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Ces chantiers à livrer avant la CAN 2025

Dernière ligne droite pour la ribambelle de projets et chantiers concernant, entre autres, les six grands stades, l’aménagement urbain des villes hôtes, la 5G, ou encore les programmes inhérents au transport.

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Plusieurs éléments factuels confortent avec force que le Royaume est déterminé à faire de l’organisation des compétitions sportives majeures, qui sont la CAN 2025 et le Mondial 2030, un véritable levier de développement économique et social et surtout de résorption des disparités territoriales.

Pour l’organisation de la compétition sportive continentale, précisons d’emblée que l’État et ses multiples démembrements (EEP, collectivités) ont déjà injecté des milliards de dirhams, entre autres, dans les domaines des infrastructures sportives, de la mobilité et de l’aménagement urbain des villes hôtes. Le secteur privé est aussi impliqué en tant qu’investisseur ou prestataire pour la réussite de ce qui sera un test grandeur nature pour la co-organisation du Mondial 2030 par le Maroc.

En clair, la CAN 2025 peut être appréhendée comme une vitrine de la grande expertise organisationnelle du Royaume pour les grands rendez-vous internationaux, à même de renforcer son image sur la scène internationale.

Suivi gouvernemental
L’Exécutif, prenant pleinement la mesure des multiples enjeux liés à la compétition continentale qui se déroulera pour la deuxième fois au Maroc, a mis en place des mécanismes afin de s’assurer de la réussite de l’organisation.

En effet, en avril 2025, une réunion de haut niveau portant sur l’état d’avancement des travaux des projets structurants a été présidée par Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, et Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF).

Cette rencontre à laquelle ont assisté les walis des six villes hôtes (Tanger, Fès, Rabat, Casablanca, Marrakech, Agadir) ainsi que plusieurs DG d’EEP impliqués dans l’organisation prouve la détermination du gouvernement de voir, bien avant le 21 décembre 2025 (date d’ouverture de la CAN), les 120 chantiers de construction, de rénovation et d’aménagement, être livrés.

D’où l’intérêt d’établir une cartographie des principales infrastructures sportives, de mobilité, ou encore de l’aménagement urbain des villes hôtes, piliers de l’économie nationale.

Six grands stades concernés
Il est louable de constater que malgré quelques retards relevés et tout à fait compréhensibles eu égard à la nature titanesque de certains projets liés au lifting des grands stades, aucun blocage inquiétant n’a, jusque-là, été relevé.

Ainsi, ce sont près de 9,5 MMDH qui ont été alloués à la rénovation de six grands stades, lesquels abriteront les matchs de la 35e édition de la CAN. Ces complexes sportifs doivent être livrés bien avant la date charnière du 21 décembre, marquant le premier jour du tournoi biennal de football.

En l’occurrence, les six grands complexes sportifs sont : le Stade Moulay Abdellah de Rabat (plus de 68.000 places), le Complexe Mohammed V de Casablanca (avec 45.000 spectateurs), le Grand Stade de Tanger (avec une capacité de plus de 85.000 places), ainsi que les stades d’Agadir (avec plus de 43.000 spectateurs), de Fès (35.000 places) et de Marrakech (plus de 45.000 spectateurs).

Les différents travaux de rénovation, à coup de plusieurs milliards de dirhams, sont salutaires, puisqu’ils érigent ces infrastructures en des écrins sportifs modernes de classe mondiale. L’un des exemples les plus emblématiques de ce saut qualitatif exceptionnel est incarné par le mythique Stade Moulay Abdellah de Rabat, remis à neuf.

Il a abrité, début septembre 2025, le match des Lions de l’Atlas contre le Niger, comptant pour les éliminatoires du Mondial 2026. Doté de toutes les commodités (cafés, restaurants, zones VIP, parkings), le complexe sportif de la capitale est déjà opérationnel avec, entre autres, une pelouse high tech (LED), un toit panoramique, une couverture WiFi complète (5G), des écrans géants, près de 800 caméras avec reconnaissance faciale et une gestion intelligente des accès. Ce qui, à l’évidence, en termes de mesures sécuritaires, dénote de la montée en gamme des stades du Royaume prévus pour le tournoi continental.

Notons qu’aux six grands complexes susmentionnés, s’ajoutent trois stades de taille plus modeste, notamment ceux de Moulay Hassan de Rabat (d’une capacité de 22.000 places), du Stade olympique de Rabat (21.000 spectateurs) et d’Al Barid de Rabat (18.000 places) où se dérouleront également les matchs comptant pour la CAN 2025. En résumé, selon la Confédération africaine de football (CAF), ce sont au total 9 neufs stades (dans six villes) qui abriteront les matchs de la CAN et qui doivent donc être opérationnels avant décembre prochain.

