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Câblage aéronautique : Des perspectives prometteuses
Avec 10 milliards de dirhams d’exportations, le segment du câblage confirme son statut de pilier du secteur aéronautique national. Dans un contexte porteur, il évolue désormais vers une plus grande complexité technique, pour répondre aux nouveaux standards des constructeurs.
L’industrie du câblage aéronautique, désignée sous l’acronyme EWIS (Electrical Wiring Interconnection System), est l’un des segments les plus matures et stratégiques de la plateforme aéronautique marocaine.
Contrairement au câblage automobile qui jouait jusque-là davantage sur les volumes massifs, l’EWIS repose sur une plus haute technicité, générant plus de valeur ajoutée par unité. Avec un chiffre d’affaires record à l’export de 9,8 milliards de dirhams en 2025, en hausse continue, le segment pèse aujourd’hui près du tiers de l’ensemble des exportations du secteur aéronautique.
Il faut dire que depuis 25 ans, le Maroc a su attirer la crème de l’industrie mondiale. Safran, leader du secteur, a fait du Royaume sa base arrière stratégique avec des sites comme Matis Aerospace à Nouaceur, en coentreprise avec Boeing, ou ses unités à Rabat et Tiflet.
Ces usines ne sont pas de simples centres de production de masse : elles sont certifiées aux plus hauts standards de qualité, produisant des câbles pour des constructeurs tels que Boeing, Airbus ou Dassault, ainsi que des harnais pour les programmes des moteurs LEAP, qui équipent l’Airbus A320neo.
Safran Electrical & Power Morocco dispose en outre, à Ain Atiq près de Rabat, d’un centre d’excellence spécialisé dans les harnais des différents modèles d’avions Airbus et d’hélicoptères. Il s’agit de l’une des plus grandes usines du monde spécialisées dans ce domaine.
Cap sur l’augmentation de la valeur ajoutée
D’autres acteurs majeurs comme Latécoère, Collins Aerospace ou l’américain Spirit AeroSystems complètent cette toile. Leur présence massive s’explique par une équation gagnante : proximité géographique immédiate avec les lignes d’assemblage européennes (Toulouse, Hambourg), stabilité politique et main-d’œuvre hautement qualifiée, formée principalement à l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA).
À l’instar de ce qui se produit dans l’automobile, le câblage aéronautique est entré dans une phase de montée en gamme technologique: gestion de la puissance pour les futurs avions «plus électriques», intégration de fibres optiques pour le transfert de données haut débit, réduction du poids des harnais pour répondre aux impératifs de décarbonation… Aussi, on ne parle plus seulement de faisceaux, mais de systèmes complets incluant de l’électronique embarquée.
D’un centre de coûts compétitifs, le Maroc se mue ainsi en un hub de solutions techniques à plus forte valeur ajoutée. L’intégration locale, qui dépasse désormais les 40%, vise l’objectif ambitieux de 50% d’ici 2030, en intégrant davantage de composants électroniques et de connectiques produits sur place. Les perspectives de croissance sont d’ailleurs florissantes.
L’investissement massif de Safran (280 millions d’euros annoncés début 2026) pour un nouveau site de maintenance et d’assemblage de moteurs LEAP-1A à Nouaceur est un catalyseur majeur. Ces moteurs, parmi les plus vendus au monde, nécessitent des harnais électriques de haute précision, ce qui va doper la production locale.
La croissance ne viendra plus seulement de la production, mais aussi de la conception. Des bureaux d’études, comme Safran Engineering Services, travaillent déjà sur le design des systèmes d’interconnexion, permettant de capter une part plus importante de la chaîne de valeur. Par ailleurs, avec les carnets de commandes pleins d’Airbus et de Boeing pour les 10 prochaines années, les usines marocaines ont une forte visibilité à long terme.
Ajoutons à cela les projets de maintenance et de fabrication d’aéronefs militaires, notamment les drones, sur le sol national. Des projets qui devraient créer, selon les experts, une nouvelle niche très lucrative pour les spécialistes du câblage.
