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Carrière

Gagnez en performance grà¢ce à  l’audit social

Le métier d’auditeur social s’est beaucoup développé depuis le début des années 1990 grà¢ce à  la vague des certifications.
Sur la place, les formations spécialisées sont encore rares.
Une mission d’audit n’est pas la même dans le BTP ou dans
la grande distribution.

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Ily a des métiers dont on ne parle pas beaucoup et l’audit social en fait partie. Ce métier s’est beaucoup développé depuis le début des années 1990 grâce à  la vague des certifications.
Mais, en réalité, on s’est intéressé à  l’audit social depuis beaucoup plus longtemps. Déjà , en 1964, la National First City Bank of New York avait cherché à  appliquer les principes d’audit au suivi de la gestion humaine d’unités centralisées ou filialisées. Dix années plus tard, John Humble publie Social responsability audit qui, traduit en français, devient L’audit social au service d’un management de survie. Au Canada, on s’est intéressé aussi à  la comptabilité sociale.

En Europe, l’Association européenne pour la direction du personnel met, en 1983, l’audit social à  l’ordre du jour de son congrès à  Copenhague. Des auditeurs internes introduisent l’audit social dans le programme de formation et des enseignements spécialisés voient le jour dans les universités et écoles spécialisées.
Il faut dire aussi que l’audit social a joué un rôle important en matière de contrôle des normes du travail et environnementales. Il s’est rapidement développé au cours de ces dernières années, donnant naissance à  un grand nombre d’agences de consultants, associant parfois des syndicats et des organisations non gouvernementales (ONG), dans différents secteurs d’activité ( agriculture, textile-habillement…). Des procédures de certification d’auditeurs sociaux se sont même créées depuis 1994.

Un outil d’analyse et de réflexion
Au Maroc, comme un peu partout, la profession émerge mais timidement parce que le marché est restreint. De manière générale, les entreprises ne sont pas encore prêtes à  divulguer leurs pratiques sociales ou sociétales. A leurs yeux, la mesure de la performance sociale ne fait pas encore le poids devant la performance économique et financière. «Le métier reste relativement méconnu par les managers à  différents niveaux», constate Mohammed Emtil, auditeur social certifié et DG du cabinet Espace RH. «Les entreprises ne sont pas encore prêtes à  ouvrir leurs portes à  des “étrangers” qui leur dicteraient ce qui est conforme et ce qui ne l’est pas», ajoute Bouchaib Serhani, DG de Gesper Services. Cependant, «quand la confiance est établie entre les parties, et quand on arrive à  mettre en évidence l’intérêt que l’on peut tirer de l’audit social en tant qu’outil d’analyse et de réflexion, pour une organisation plus saine et plus performante, certaines entreprises souscrivent à  la démarche et prescrivent la mission».

C’est dans cet esprit que l’IAS Maroc (Institut d’audit social) a été créé il y a quelques années. Cette association regroupe une vingtaine de membres dont quatre qui ont obtenu la certification auprès du Centre de certification international des auditeurs spécialisés. D’autres associations comme celle des cimentiers (regroupant les quatre grands groupes cimentiers du pays) se sont également engagées cette année à  former des auditeurs internes sur la démarche de l’audit social. Une démarche appelée à  être de plus en plus vulgarisée dans les entreprises compte tenu de la prolifération de procédures, de règles et de normes sociales. Déjà , de grandes entreprises comme BMCE Bank, Lydec, Lafarge et l’ONP (Office marocain des pêches) se sont fait certifier dans le domaine social.

L’auditeur social met en évidence les défaillances et les écarts de non conformité
De plus en plus, les donneurs d’ordre étrangers, sous la pression de leurs actionnaires ou du marché financier, en plus de celle des associations qui militent pour les droits de l’homme, envoient des auditeurs pour examiner de près l’organisation interne de leurs prestataires. C’est dire qu’à  moyen ou long terme, les entreprises qui voudront gagner des marchés à  l’étranger comme en interne devront elles-mêmes s’inscrire à  cette nouvelle démarche. D’ailleurs, récemment, Véolia environnement a annoncé la mise en Å“uvre d’un système d’agrément pour ses fournisseurs, tenus désormais de respecter toute la législation du travail et les règles internationales édictées par l’OIT (Organisation internationale du travail), surtout en matière de travail des enfants.

«L’auditeur social occupe dans ce nouvel environnement une place fondamentale puisqu’il permet de mettre en évidence les défaillances et les écarts de non-conformité. Il éclaire ensuite l’entreprise sur la taille du risque couru en se basant sur des référentiels bien définis», note le DG d’Espace RH.

Pour plus d’efficacité, il doit rendre compte directement à  la direction générale. Sa mission peut concerner le contrôle de la qualité de l’information relative au personnel, celui de l’application des procédures internes ou externes, ou encore le contrôle de la conformité à  la GRH ou de son efficience.

L’auditeur doit aussi se familiariser avec l’activité à  contrôler, de manière à  établir un premier diagnostic. L’analyse du bilan social en constitue en général la base. Son audit peut alors réellement commencer : personnes à  rencontrer, installations à  vérifier, collecte d’informations que l’auditeur consigne dans un dossier de mission sous forme de questionnaire. Le rapport d’audit constitue le document final qu’il élabore et remet aux dirigeants de l’entreprise.

«C’est un métier aussi exigeant que passionnant. Nous sommes amenés à  connaà®tre, de l’intérieur, des entreprises très différentes, nationales ou internationales, travaillant dans tous les secteurs d’activité. Une mission d’audit ne sera pas la même dans le BTP ou dans la grande distribution ; un auditeur se doit de comprendre dans quelles perspectives se place son client», explique Réda Salim, consultant dans un cabinet d’audit.

Les qualités indispensables pour exercer le métier sont la disponibilité, la rigueur mais aussi, dans une large mesure, les qualités de communication.
Pour le moment, les formations ouvrant la voie au métier sont encore rares sur la place. Mais le besoin latent est tel que les structures spécialisées ne manqueront pas de s’y intéresser à  brève échéance.