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En Couv’. De la localité à la mondialité : 20 start-up qui s’internationalisent (4/4)
Des startuppers qui s’illustrent à l’échelle continentale et bien au-delà. Qui sont ces fondateurs qui partent à la conquête du monde ? Dans quels domaines opèrent-ils ? Et quels marchés visent-ils ? En voici quelques-uns : Idyr, Peaqock Financials, YM Africa, PippiYalah et Freterium.
L’écologie sur le tapis
Ingénieure en procédés industriels et environnementaux, Amal a fondé son entreprise en 2017. Son idée : redonner vie à l’histoire du tissage marocain, et plus particulièrement au tapis berbère Boucherouite, à travers la création d’accessoires de mode et de déco 100% tissés à la main à partir de chutes textiles neuves. «Sur le plan environnemental, chaque année, l’industrie textile au Maroc crée plus de 200.000 tonnes de déchets ! Nous débarrassons la terre d’une petite part de ces déchets en traitant les chutes textiles propres produites par les ateliers de confection. En plus du volet écologique, sur le plan social, plus de 32.000 femmes dans les zones rurales maîtrisent un savoir-faire qu’elles n’exploitent pas. Malgré toute leur créativité, elles n’ont pas droit à un emploi convenable. Nous leur ouvrons l’accès à l’emploi», confie-t-elle. Basée à Tit Mellil, la start-up vend ses produits non seulement dans les principales villes du Royaume, mais aussi en France, où le marché représente 5% de son chiffre d’affaires. Idyr vise désormais le marché américain. «Il existe un marché mondial intéressé par la mode circulaire, et le marché américain représente un excellent débouché pour nos produits», pronostique-t-elle.
Son dada ? La data
Diplômé en informatique et en risques économiques et financiers, Mohammed Benkhaled a travaillé en tant que gestionnaire de risques et d’actifs dans l’une des plus grandes banques d’investissement à Paris. Il a également passé quelques années dans le domaine des assurances en tant que directeur des investissements dans l’une des plus grandes compagnies d’assurance africaine au Maroc. En 2014, il crée PeaQock Financials, une entreprise œuvrant dans les Services financiers avec une expertise particulière en Data & Paiement.
En plus de soutenir un grand nombre de grands clients institutionnels publics et privés dans leurs stratégies de transformation numérique, PeaQock Financials fournit à ses clients des solutions et services avancés basés sur l’intelligence artificielle, les algorithmes d’apprentissage automatique et la technologie blockchain. Après son implantation à Paris, la start-up étend ses activités dans 6 pays d’Afrique et vient d’intégrer la communauté Fintech au Portugal. PeaQock a été récompensée par plusieurs prix internationaux, notamment en tant que Top 20 FinTech par Forbes Middle East au Moyen-Orient et en Afrique du Nord pour deux années successives d’affilée, en 2017 et 2018. L’entreprise marocaine a été reconnue par la Banque africaine de développement comme l’une des entreprises les plus innovantes à suivre dans le continent.
Recrute à la minute
Diplômé de Toulouse Business School, Youssef El Hammal s’est lancé dans l’entrepreneuriat il y a une dizaine d’années. Sa première start-up n’est autre que Stagiaires.ma, la première plateforme de mise en relation entre étudiants et recruteurs, lancée en 2012. Depuis, le serial entrepreneur a développé une large panoplie d’outils d’orientation, de développement des soft skills, de recherche de financement, d’employabilité et d’entrepreneuriat, autour de 7 applications web destinées aux 15-25 ans. «Nous avons pu couvrir toutes les étapes clés de l’employabilité, de la formation à la recherche de l’emploi adéquat», a précisé le fondateur. YM Africa propose également une gamme de solutions dédiées aux entreprises, aux écoles et aux universités. Parmi elles figure notamment Solutions Recrutement, une application en ligne pour aider les entreprises à recruter leurs futurs stagiaires et jeunes lauréats, ainsi que Solutions Marque Employeur, destinées aux grandes entreprises dans leur communication RH et le développement de leur marque employeur. D’autres applications ont été également développées, notamment Solutions Employabilité pour accompagner les écoles dans le placement de leurs étudiants et Solutions Lauréats, un outil en ligne pour gérer les promotions de diplômés. La start-up a pu concevoir et accompagner des organismes en Algérie et en Tunisie dans le développement de programmes d’employabilité.
Voyage, voyage…
Diplômé d’un master en management de l’amélioration continue, Hicham fait ses premiers pas dans le domaine de la qualité dans une grande entreprise marocaine. C’est lors de ses déplacements, quand il était étudiant, qu’il a cherché à faire du covoiturage. C’est là que lui vient l’idée de créer sa start-up Pip Pip Yalah, une application de covoiturage qui permet aux utilisateurs de se déplacer à moindre coût dans des véhicules confortables, entre différentes villes du Maroc. «En tant que voyageur régulier, j’ai personnellement ressenti le besoin d’une solution de transport abordable et pratique. L’application est venue répondre à ce besoin». Très rapidement, la communauté de covoitureurs s’est agrandie, avec plus de 300.000 membres dès les premières années, faisant quotidiennement plus de 1.000 Km de trajets. Son ambition est de se concentrer sur des marchés similaires à celui du Maroc, avec des besoins de mobilité croissants et des infrastructures de transport en développement. «Nous envisageons un déploiement plus agressif de notre service de covoiturage dans tout le Maroc et nous prévoyons de proposer une version gratuite pour les utilisateurs à l’international afin de faciliter plus rapidement l’adoption de la solution», annonce-t-il. Grâce à deux levées de fonds, il pourra financer sa croissance, notamment pour renforcer sa présence sur le marché marocain, développer de nouvelles fonctionnalités pour l’application et investir dans une équipe pour continuer à améliorer la qualité du service.
La logistique premium
Diplômé de l’Université McGill et de l’ESSEC, il entame son parcours professionnel dans le conseil en stratégie. Ses trois ans dans le domaine du conseil l’ont amené à diriger des missions en Afrique et au Moyen-Orient pour des fonds d’investissement, gouvernements et multinationales dans différents domaines, notamment la logistique. C’est avec son associé, Omar El Kohen, qu’il fond Freterium en 2018. La start-up a été accompagnée dans la première promotion du programme 212Founders, avec pour ambition de transformer les chaînes logistiques en remplaçant les processus manuels par un écosystème entièrement connecté. La start-up a développé une plateforme en SaaS (software as a service) qui agit comme un réseau collaboratif. «Nous sommes partis du constat que le transport de marchandises pour les distributeurs, logisticiens ou encore industriels, était encore très archaïque en 2021. Toute la gestion du process d’acheminement de marchandises vers le client se fait encore de manière manuelle. Nous avons développé une plateforme qui permet d’optimiser et d’automatiser tout le processus, depuis la réception de la commande du client jusqu’à l’acheminement du produit», précise le cofondateur. Début 2022, la start-up obtient une nouvelle levée de fonds de 4 millions de dirhams pour amorcer l’expansion à l’international, et particulièrement les marchés émergents : Égypte, Arabie saoudite, Émirats arabes unis ou encore Pakistan et Sri Lanka.





