Affaires
En Couv’. Hassan Bahej: «L’e-Gov doit être le catalyseur»
L’ancien PDG d’IBM et de Cisco au Maroc revient sur les leviers que doit activer le Maroc pour tirer profit du plein potentiel du numérique et prétendre à une place de hub digital régional.
Une Digital Nation gagne en agilité et en compétitivité. Pour le Maroc, le digital s’inscrit dans un écosystème extrêmement large qu’on ne peut considérer comme un secteur d’activité mais avant tout comme un vecteur commun de dynamisation des modèles et des process structurant l’économie. Si je peux résumer en une phrase l’enjeu de ce secteur pour le Maroc, je dirais qu’il doit se positionner comme décideur et non subir les révolutions que nous imposent quelques leaders déjà bien installés. L’intelligence artificielle, la robotisation, la quantum computing sont des technologies qui vont révolutionner notre façon de travailler, de penser et d’interagir. Une nation qui se donne les moyens pour se positionner sur ces technologies en les adoptant «at early stage» assurera sa souveraineté digitale. Je cite ici un ensemble de recommandations et initiatives très importantes à prendre en considération rapidement, afin d’accélérer la transformation digitale et répondre aux enjeux socioéconomiques du pays et renforcer la place du Maroc comme hub digital régional. Le premier prérequis est la gouvernance qui se doit d’être unifiée, transparente et centralisée, avec un cadre réglementaire fort et un leadership puissant. Pour la digitalisation de l’Administration marocaine, il faudra encourager les départements ministériels à externaliser et infogérer leurs projets informatiques. Ceci tout en repensant en profondeur les lois et les décrets régissant la commande publique relatifs au digital. Il est également nécessaire de placer le citoyen au centre des initiatives Smart-Gov en le faisant participer et en ayant son retour d’expérience. Par ailleurs, il faut investir dans les infrastructures nécessaires au développement numérique (connectivité, cloud, data centers, fixe, internet) et imposer la fibre optique comme unique standard télécom des nouveaux projets de construction. Développer le réseau fibre optique passera par l’attribution des licences d’opérateur d’infrastructure, et le commercialiser ensuite auprès des opérateurs télécoms à travers un partenariat public-privé (PPP). Un Cloud souverain est aussi nécessaire pour héberger l’ensemble des données des services publics et éliminer les risques relatifs à la cybercriminalité. Enfin, il faut favoriser l’innovation, la R&D et accompagner l’émergence des incubateurs d’entreprises innovantes, tout en développant des écosystèmes, tels que la Fintech, Health tech, Ed Tech, Agri Tech, sans oublier l’e-Gov qui reste l’accélérateur de la dynamique et l’ambition au niveau national.
