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Analyse d’une étude controversée sur l’investissement au Sahara

Les lecteurs d’un rapport risque pays s’attendent à plus de rigueur et de précision : les données présentées doivent être récentes et refléter les menaces et dynamiques que connait le pays.

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Dans son rapport intitulé «Enjeux et risques de l’investissement au Sahara occidental», Bassem Laredj, docteur en droit international, analyse les risques et les enjeux pour les investisseurs étrangers désirant étendre leurs activités dans la région du Sahara marocain.

Mais ce qui devait être une étude d’analyse de risques, devant se conformer à des critères de pertinence, de fiabilité des indicateurs et surtout d’objectivité, a pris la forme d’un «bulletin d’alerte» qui devrait dissuader tout opérateur économique d’investir dans les provinces sahariennes du Maroc s’il se limitait uniquement à la lecture de ce rapport, loin d’être rigoureux.

Publiée dans l’Observatoire du Maghreb, relevant de l’Institut des relations internationales de Paris qui «se propose d’être une plateforme d’expertise et d’analyses sur le Maghreb pour contribuer à une meilleure compréhension des évolutions politique, sociale, économique, sécuritaire et culturelle des pays le constituant», cette étude dresse le panorama des risques sécuritaires, réputationnels, juridiques et commerciaux pour les investisseurs dans le Sahara marocain dans le contexte de la dernière visite du président français au Royaume, marquée par d’importants accords d’investissement d’opérateurs économiques publics et privés dans les provinces du Sud.

Un tableau sécuritaire dramatisé
Dans son analyse, Bassem Laredj décrit un Sahara marocain où les dangers sont omniprésents. Il évoque notamment «la reprise des hostilités entre le Maroc et le Polisario depuis 2020», des «tirs réguliers le long du mur de sable» et le danger persistant des mines terrestres, qui feraient du territoire «l’un des plus minés au monde».

Mais ce choix de présenter les risques sans mise en perspective donne une vision alarmiste. Laredj évite de mentionner que ces incidents sont limités à des zones reculées et n’ont que peu d’impact sur les centres économiques et urbains, où se concentrent les investissements.

Si le Polisario ne cesse de multiplier des communiqués affirmant qu’il mène des opérations militaires contre les unités des FAR à proximité du mur de défense, la réalité sur le terrain est tout autre.

En effet, dans son rapport daté du 1er octobre sur la situation au Sahara, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, contredit complètement les communiqués de guerre du Polisario.

Dans ce rapport, il est fait mention de tensions «de basse intensité» ainsi que d’incidents qui ont été «signalés à la Minurso par les parties qui se concentrent dans la région nord, près de Mahbas, et la région sud-est, près de Mijek», tout en ajoutant que la mission d’observation n’a pas été «en mesure de confirmer le nombre et le lieu des tirs signalés et leur impact continue de faire l’objet de revendications divergentes de la part des parties».

Une omission stratégique : Le rôle pionnier du Maroc
Le chercheur de l’Observatoire du Maghreb qui cite plusieurs sources, dont des articles de médias français ou algériens, parmi lesquels un article du journal «Al Khabar» daté de juillet 2008 (totalement anachronique) pour appuyer son analyse, élude complètement le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU sur la situation au Sahara qui fait office de référence auprès des spécialistes.

L’auteur omet surtout d’évoquer les avancées reconnues du Maroc en matière de sécurité, pourtant cruciales pour évaluer les risques réels dans une région donnée. En effet, le Royaume est régulièrement salué pour son rôle dans la lutte contre le terrorisme, grâce à l’action de ses services de sécurité et notamment le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ).

Cette unité d’élite, qualifiée par les observateurs internationaux de «modèle en Afrique du Nord», a permis de démanteler de nombreuses cellules terroristes et de maintenir une sécurité sans faille sur son territoire, y compris dans les provinces sahariennes.

Sans oublier son rôle dans la coopération internationale à travers l’échange de renseignements qui ont permis aux services de sécurité étrangers de déjouer plusieurs attentats, sur le sol européen notamment.

De plus, Bassem Laredj oublie de comparer le Sahara marocain avec ses voisins immédiats. Alors que le sud de l’Algérie et le Sahel sont en proie à une instabilité chronique, le Sahara marocain apparaît comme un îlot de stabilité. Faire une analyse des risques sécuritaires dans un pays sans mettre cette évaluation dans le cadre du contexte régional n’a somme toute aucune utilité.

Par ailleurs, le rapport passe sous silence une vérité fondamentale : le mur de défense érigé par les FAR est une infrastructure de défense qui a prouvé son efficacité contre les infiltrations armées et les menaces transfrontalières.

Stratégie de dissuasion implicite
En qualifiant le Sahara de «zone de guerre», Bassem Laredj laisse entendre que tout investissement y serait dangereux.

Il insiste sur la présence de mines terrestres, affirmant que «plus de 200.000 mines» subsisteraient dans la région, et souligne «la menace terroriste croissante» qui pèserait sur les populations sahraouies. Mais l’auteur ne cite aucune source pour le chiffre des 200.000 mines qu’il présente comme étant une estimation.

Les lecteurs d’un rapport risque pays s’attendent à plus de rigueur et de précision : les données présentées doivent être récentes et refléter les menaces et dynamiques actuelles que connait le pays.

Ce choix narratif, en mettant l’accent sur les dangers tout en occultant les mesures préventives prises par le Maroc, semble viser à décourager les entreprises étrangères. Les propos de Laredj, tels que «la région est sous tension constante», ignorent les efforts soutenus du Royaume pour sécuriser les investissements et développer ses provinces du Sud.