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Affaires

Contrat programme logistique : des points restent encore en suspens

Le privé se préoccupe toujours du foncier, de sa participation au groupement d’intérêt économique et de la suppression de la circulation des poids lourds en centre-ville.
L’Etat promet de reprendre les discussions lors de la préparation des contrats d’application sectoriels.

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Enfin ! le contrat-programme logistique dont l’objectif est de lancer une stratégie intégrée pour le développement de la compétitivité logistique du Maroc a été signé le 20 avril entre l’Etat et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) sur le site de la nouvelle zone de Zenata. En même temps a été signé le contrat d’application pour le développement de zones logistiques dans la région du Grand Casablanca.  Ce contrat programme dont l’armature repose sur la création d’un réseau de zones logistiques multi-flux à travers le Royaume est prêt depuis plusieurs mois. Son objectif : «apporter les réponses nécessaires au développement du secteur logistique et les solutions adéquates aux problèmes actuels de gestion des flux de mobilité dans les grandes agglomérations et centres urbains». Ce plan permettra également de compléter le cadre opérationnel requis pour l’atteinte des objectifs visés par les différentes stratégies sectorielles comme le Plan Maroc Vert, Rawaj, Emergence…
Mais sa signature avait été retardée en raison de points de discorde qui ont fait l’objet d’âpres négociations entre les professionnels et le ministère de l’équipement et du transport. Il s’agit de trois points essentiels aux yeux des privés concernant l’accès au foncier, la participation du privé au Groupement d’intérêt économique (GIE) et la suppression de la circulation des poids lourds en centre-ville.

La circulation des poids lourds dans le périmètre urbain sera progressivement arrêtée

Sans céder vraiment sur l’essentiel, le ministère a, malgré tout, nous apprend une source proche du dossier, «fait des concessions en laissant entrevoir des ouvertures». Laissés pour l’instant en suspens, ces points seront effectivement discutés et mieux précisés dans le cadre de l’élaboration des contrats d’application régionaux et sectoriels concernant les flux agricoles, les flux énergétiques, la distribution interne, les matériaux de construction, l’import-export et la formation.
Sur le premier, la CGEM estime que 90% des terrains identifiés dans le contrat-programme sont du foncier public destiné aux opérateurs publics, particulièrement au niveau de la zone de Zenata. D’ailleurs, les travaux de construction de la plateforme logistique de la Société nationale de transport et de logistique (SNTL), située à Zenata au bord de l’autoroute Casablanca-Rabat, sont très avancés. La crainte des privés, explique un industriel, est de devoir passer obligatoirement par les opérateurs publics (ONCF, SNTL…) et de devenir ainsi les clients obligés de leurs concurrents. Aussi réclament-ils de pouvoir créer leurs propres zones logistiques en dehors de celles qui sont identifiées dans le cadre du présent contrat programme.
A la veille de la signature du contrat programme, le ministère du transport a fini par assouplir sa position sur la question en acceptant que les privés puissent créer leurs propres zones mais «en dehors du périmètre urbain». Ce qui soulève un autre problème, en l’occurrence celui de l’octroi de dérogations puisque les sites seront en zones rurales. Bref, à part un accord de principe de dernière minute, le dossier du foncier n’est pas vraiment clos.
A propos du GIE constitué par la SNTL, la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), l’ONCF et l’Agence nationale des ports (ANP), les professionnels ont eu la promesse de pouvoir y siéger. Selon quelles modalités ? Rien n’a encore été arrêté là aussi. Mais force est de constater que ce GIE est constitué de poids lourds avec lesquels le secteur privé va devoir composer. «C’est là le nœud du problème, car comme dans d’autres domaines, l’Etat, tout en libéralisant des pans de l’économie, laisse en place des mastodontes qu’elle muscle dans la perspective d’une éventuelle privatisation».
Sur la question de la circulation des poids lourds à l’intérieur du périmètre urbain de Casablanca, les deux parties sont arrivées à un semi-compromis. L’arrêt de la circulation au sein du périmètre urbain ne se fera pas de manière brutale mais progressivement, sur une période de cinq ans. Les modalités ne sont pas encore arrêtées.
Une autre question préoccupe les professionnels, même si elle n’est pas à l’ordre du jour dans le contrat-programme : la délocalisation en dehors des centres urbains pour se rapprocher des zones logistiques. Les privés demandent des mesures d’accompagnement des pouvoirs publics, mais pour l’heure le ministère n’envisage pas une telle éventualité.