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Carrière

Mehdi Alaoui, DG de la Factory by Screendy : «Nous ciblons une dizaine de start-up durant la première année»

Un réseau de business angels vient d’être lancé avec pour objectif de structurer le sourcing, le closing et le financement des start-up africaines à haut potentiel. Défiscalisation, adaptation d’un cadre réglementaire pour un statut plus simplifié pour la start-up, possibilité d’octroi de stocks options… de nombreuses solutions peuvent être apportées pour aider les jeunes pousses à grandir.

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Mehdi Alaoui

Depuis le lancement de La Factory en 2017, plus de 50 jeunes pousses ont été accompagnés dont 16 ont obtenu des financements. Avec le lancement du club des business angels, le processus devrait aller plus vite. Entretien avec Mehdi Alaoui, DG de la Factory by Screendy.

Comment se porte l’écosystème entrepreneurial ?
On peut dire que l’écosystème start-up se structure et grandit. On a assisté depuis plusieurs années à la multiplication des incubateurs, accélérateurs, espaces de coworking et autres réseaux professionnels qui se sont développés pour accompagner la création d’entreprises et développer l’écosystème. Le gros tournant a été sans aucun doute le programme Innov Invest, géré par la Caisse centrale de garantie (CCG) et financé par la Banque mondiale. Ce programme dispose de quatre fonds, dont un de 12 millions de dollars pour les entreprises en phase d’amorçage et 30 millions de dollars au capital-risque réservé à des entreprises qui souhaitent se développer.
Nous avons également 16 structures d’accompagnement labellisées qui seront chargées d’accompagner et de financer les projets innovants et les start-up en phase de pré-amorçage.
Enfin, plus récemment CDG Invest a lancé le programme «212 Founders» qui permettra aux jeunes pousses de bénéficier d’un programme complet d’accompagnement et de financement aux meilleurs standards internationaux. Les start-up bénéficiaires pourront obtenir des financements depuis la phase d’amorçage (max. 3 millions de DH) jusqu’à la phase de croissance (max. 10 millions de DH). Près de 300 start-up vont bénéficier de subventions (200000 DH) ou de prêts d’honneur allant jusqu’à 500000 DH.
Nous n’avons pas encore les sucess stories dont nous avons besoin mais c’est un écosystème qui est en construction et il faudra attendre entre 2 et 3 ans pour obtenir de bons résultats.

Un bilan de la Factory ?
Depuis le lancement de la Factory en 2017, nous avons accompagné 50 jeunes pousses, 24 ont obtenu des bons de commande, 16 ont obtenu des financements, 8 ont déployé des solutions sur le terrain, 2 ont levé des fonds et une start-up a été racheté par un groupe. C’est un résultat positif et nous comptons, dans un avenir proche, multiplier la capacité d’accompagnement à travers des programmes complémentaires pour les start-up au stade de maturité avancée.

Quels sont les programmes que vous proposez concrètement aux start-up ?
On propose deux types de programmes d’accompagnement d’une durée de six mois. D’une part, nous aidons les porteurs de projet qui viennent avec des prototypes à développer leur projet et le déployer sur le terrain que ce soit à travers l’hebergement, la formation, la mise en réseau… D’autre part, nous aidons les entreprises à résoudre leur problématique en impliquant justement les jeunes pousses. Cela peut prendre la forme de bootcamps, de hackathons, d’innovation days…
L’année dernière, nous avons initié une opération inédite d’un voyage à la Sillicon Valley, aux Etats-Unis, pour un groupe de cadres du groupe Attijariwafa bank pour qu’ils s’imprègnent de l’environnement technologique de l’écosystème de la place. De même qu’on a conduit en 2018 plus de 20 programmes d’innovation ouverte avec pour clé plus de 750 rendez-vous entre grands groupes et start-up.

Justement, vous consacrez votre temps à convaincre les grands groupes de développer une synergie avec les jeunes pousses. Y a t-il encore une des réticences ?
Pas vraiment. Au contraire, cela les dynamise. Cependant, les choses devraient aller plus vite. Il faut compter entre 18 et 24 mois pour que les premiers bons de commande tombent. Nous pensons que le processus devrait se concrétiser dans les six mois.
n On évoque souvent les difficultés d’accès au financement des start-up. Y a t-il d’autres obstacles ?
Tout à fait, en tant que vice-président de l’APEBI (Fédération des technologies de l’information, de télécommunication et de l’offshoring), nous avons lancé cette année les assises de la start-up dont l’objectif a été justement de formuler des recommandations pour un Startup Act qui sera défendu auprès des pouvoirs publics. Nous avons relevé quelques problématiques que l’on peut résumer en quelques points: l’absence de mindset, le manque de financement ou encore le manque de moyens pour les structures d’accompagnement.
Parmi les recommandations sur le volet juridique et fiscal, il faut penser peut-être à une défiscalisation au niveau des recrutements afin que les start-up puissent favoriser la création d’emplois ; l’adaptation d’un cadre réglementaire pour un statut plus simplifié pour la start-up, notamment le SAS (société par action simplifiée); la possibilité d’octroi de stocks options aux salariés les plus talentueux pour les fidéliser car il faut se le dire, la guerre fait rage dans ce domaine et beaucoup de candidats sont tentés de se lancer dans l’aventure ailleurs.

Vous avez lancé le programme Angels4Afrioca. Comment cela s’est concrétisé avec les différents partenaires ?
Le programme Angels4Africa est un réseau de business angels qui a pour objectif de structurer le sourcing, le closing et le financement des start-up africaines à haut potentiel. C’est un club sélectif qui vise à rassembler des entrepreneurs expérimentés qui apportent une rupture dans les méthodes par le biais de solutions technologiques innovantes à très fort potentiel de croissance. Nous avons pensé à le faire parce qu’il existe un gap dans les possibilités de financement. Le nombre de tickets par fonds d’investissement est très réduit.
Dans le cadre de notre programme, nous avons ciblé 20 investisseurs de renom en Afrique, aux Etats-Unis, au Moyen-Orient et en Europe pour les inciter à investir dans des start-up africaines sur la base d’un processus simplifié.

Avez-vous déjà retenu quelques start-up africaines ?
L’appel à candidature est lancé depuis le 26 juin. En septembre nous comptons organiser les premiers comités d’investissement. La sélection des projets se focalisera sur deux points: la start-up doit porter sur le domaine de la technologie, être opérationnelle depuis une année avec un minimum de chiffre d ‘affaires réalisé, et la solution doit être déjà déployée au moins chez un client et bien évidemment avoir un fort potentiel de croissance.
Dans la première année, nous ciblons une dizaine de start-up. Après, nous pensons que les choses pourront aller plus vite.

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