%, tout en assurant la liaison de 12 ports (dont 6 actuellement) et 15 aéroports internationaux au lieu du seul aéroport Mohammed V.

Un objectif ambitieux que s’est assigné l’ONCF, qui sera atteint à l’horizon 2040. Les travaux sont entamés pour certaines lignes, d’autres attendent leur tour. Cela dit, les chantiers avancent selon l’agenda fixé. Ce qui a motivé ces ambitions, c’est bien l’organisation conjointe de la Coupe du monde par le Maroc, l’Espagne et le Portugal.

Tanger-Marrakech, en 3h !
Parmi les projets phares de l’Office, la ligne à grande vitesse, reliant dans un premier temps Kénitra à Marrakech, qui sera opérationnelle en 2029. Cinq années nous séparent de ce mégachantier qui sera conçu pour une circulation à une vitesse de 320 km/heure sur un parcours de 450 km.

Ce chantier colossal devra mobiliser une enveloppe budgétaire de 53 milliards de dirhams, dédiés à la création de nouvelles voies, la construction de nouvelles gares, l’achat de trains à grande vitesse, le percement des tunnels, la signalisation…Plusieurs points seront desservis par cette LGV. Le tracé concerne Sidi Ichou, Kénitra, Rabat-Agdal, Rabat-Hay Riad, Mohammedia, Aïn Sebaâ, Casa-Port, Casa-Voyageurs, Bouskoura, Aéroport Mohammed V, nouveau terminal de Nouaceur, Benslimane…, pour arriver enfin à Marrakech Palmeraie. En tout, Tanger et Marrakech ne seront plus qu’à 3 heures de train, sachant que le trajet Tanger-Rabat sera raccourci à une heure. De Tanger à Casablanca, le trajet se fera en 1h35. Améliorer la connectivité des habitants et des villes, en dépensant le moins de temps possible, c’est pour bientôt.

Cette extension n’est qu’un début. L’ONCF prévoit un autre tracé qui ira jusqu’à Agadir et qui devra coûter la bagatelle d’environ 50 milliards de dirhams. Cette ligne ne devrait pas répondre à l’objectif que s’est fixé le Royaume qui est d’assurer des liaisons ferroviaires le long du pays, avant 2030. Actuellement, le projet est dans la phase d’études avant-projet sommaire qui ont été confiées au cabinet China Railway Design Corporation.

Rabat et Casa, le RER sur les rails
L’ONCF est en plein chantier. En plus d’Al Borag, d’autres programmes sont dans le pipe, dont notamment le développement d’un RER (Réseau express régional) aussi bien dans le Grand Casablanca que dans la région de Rabat-Salé-Kénitra.

Celui de Casablanca, qui portera sur une distance de près de 57 km, est estimé à un coût de 11 milliards de dirhams. Il vise à améliorer la mobilité urbaine et surtout à réduire la congestion routière dans la métropole.
Ce projet cofinancé par l’ONCF et la région ambitionne d’assurer une connexion efficace entre Mohammédia et Nouaceur, avec une desserte vers l’aéroport Mohammed V, une liaison vers le stade de Benslimane et le renforcement des dessertes vers El Jadida et Settat. Au total, trois lignes seront créées. La première reliera Benslimane à l’aéroport de Casablanca, la deuxième ira de Mohammedia jusqu’à Casa-Port en passant par Zénata, Aïn Sebaâ et Bernoussi, et la dernière depuis Casa-Port. Dans le cadre de la mise en place de la section urbaine du RER, plusieurs stations seront créées, notamment à Bernoussi, Aïn Sebaâ, Mers Sultan et Hay Hassani. Nabila Rmili, maire de Casablanca, avait promis le démarrage des travaux de ce projet titanesque à la fin de cette année.

Dans la région de Rabat-Salé-Kénitra, il ne s’agira que d’une seule ligne, qui devra démarrer de Kénitra et aller jusqu’à Skhirate. Elle reliera les villes de Salé, Rabat, Témara et Aïn Attig, avec une desserte toutes les 15 minutes. Les trains navettes entre Casablanca-Rabat et Kénitra seront maintenus, à raison de deux trains par heure, et un train toutes les 30 minutes pour le train navette entre Kénitra et Sidi Kacem.

De nouvelles lignes classiques à la pelle
En plus de tous ces projets, l’ONCF travaille d’arrache-pied en vue de poursuivre la connexion entre les villes, à travers de nouvelles lignes ferroviaires conventionnelles. Ainsi, Tanger et Tétouan seront bientôt reliées. Ce chantier comporte deux phases. La première consiste à doubler la voie entre la gare LGV de Tanger, la future gare de Melloussa et la ville nouvelle de Chrafat. Elle inclura également la mise en place d’une ligne de chemin de fer reliant Tanger à Gueznaya. La seconde comporte la liaison vers Tétouan, à partir de la ville nouvelle Chrafat, qui devra abriter une nouvelle gare. En fait, il s’agit non seulement de faciliter les déplacements entre ces deux villes du nord, mais aussi d’intégrer des villes côtières au réseau ferroviaire national, comme M’diq, Fnideq et Cabo Negro.

L’ONCF a vu également l’urgence mais aussi l’importance de relier Casablanca à Béni Mellal, en passant par Khouribga, compte tenu des opportunités importantes pour l’accélération du développement socioéconomique et touristique d’un large périmètre au centre-est du pays.

Pour répondre à cet ambitieux programme de développement, l’Office compte acquérir 168 rames motrices, dont 18 à grande vitesse, 40 rames intervilles, 60 trains navettes rapides et 50 trains métropolitains. Le tout pour un coût de 16 milliards de dirhams.


Des gares pour chaque type de ligne ferroviaire

Lignes à grande vitesse, ferroviaires, RER… Tout cela nécessite la mise en place de nouvelles gares. Ainsi, cinq nouvelles gares du TGV seront construites au niveau de Casa Sud, de l’aéroport Mohammed V, du nouveau terminal de Nouaceur, à Benslimane, qui abritera le plus grand stade de football, et à Marrakech Palmeraie. Les gares existantes seront réadaptées pour accueillir les trains à grande vitesse. D’autres gares sont prévues, un peu partout dans le pays, pour accueillir les voyageurs des autres trains classiques, dont la gare de Hay Riad à Rabat ou encore de Sidi Bernoussi, Aïn Sebaâ, Mers Sultan, Hay Hassani et Aïn Chock, à l’intérieur du périmètre de la ville de Casablanca pour les RER.