Carrière
Ressources humaines : Les faits marquants de l’année
Pénurie des talents, mobilité professionnelle, déferlante IA, mobilité des cadres… 2023 s’est également distinguée par une forte tension pour recruter certains profils rares.
Malgré un marché de l’emploi qui peine à retrouver son dynamisme d’avant la pandémie, les cadres expriment un vif intérêt pour des opportunités plus attractives. Une enquête menée en 2023 par le cabinet BCG et Rekrute auprès de 90.000 talents dans 160 pays, dont 400 au Maroc, révèle une mobilité professionnelle notable chez les cadres marocains : 7 salariés sur 10 sont activement à la recherche d’un nouvel emploi.
Les résultats de cette étude démontrent un faible niveau de fidélité des cadres envers leur entreprise actuelle, seulement 1% d’entre eux se considérant fidèles (contre 4% au niveau mondial). De plus, 40% des cadres seraient réticents à accepter une offre attractive en raison d’une expérience négative lors du processus de recrutement. Les attentes principales des cadres résident dans la recherche de postes plus intéressants ou à plus haute responsabilité. Près de 29% envisagent même de se tourner vers de nouveaux métiers.
Des professions à haute valeur
Certains métiers se distinguent tant par le nombre d’offres d’emploi que par les niveaux de rémunération proposés. Si les salaires des profils les plus recherchés n’ont pas nécessairement augmenté, ils demeurent élevés pour certaines fonctions. Le domaine informatique domine largement, offrant la majorité des emplois les plus sollicités et des rémunérations conséquentes.
Les emplois liés aux infrastructures et systèmes informatiques, notamment les ingénieurs (réseaux et télécoms, systèmes, infrastructures, qualité méthodologie et informatique, production informatique, etc.), représentent une part prépondérante. Le salaire annuel brut médian pour ces métiers se situe autour de 20.000 DH, évoluant à la hausse avec l’expertise et l’expérience.
Chez Rekrute, les profils les plus attractifs restent les développeurs de logiciels, les ingénieurs SAP, les consultants en système d’information, les ingénieurs en données, les consultants en communication digitale, les ingénieurs en télécommunications et réseaux, ainsi que les chefs de projet MOA. Les attentes salariales de certains de ces profils peuvent atteindre 40.000 DH nets.
L’ascension de l’IA
Ces dernières années, la déferlante intelligence artificielle (IA) et autre ChatGPT ont pris de l’ampleur, notamment dans les RH, en réponse à la pandémie de Covid-19. La technologie a pu révolutionner certains aspects des RH, notamment le recrutement, en leur permettant de trier, analyser et évaluer une multitude de candidatures de manière plus efficace.
Cette révolution s’étend également à la personnalisation des parcours professionnels, à l’instar du groupe Lydec qui a instauré une e-academy offrant des formations et des programmes de développement professionnel sur mesure, adaptés aux besoins individuels des employés. L’IA s’est révélée être un atout précieux pour collecter et analyser les données relatives aux performances des collaborateurs, facilitant ainsi la prise de décisions éclairées visant à améliorer les programmes de formation, à suivre les progrès et à repérer les domaines nécessitant des améliorations.
Dans ce contexte, Houcine Berbou, expert en ressources humaines, met en lumière l’ampleur des possibilités ouvertes par le big data RH. L’analyse prédictive des données permettra d’anticiper les besoins en compétences, de prévoir les départs et de concevoir des stratégies de rétention plus ciblées. Toutefois, il souligne l’importance cruciale d’une gestion éthique et sécurisée des données personnelles pour préserver la confidentialité et la confiance des employés, un enjeu majeur à considérer.
Des start-up en manque d’argent
Bien que le financement des start-up au Maroc ait atteint un niveau record en 2021, leur écosystème est toujours confronté à des obstacles importants qui limitent leur croissance. Ces défis comprennent des problèmes économiques et sociaux, dont le financement et la législation de démarrage inadéquats. Pour Mehdi Alaoui, fondateur de la structure d’accompagnement Startup Station, l’année en cours n’a pas été prolifique en termes de financement. Seulement 18 millions de dollars ont pu être injectés dans les entreprises contre 33 millions de dollars en 2022.
Pour lui, le potentiel est énorme et pourtant certaines start-up marocaines n’hésitent pas à s’installer ailleurs, notamment dans le Golfe arabique. Pour cela, certaines barrières doivent être levées, notamment l’aspect réglementaire. Aujourd’hui, si on prend 10 start-up africaines du Fintech, 9 d’entre elles ne peuvent malheureusement pas faire du business au Maroc. La réglementation dans le domaine bancaire est encore rigide et elle ne permet pas aux entreprises d’atteindre leur plein potentiel, de développer des services innovants et de bousculer des business modèles.