Entreprises
RSE : Plus qu’un label, un levier de développement
Décrocher le Label RSE de la CGEM n’est pas une mince affaire. Il y a tout un chemin à parcourir et des critères à remplir pour y parvenir. L’enjeu vaut la chandelle. Explications.
Elles sont pas moins de 116 entreprises, de différentes tailles et de divers secteurs d’activité économique, à se prévaloir du Label RSE octroyé par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Créé en septembre 2007, ce label, institué suite à l’adoption une année auparavant de la Charte RSE de la CGEM, est attribué pour une durée de trois ans aux entreprises qui y candidatent de manière volontaire, précise-t-on du côté de la Confédération patronale. Valeur aujourd’hui, les statistiques de la CGEM renseignent que 32% des entreprises labélisées sont des PME et 30% sont des filiales de multinationales. Aussi, est-il à préciser que 40% de ces entreprises labélisées opèrent dans le secteur industriel, alors que 60% sont actives dans les services. Il s’agit, en fait, d’«une reconnaissance solennelle du respect par les entreprises de leur engagement à observer, défendre et promouvoir les principes universels de responsabilité sociétale et de développement durable», autant dans leurs activités économiques qu’en ce qui concerne leurs relations sociales. Avec en toile de fond le respect scrupuleux des «lignes directrices de la norme ISO 26000», tout en s’arrimant pleinement à la législation nationale, les conventions fondamentales, ainsi que les grands traités relatifs à l’environnement, selon les recommandations des institutions internationales, telles l’ONU, l’Organisation internationale du travail, etc. Pour rappel, ce label a, en fait, «pour vocation d’encourager les entreprises marocaines à adopter une démarche tenant compte des impératifs économiques, sociaux et environnementaux, dans leur stratégie managériale». Un leitmotiv qui revient chaque fois que le label est octroyé.
Le chemin vers le label
Mais, n’est pas labélisé qui veut ! En fait, l’entreprise prétendant à cette certification se doit de parcourir un long processus qui commence par la prise de connaissance des règles d’attribution jusqu’à la ligne d’arrivée de son obtention, en passant par l’acte d’adresser une demande en bonne et due forme à la Commission Entreprise Responsable et Citoyenne, la sélection de l’un des cinq cabinets accrédités par la Confédération patronale pour la réalisation d’une mission d’évaluation, etc. Sachant que les frais de la mission d’évaluation sont pris en charge par l’entreprise demandeuse. Au bout du processus, trois cas de figure se présentent. Soit le Label RSE est octroyé et l’entreprise devra faire l’objet, 18 mois après l’attribution, d’une évaluation de son maintien. Soit, le label est attribué à l’entreprise «sous réserve de lever les conditions suspensives dans les délais communiqués par le comité d’attribution et ne dépassant pas les 6 mois», en tenant compte aussi qu’une vérification est requise, le cas échéant. Le troisième scénario prévu par le règlement est le rejet de la sollicitation découlant, notamment, du fait d’insuffisance quant au niveau de conformité avec les exigences de la Charte. Toujours est-il que l’entreprise concernée est invitée à procéder aux corrections nécessaires pour améliorer ladite conformité. Et c’est un comité dédié, composé de 14 personnalités indépendantes, qui statue à l’unanimité sur la décision d’octroi, de renouvellement ou de non-attribution du label.
Que gagne l’entreprise ?
Le Label RSE n’est pas une simple «reconnaissance» qu’une entreprise affiche, non sans fierté, dans ses locaux. En effet, ce label est d’une importance majeure puisqu’il participe, apprend-on auprès de la CGEM, à l’amélioration de sa performance globale, au même titre qu’il valorise son capital immatériel et son image de marque. Aussi, disposer de ce label induit une pénétration plus aisée des marchés à l’international et le développement de partenariats durables. Le Label RSE constitue, également, une plus-value d’attractivité des investisseurs, ainsi qu’un accès plus fluidifié aux marchés des capitaux. Dans cette lignée des impacts et apports, la démarche labellisation permet également l’instauration d’une relation de confiance avec les partenaires sociaux et, partant, l’amélioration de la cohésion sociale. D’autres avantages sont également induits par le Label RSE, puisque l’entreprise qui le décroche non seulement intègre le club des labélisées de la Confédération patronale, mais bénéficie aussi, chemin faisant, d’une «distinction connue et reconnue à l’échelle nationale, voire internationale».
Or, c’est au regard de tous ces bienfaits que la CGEM fait de la sensibilisation des entreprises adhérentes un cheval de bataille. À travers notamment la vulgarisation du concept et des instruments internationaux y afférents. Et ce, tout en assurant la promotion du Label RSE de la CGEM. Parce que, en définitive, il s’agit aussi et surtout d’un vrai levier pour le développement de l’entreprise.
Une charte à 9 axes
La Charte RSE de la CGEM a été adoptée le 14 décembre 2006 par le Conseil national de l’entreprise, organe statutaire et décisionnel de la Confédération patronale. Cette Charte, fruit d’une large consultation auprès de différentes parties prenantes nationales et internationales, tourne autour de 9 axes d’engagement définissant chacun des objectifs de stratégie et de conduite managériale précis.
Ils se rapportent notamment au respect des droits de l’Homme, à l’amélioration des relations et conditions de travail, à la préservation de l’environnement, à la prévention de la corruption et au respect des règles de la saine concurrence. Mais, pas que !
La Charte de la CGEM, actualisée en 2017, engage les entreprises pour le renforcement de la transparence dans leur gouvernance, le respect des intérêts des clients et des consommateurs, ainsi que la promotion de la responsabilité sociétale des fournisseurs et autres sous-traitants, de même qu’elle tend à développer l’engagement vis-à-vis de la communauté.