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Comment le souss Fait face au stress hydrique
L’extension de la station de dessalement de Chtouka, réalisation phare dans la région, a été avancée à 2026 au lieu de 2035. Au programme également, une station de dessalement dans la province de Tiznit et une autoroute régionale de l’eau.
Caractérisée par un climat semi-aride, la région Souss-Massa enregistre des périodes de sécheresse qui deviennent de plus en plus aiguës et prolongées. Cette situation engendre un déficit croissant de ses ressources en eau face à un accroissement de la demande engendrée par le développement démographique et socioéconomique. Amélioration de la gouvernance, développement de l’offre et gestion de la demande, l’Office régional de mise en valeur agricole Souss-Massa (ORMVA-SM) a adopté, depuis une vingtaine d’années, une stratégie innovante visant une gestion intégrée et optimale des ressources en eau.
La réalisation de la station de dessalement de Chtouka, qui permet la mobilisation d’un volume annuel de 43 Mm3 pour l’irrigation d’une superficie d’environ 15.000 ha, est un des projets phares de cette stratégie. Rappelons que ce projet structurant pour l’alimentation en eau potable du Grand Agadir et l’irrigation de la plaine de Chtouka, dont les travaux de construction ont été réalisés en pleine période de pandémie Covid-19, a été mis en service le 29 janvier 2022. «Les premiers volumes ont été livrés pour la composante eau potable au Grand Agadir alors que les réserves des barrages affichaient des niveaux alarmants», soulignent les responsables de l’ORMVA.
La composante Irrigation, quant à elle, a été mise en service le 15 juin 2022, inaugurant pour la première fois au Maroc la desserte en eau d’un collectif de 1.000 exploitations. Actuellement, l’unité est raccordée à l’équivalent de 13.500 ha, soit 112% de l’objectif que le projet s’est fixé dans sa première phase.
Cette station de dessalement se distingue comme la quatrième, à l’échelle mondiale, en termes de capacité de production. C’est aussi la première du genre du point de vue mutualisation-production eau potable et eau d’irrigation. Après cette première expérience réussie, la région continue à miser sur le dessalement. L’extension de la capacité de l’actuelle station de dessalement de Chtouka est déjà dans le pipe. Selon les représentants de l’ORMVA-SM, le chantier d’extension sera mis en œuvre à l’horizon de 2026 au lieu de 2035 boosté par les résultats encourageants atteints. D’autres projets se trouvent au stade des études, avancent-ils. Au programme, le projet de réalisation d’une deuxième station de dessalement dans la province de Tiznit. Celle-ci sera également dédiée à l’usage mixte de l’alimentation en eau potable de la ville de Tiznit et l’irrigation de la zone de Rasmouka. Le potentiel de superficie pouvant être concerné peut aller jusqu’à plus de 10.000 ha, indiquent les responsables.
Un autre projet d’envergure concernant la sécurisation de l’eau est aussi prévu. C’est celui de la construction d’une autoroute régionale de l’eau reliant la station de dessalement de Chtouka à la zone agrumicole d’El Guerdane dans la province de Taroudant.
Le Souss-Massa poursuit le programme d’économie d’eau à travers la reconversion en système d’irrigation localisée à la parcelle, particulièrement à l’échelle des exploitations des périmètres collectifs gérés par les Associations d’usagers de l’eau agricole (AUEA). Actuellement, la superficie reconvertie en système d’irrigation localisée a atteint 126.000 ha sur un total de 158.000 ha, grâce aux efforts consentis par les agriculteurs et les facilités d’octroi de subventions dont le taux avoisine les 100% pour les petites exploitations. Le volume ainsi économisé depuis 2008 est d’environ 200 Mm3/an, équivalent à la capacité d’un barrage moyen.