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Enquête recrutement : Trois entreprises sur quatre peinent à dénicher des candidats qualifiés

L’obsolescence des canaux traditionnels de sourcing, concurrence féroce en termes d’attractivité employeur, pénurie des talents, processus de recrutement peu cohérent…, les causes sont nombreuses.

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Depuis quelques années, bon nombre d’entreprises rencontrent des difficultés à recruter des collaborateurs et ne sont plus dans la même position confortable qu’auparavant. Ajouter à cela un phénomène que l’on a vu apparaître aux États-Unis: la grande démission. Beaucoup d’entreprises dans le monde entier assistent à des départs volontaires des salariés. Le Maroc n’est pas en reste, puisque certains secteurs éprouvent des tensions de recrutement et doivent lutter contre le désengagement des talents.

Dans le but d’apporter un éclairage novateur sur les pratiques de recrutement au Maroc, une enquête approfondie a été menée par une plateforme de communication et d’informations RH. Il en ressort de prime abord que plus de 77,4% des recruteurs partagent la réalité des difficultés à dénicher des candidats qualifiés. L’obsolescence des canaux traditionnels de sourcing et une concurrence féroce en termes d’attractivité employeur sont identifiées comme les principales causes.

Autres causes citées, on note les grands volumes de recrutement, les délais d’embauche trop longs ou encore l’absence d’implication des clients internes.
Par conséquent, 58% des recruteurs sont préoccupés par la qualité de leurs processus de recrutement. La gestion du temps et les coûts engendrés par ces processus deviennent des dimensions de plus en plus prises en compte par les DRH.

Les améliorations souhaitées portent principalement sur la réduction des délais de recrutement (62,7%), ainsi que sur la mise en place de politiques de communication RH visant à renforcer l’attractivité de l’entreprise (62%).
La question du marketing RH émerge avec force, avec 53,7% des interviewés déjà impliqués dans des politiques établies ou en développement et 28,7% envisageant des réflexions préliminaires. Un désir clair d’engagement dans des initiatives concrètes en marketing RH transparaît. Cela témoigne d’une volonté croissante d’investir dans des stratégies visant à promouvoir la marque employeur.

Technologie, un investissement limité
En revanche, près de 11% ne considèrent pas cette approche comme essentielle ou une priorité et 6% n’envisagent pas de recourir au marketing RH.

Pour leur part, les réseaux sociaux s’affirment comme des leviers majeurs de recrutement, avec près de 79,2% des recruteurs estimant qu’ils seront le canal de recrutement par excellence.
Concernant la gestion des recrutements, près de 90,5% des recruteurs privilégient les entretiens structurés dans le processus de sélection. Rien de plus normal au demeurant. Cela exprime une volonté de dérouler des démarches soucieuses d’objectivité et de cohérence dans l’évaluation des compétences, note l’enquête.

Toutefois, des pratiques émergentes, telles que l’utilisation des tests d’évaluation technique et psychométrique, sont adoptées par 26,3% des participants, avec une intégration systématique de tests psychométriques à hauteur de 11,8%.
La technologie fait timidement son entrée dans les processus de recrutement, avec 12% des participants confirmant des investissements limités, mais 48,1% réfléchissant à une intégration pertinente à l’avenir.

Pour mesurer l’efficacité des recrutements, près de 81% des répondants accordent une importance majeure au taux de validation de la période d’essai, comme KPI de recrutement. D’autres indicateurs ont été également cités, comme le temps ou encore le coût du recrutement.

Ce sont les quelques difficultés en termes de recrutement relevées par cette enquête. Une étude dont le but est, avant tout, d’enrichir les débats en matière de ressources humaines en offrant des contributions significatives. Les résultats visent à compléter, nuancer, voire corriger les perceptions et les représentations actuelles. L’étude se penche sur des questions cruciales, tant d’un point de vue technique et organisationnel que sociétal, abordant des thèmes, tels que les rapports au travail, l’engagement des jeunes générations et les besoins en compétences face aux mutations technologiques en cours.


Les priorités de 2024

Pour cette enquête réalisée par Panorama RH, l’avis de plus de 200 responsables des ressources humaines a été sollicité. Ce sondage, conduit du 6 au 24 décembre 2023, s’est fixé pour objectif de se rapprocher au maximum des réalités vécues par les professionnels RH marocains. L’enquête conclut avec un classement des priorités pour 2024, mettant en avant l’amélioration de l’attractivité des entreprises, la définition de politiques de recrutement alignées sur la stratégie de l’entreprise et la fiabilisation des processus de recrutement. L’enquête menée par Panorama RH souligne les défis actuels du recrutement au Maroc, des difficultés à trouver des talents qualifiés aux enjeux de gestion des processus. Les professionnels RH marocains, conscients de ces défis, adoptent déjà une posture proactive.

In fine, mettre en avant la culture d’entreprise, la qualité de vie au travail, la formation…, peuvent être pour certaines entreprises un exercice rodé. En revanche, pour les autres, elles doivent désormais proposer une expérience collaborateur – comme celle offerte aux clients – pour attirer et fidéliser. Autrement, elles sortiront de la course.