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En Couv’. Healthtech : Un secteur en pleine expansion, accéléré par la pandémie

L’industrie connaît une croissance exponentielle, offrant de multiples opportunités d’innovation et d’investissement, y compris au Maroc.
De jeunes start-up repoussent les frontières de la télémédecine et du diagnostic numérique, via la gestion des patients.

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Depuis quelques années, la healthtech connaît un développement fulgurant, propulsé par la crise sanitaire qui a agi comme un catalyseur de l’adoption de solutions numériques dans le domaine de la santé. Ce phénomène a permis de franchir en quelques mois des étapes qui auraient pris 5 à 10 ans en temps normal. Les analystes estiment désormais que le marché mondial de la healthtech atteindra 500 milliards de dollars d’ici 2025, contre 375 milliards avant la pandémie. Cette croissance ouvre de nombreuses opportunités, y compris au Maroc, pour les entrepreneurs souhaitant investir dans ce domaine dynamique.

Pourtant l’émergence de la healthtech ne date pas d’hier. Dès les années 2000, avec l’avènement des smartphones et des applications mobiles, de jeunes entreprises ont commencé à explorer des domaines comme le suivi de la santé personnelle, la télémédecine et le diagnostic numérique.

La pandémie du Covid-19 a accéléré ces avancées. Face à des systèmes de santé surchargés et la nécessité d’optimiser les soins, des start-up ont redoublé d’efforts pour proposer des solutions innovantes. Elles se sont investies dans des domaines variés, allant de l’analyse de données pour la recherche médicale à la création de dispositifs connectés pour le suivi des patients à distance. Cette accélération a non seulement transformé le secteur, mais a également renforcé la collaboration entre les acteurs de la santé traditionnelle et les start-up technologiques.
Comme le souligne Salma Kabbaj, co-fondatrice et CEO d’Impact Lab, un accélérateur de start-up, «l’industrie de la healthtech est en pleine effervescence.

Au Maroc, des start-up audacieuses émergent et révolutionnent l’accès aux soins et la gestion des cabinets médicaux. Les solutions proposées par ces entreprises impactent profondément le parcours des patients et l’organisation des professionnels de santé». En effet, des success-stories marocaines illustrent parfaitement cette tendance.

Parmi ces réussites, DabaDoc se distingue par son rôle pionnier dans la prise de rendez-vous médicaux en ligne. Cette start-up a rapidement élargi son périmètre géographique à l’Afrique du Nord, avec des services proposés en Tunisie et en Algérie. En plus de la prise de rendez-vous, DabaDoc offre aux médecins la possibilité de gérer leurs agendas en ligne, optimisant ainsi leur activité.

En 2021, la start-up a franchi une étape majeure avec son acquisition par le groupe AXA, géant mondial de l’assurance, lui permettant de consolider ses ressources financières et opérationnelles tout en renforçant son positionnement sur le marché de la santé numérique.

Un autre exemple marquant est Sobrus, fondée en 2011, qui a révolutionné la gestion des pharmacies au Maroc. Grâce à des solutions entièrement digitalisées, Sobrus a su conquérir plus de 7.000 pharmacies, dont 60% utilisent sa plateforme mobile connectée à une vingtaine de grossistes et à une trentaine de laboratoires pharmaceutiques. Cette success-story a été couronnée par la sélection de Sobrus dans le programme panafricain «Investir dans l’innovation» (i3), soutenu par la Fondation Bill & Melinda Gates en 2022.

AIOX Labs, de son côté, s’est fait remarquer pour son outil prédictif, capable de prévoir avec 95% de précision l’évolution de la pandémie de Covid-19 au Maroc. Cette technologie innovante prend en compte des variables sociodémographiques et culturelles spécifiques, permettant ainsi aux autorités de mieux anticiper et gérer la crise sanitaire.

Contribution à l’émergence de profils pointus en IA
L’impact de ces start-up ne se limite pas à l’innovation technologique. Elles contribuent également à l’économie en créant des emplois hautement qualifiés. Ingénieurs en intelligence artificielle, spécialistes en big data, professionnels de la santé, ou encore experts en réglementation sont de plus en plus sollicités pour accompagner la croissance du secteur.
Certains se concentrent sur l’application du machine learning pour accélérer la découverte de nouveaux médicaments, en utilisant des algorithmes pour analyser des quantités massives de données biologiques.

D’autres travaillent à rendre les diagnostics plus précis et accessibles grâce à l’IA, en développant des plateformes capables de détecter et de prévenir des maladies via des consultations virtuelles ou des dispositifs connectés. Il y a également des chercheurs qui se penchent sur la médecine prédictive, créant des modèles capables de prévoir l’évolution de certaines pathologies chroniques, ou encore de personnaliser les traitements grâce à l’analyse de données génétiques. Le dynamisme de la healthtech pousse également les acteurs traditionnels, comme les grandes entreprises pharmaceutiques et les hôpitaux, à adopter de nouvelles technologies pour rester compétitifs.

Sur le plan mondial, les technologies développées par la healthtech transforment les systèmes de santé. Elles améliorent la gestion des maladies chroniques grâce à des dispositifs de suivi en temps réel, démocratisent l’accès aux soins avec la télémédecine et accélèrent la recherche médicale en exploitant les données massives. L’intelligence artificielle joue déjà un rôle clé dans le diagnostic précoce de maladies graves comme le cancer, augmentant ainsi les chances de survie des patients.

La personnalisation des traitements prend également un essor considérable. La médecine de précision, rendue possible grâce à la génomique et à l’analyse des données, permet d’adapter les traitements aux besoins spécifiques des patients, promettant ainsi une meilleure efficacité des soins tout en réduisant les coûts pour les systèmes de santé.

Néanmoins, les start-up du secteur doivent relever des défis importants, notamment liés à la réglementation. Comme le souligne Salma Kabbaj, le cadre réglementaire peut parfois freiner l’innovation, en retardant l’adoption à grande échelle des nouvelles technologies.
Cependant, il reste indispensable pour protéger les intérêts des patients, surtout en ce qui concerne la gestion de leurs données personnelles. L’évolution de ce cadre est donc cruciale pour soutenir la dynamique d’innovation dans le secteur de la santé.