Aménagement urbain
L’impact de l’organisation de la CAN 2025 par le Royaume est déjà perceptible au niveau de plusieurs villes hôtes ayant lancé d’ambitieux projets de modernisation et d’aménagement urbains.

Portés par la SDL Fès-Région et Développement et ses partenaires, des projets visant l’amélioration du tissu urbain en lien avec la voirie, l’éclairage et les espaces sportifs de proximité sont en cours de finalisation au niveau de la capitale spirituelle du Royaume.

La ville de Tanger est aussi le théâtre de plusieurs projets structurants à même de contribuer à l’organisation de la CAN dans les règles de l’art. Ils portent en grande partie sur l’extension de plusieurs boulevards névralgiques de la Perle du Nord (Route de Rabat, Bd Moulay Rachid…).

En plus de plusieurs travaux de voirie au niveau, entre autres, des boulevards Mohammed V, Bir Anzarane et Zerktouni (ayant changé le visage de la capitale économique du Royaume), la ville de Casablanca s’est lancée dans une course contre la montre afin d’achever quatre projets autoroutiers de grande envergure avant la CAN 2025.

Ils concernent trois nœuds autoroutiers (Sidi Maârouf, Aïn Harrouda et Azbane) et l’autoroute Tit Mellil-Berrechid. À titre indicatif, outre une enveloppe de près de 400 MDH, destinée à l’amélioration de la voirie autour du Complexe MohammedV, un budget global de plus de 1,1 MMDH a été alloué à la construction des nœuds de Sidi Maârouf et Aïn Harrouda (contre près de 100 MDH pour celui d’Azbane).

Pour sa part, l’autoroute de 30 km (Tit Mellil-Berrechid), ayant mobilisé près de 2,5 MMDH d’investissements et qui doit être opérationnelle en parallèle avec l’évènement sportif, affichait en juillet 2025 un taux d’avancement des travaux de l’ordre de 75%. À Agadir, depuis le mois de mars 2025, les chantiers d’aménagement urbain ont foisonné afin de permettre à la capitale du Souss d’accueillir le tournoi continental dans des conditions optimales.

En réalité, dès le premier trimestre 2025, Agadir s’est muée en un grand chantier à ciel ouvert : aménagement urbain et paysager du parc urbain autour du Grand Stade, rénovation des voies de connexion, mise à niveau de la place Al Amal, embellissement paysager et mise à niveau de plusieurs artères dans la ville et à l’entrée de la métropole via Drarga et réhabilitation de la gare routière Al Massira.

Pour avoir un ordre de grandeur, une enveloppe de 31 MDH a été allouée à la première tranche des travaux d’éclairage festif et de sécurité qui devraient s’achever avant le rendez-vous sportif.

La 5G sera de la partie
D’ici 2030, le Maroc devrait enregistrer un taux de couverture à la 5G de l’ordre de 85% de la population. Et ce, grâce à un effort d’investissement colossal de près de 80 MMDH.

Ceci dit, en vertu des licences 5G attribuées récemment par l’ANRT aux trois opérateurs (Maroc Télécom, Inwi, Orange), la première activation commerciale de la 5G est prévue pour novembre 2025, avec une couverture initiale concentrée sur 8 grandes villes (dont les six métropoles hôtes) et les zones stratégiques de la CAN 2025 (Stades).

En d’autres termes, le tournoi continental sera un test grandeur nature pour les trois opérateurs qui doivent mettre les bouchées doubles afin d’installer et de tester tout l’équipement nécessaire avant la CAN 2025.


L’ONCF et la RAM, embarqués dans l’aventure
Afin d’assurer une mobilité fluide à l’intérieur ou entre les villes hôtes, l’ONCF a mis sur pied un plan d’urgence de près de 3 MMDH consistant en l’acquisition de nouveaux trains et la rénovation de voitures et de locomotives.

Royal Air Maroc n’est pas en reste. La compagnie nationale, partenaire officiel de la CAF pour le volet du transport aérien, devrait transporter au cours de la CAN 2025 plus de 500.000 supporters d’Europe et d’Afrique vers le Maroc. Pour ce faire, la compagnie ambitionne, entre autres, de doubler la capacité en sièges au départ des pays qualifiés et de renforcer les fréquences sur les lignes en provenance des villes européennes abritant d’importantes communautés africaines.

Pour relever ce challenge de taille, la RAM mise sur l’élargissement de sa flotte composée actuellement de 59 aéronefs. Concrètement, dans la perspective de l’organisation de la CAN 2025, la RAM prévoit d’acquérir une dizaine d’appareils en 2025, sachant que la moitié a déjà été réceptionnée à mi-août dernier.