Affaires
Contrats spéciaux de formation : les hôteliers se plaignent du retard des remboursements
Certains hôteliers disent avoir des dossiers en souffrance depuis plus de trois ans.
Ils se plaignent des procédures longues et compliquées.
L’OFPPT reconnaît la lenteur, mais confirme que les remboursements ne sont pas suspendus.
Les contrats spéciaux de formation (CSF) refont parler d’eux, du moins chez les hôteliers qui se plaignent individuellement ainsi que par le biais de leur fédération de la lenteur, voire du blocage, des remboursements par l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT). Au point que plusieurs d’entre eux déclarent avoir réduit leur ambition de programmer des plans de formation pour leur personnel. Ce qui est dommage, car, il est de notoriété publique que la formation reste l’un des chantiers de la Vision 2010 qui connaît le plus de retard.
C’est le cas de cet hôtelier de Casablanca qui dit n’avoir reçu «aucun centime sur les 300 000 DH en souffrance à l’OFPPT depuis trois ans». Et ce n’est pas faute d’avoir essayé, car, selon lui, malgré ses relances et le fait qu’il ait suivi à la lettre la procédure légale, notamment le passage obligé par le Conseil interprofessionnel d’aide au conseil (Giac) pour ce qui est du diagnostic et de l’élaboration de la stratégie de son entreprise. Même donc si le Giac a bel et bien validé et approuvé ses dossiers, il ne voit rien venir. Il en est réduit à demander des remboursements en petites tranches. En attendant, cet hôtelier dit avoir arrêté la formation pour son personnel, soulignant que les prestataires exigent d’être payés à l’avance. Le cas n’est pas isolé, car de nombreux hôteliers affirment avoir levé le pied pour les mêmes raisons, critiquant, par ailleurs, les procédures administratives qu’ils doivent affronter pour faire aboutir leur dossier.
L’externalisation sera effective en janvier 2011
Le problème n’est pas près d’être résolu. Depuis le scandale qui a entaché les CSF en 2004/2005, l’office est devenu plus pointilleux que jamais et les dossiers sont rejetés «pour une simple virgule», ironise notre patron d’hôtel.
Au niveau de la Fédération nationale du tourisme (FNT) et de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH), les responsables reconnaissent que c’est un réel problème pour le secteur. Néanmoins, ils essaient de ne pas envenimer la situation en nuançant les propos des hôteliers. «Il y a d’énormes retards au niveau des remboursements par l’office, mais il arrive aussi que les hôteliers ne maîtrisent pas suffisamment les dispositions du manuel de procédures, ce qui se traduit par des rejets de dossiers, sans qu’il y ait de possibilité de recours pour l’hôtelier», est-il expliqué. Ces organisations font savoir que le dialogue se poursuit avec les responsables de l’office qui ont promis que tous les dossiers allaient être traités au cas par cas, et qu’il y en aurait même qui ont été remboursés.
Ceci étant, la mise en œuvre de la réforme de ce système dont on parle depuis plus de deux ans traîne en longueur. On se rappelle que la gestion de ces CSF devait même être confiée aux professionnels sous l’égide de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), dans la mesure où, après tout, ce sont les patrons qui payent la taxe professionnelle. A ce jour, personne ne semble savoir dans le milieu des hôteliers où l’on en est au niveau de l’exécution de cette externalisation.
Pourtant, lors de la dernière réunion du conseil d’administration de l’office organisé le 25 février dernier, le sujet a été débattu. Il a été décidé que cette réforme, qui «prévoit le maintien de la gouvernance tripartite sous l’autorité du Comité de gestion de l’OFPPT en confiant la gestion de la gestion administrative à une association type GIAC», doit être effective en janvier 2011.
S’agissant des dossiers en souffrance, l’OFPPT reconnaît volontiers que les procédures sont longues et compliquées, mais dément l’arrêt du processus de remboursement. «Les remboursements continuent y compris pour les dossiers de 2006, mais les comités régionaux sont effectivement plus pointilleux», commente une source à l’office, avant d’ajouter que, d’une manière générale, les entreprises organisées, qui ont une direction des ressources humaines, n’ont aucun problème. Vus sous un autre angle, les problèmes des remboursements en souffrance concernent souvent des unités moins structurées qui se perdent dans les procédures.