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Climat, logistique… La filière fruits et légumes malmenée

Les fortes chaleurs des mois d’août et de février ont déréglé les cycles de production. Résultat : maturité accélérée des produits et offre importante sur le marché avec un impact sur les cours.

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Retards de livraison engendrant des pertes de produits, hausses des températures, le secteur des fruits et légumes a la vie dure. Le marché de la tomate impactée par cette situation est notamment en baisse. Au marché de gros, les cours sont entre 1 à 2,50 DH le kilo, soit entre 25 à 60 DH la caisse de 30 kg. À l’origine de cette situation, les fortes chaleurs du mois de février considéré comme le plus chaud du siècle. Les fortes températures ont engendré une poussée de maturité des produits et une importante récolte avant l’heure.

«Notre récolte est cinq fois plus volumineuse que ce que nous devions récolter en ce moment», indique un producteur. Selon lui, les volumes expédiés par jour, actuellement, sont de 2.500 tonnes contre 700 tonnes en 2023 à la même période. Au niveau des cours, le kilo exporté est de 0,8 à 1 euro contre 2 euros le kilo exporté l’an dernier. À noter que la récolte actuelle est le fruit de ce qui a été planté en octobre dernier, et ce, pour rattraper les pertes du mois d’août.

Pour rappel, la filière tomate dans le Souss a perdu plus de 1.600 ha de tomates en août dernier en raison des fortes chaleurs enregistrées dans la région. Aujourd’hui, après les chaleurs caniculaires du mois de février, les cycles de production sont perturbés. «Nos prévisions ne peuvent dépasser aujourd’hui une semaine», déplore un professionnel.

Engagements contractuels
Pour les exportateurs, les perturbations sont aussi d’ordre logistique. Les récentes agitations des associations agricoles espagnoles et françaises ont entraîné des blocages dans le transit des marchandises entre le Maroc et l’Union européenne, causant des préjudices aux transporteurs marocains. Dans ce contexte, la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Souss-Massa, qui se dit préoccupée par cette situation, appelle les autorités espagnoles et françaises à respecter leurs engagements contractuels en matière de circulation et de transit des marchandises. Soulignant l’importance de maintenir des conditions commerciales stables et équitables, l’instance rappelle dans un communiqué l’intérêt de se conformer aux accords internationaux garantissant la libre circulation des marchandises par voie terrestre.

Elle cite à ce sujet la Convention relative au transit des marchandises par route (TIR) de l’Union internationale des transports routiers (IRU) et l’Accord relatif aux transports internationaux de marchandises périssables (ATP). «Ces accords sont considérés comme essentiels pour maintenir la stabilité des échanges commerciaux et assurer le bon fonctionnement du commerce international», expose Said Dor, président de la CCIS Souss-Massa.

La Chambre de commerce Souss-Massa monte ainsi au créneau pour défendre les intérêts des entreprises régionales. Son président met en exergue l’augmentation de manière significative des exportations marocaines de produits agricoles vers l’UE. «Nos produits respectent rigoureusement les exigences réglementaires des marchés destinataires, comme en témoigne le classement du Maroc à la troisième place en termes de conformité sur une liste de quinze principaux pays exportateurs vers l’UE», ajoute le président Said Dor.

À l’instar de la tomate, la filière de la framboise enregistre aussi une baisse de tonnages à l’export. La baisse des volumes est actuellement de 52% comparativement au début de campagne (septembre à début décembre), atteignant ainsi son niveau le plus bas. Ce sont notamment les retombées des fortes chaleurs du mois d’août. «Les cours accusent aussi une baisse de 20% par rapport à la même période, soit une perte de 2 euros par kilo, et ce en raison de la présence d’autres origines sur le marché actuellement», indique un acteur de la filière. Pour rappel, le Royaume a exporté plus de 60.000 tonnes de framboises lors de la campagne précédente, se positionnant dans le top 3 mondial. Avec la croissance de la demande du marché international, les perspectives pour la filière sont prometteuses.