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Cannabis : Les compléments disponibles… pas les médicaments

Les dérivés de cannabis seront commercialisés exclusivement en pharmacies. Certaines officines les proposent déjà sous forme de compléments alimentaires et de tisanes. Le prix est fixé par l’ANRAC. Pour les médicaments, il faudra attendre encore un peu…

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On ignore, pour l’heure, le nombre de pharmacies qui ont déjà commencé la commercialisation des compléments alimentaires. Cependant, «les officines qui ont une demande de la part de leur clientèle ont entamé la distribution. Elles passent commande auprès des fabricants qui les livrent sur la base de bons de commandes et de livraison qui sont soumis à l’ANRAC. Une procédure rigoureuse qui permet le contrôle et la maîtrise du circuit de distribution», affirme Mohamed Lahbabi, président de la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc. Les compléments alimentaires sont vendus au prix de 200 dirhams et les tisanes à 180 dirhams. Un prix fixé conformément à la loi 13-21 par l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC). On notera que pour les médicaments, livrés uniquement sur prescription médicale, le prix sera fixé selon les dispositions du décret de fixation des prix de la Direction du médicament et de la pharmacie.

Mais on n’en est pas encore là. Par contre, la distribution des médicaments et produits non médicamenteux à base de cannabis se fait déjà et de manière progressive. Si les compléments alimentaires et tisanes sont déjà commercialisés dans certaines pharmacies, en attendant que d’autres suivent le pas, les médicaments ne sont pas encore sur les rayons. «Ils sont encore en cours d’enregistrement au niveau de la Direction du médicament et de la pharmacie. Nous n’avons pas encore de visibilité, car il y a, comme le veut la procédure légale, une batterie de tests à effectuer comme pour tous les autres médicaments», explique Mohamed Lahbabi. Et d’ajouter : «Pour l’heure, nous sommes en discussion avec l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis en vue d’arrêter les conditions de délivrance des médicaments à base de cannabis». Et Lahbabi de préciser que «dans un souci de traçabilité et conformément à la loi n° 13-21 sur les usages licites du cannabis, l’ensemble des produits, médicamenteux ou pas, seront exclusivement distribués en pharmacie. Le secteur de la parapharmacie, non réglementé, ne fait pas partie du circuit de distribution».

La commercialisation de ces produits risque néanmoins de se heurter à des considérations d’ordre moral. En effet, nul ne conteste que l’utilisation des produits à base de cannabis à des fins médicales, pharmaceutiques et industrielles nourrit, depuis toujours, de grands espoirs auprès de la communauté scientifique. Elle donne lieu, par contre, à des appréhensions et des confusions auprès des citoyens qui sont nombreux à les assimiler à des «produits récréatifs» et, plus encore, à les taxer de «produits haram».

Pour les adultes et… les enfants
Pour apaiser les esprits, l’Association marocaine consultative d’utilisation du cannabis (AMCUC), créée en 2019 au lendemain de l’approbation de la loi 13-21 réglementant les usages licites du cannabis, s’investit dans des actions de sensibilisation et de communication auprès des professionnels et du grand public. Des sessions de formation sont organisées en partenariat avec les associations et les ordres de médecins généralistes, spécialistes et des pharmaciens d’officine. «Ces formations ont pour objectif de faire connaître le produit, les conditions d’administration, les doses, quand faut-il les prescrire et pour quel malade», explique Redouane Rabii, urologue, professeur à l’Université Mohammed VI des sciences de la santé et président de l’AMCUC.

Ainsi, il note que la prescription du médicament à base de cannabis se fait conformément à un protocole thérapeutique précis qui retient que «si six mois après l’administration d’un traitement de base, par exemple la morphine pour les grandes douleurs, il n’y a pas de résultat, on passe alors au médicament à base de cannabis». Ce médicament est indiqué pour accompagner les traitements du cancer métastasique, l’autisme, les maladies neurodégénératives, comme le Parkinson et l’Alzheimer.

Ces produits peuvent être administrés aussi bien aux adultes qu’aux enfants pour les migraines résistantes, l’épilepsie ou encore les troubles du sommeil. La prescription peut se faire aussi bien par un médecin généraliste que par un spécialiste. Ces produits peuvent également être utilisés dans l’accompagnement des personnes qui consomment du cannabis.

En effet, explique Redouane Rabii, «le médecin addictologue pourra prescrire des produits dans le processus de traitement pour mener le patient au sevrage». Et pour une utilisation conforme aux pratiques scientifiques et réglementaires, la prescription médicale est obligatoire et le «suivi de la distribution demeure nécessaire pour encadrer le processus et réguler toute pratique illégale en dehors des lois».


THC et CBD, une question de dosage

Tout se consomme dans la plante du cannabis (la racine, la feuille, l’huile, etc.) utilisée dans plusieurs industries, notamment textile, automobile et pharmaceutique. Concernant ce dernier domaine, la composition et l’utilisation doivent rigoureusement être contrôlées en vue d’éviter les effets secondaires, surtout celui narcotique.
Ainsi, pour les compléments alimentaires et les cosmétiques, la teneur en THC doit être idéalement de 0%. À défaut, un seuil de tolérance est fixé à 0,1%. Pour les médicaments, la teneur en THC et CBD dans la composition varie en fonction des pathologies à traiter.