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Affaires

Banques : le coefficient d’emplois monte à  92%, à  fin mars

Elles ont de plus en plus de mal à  collecter des dépôts n Les crédits continuent de croître à  un rythme plus élevé.
Le déséquilibre ne peut pas durer très longtemps.

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La tendance se maintient : le coefficient d’emplois des banques augmente au fil des mois. A la fin du premier trimestre, il est de 92,6% contre 91,77% en janvier et 90% en décembre. C’est certainement un signe de vitalité parce qu’un tel niveau d’intervention dénote qu’elles s’y mettent à fond pour financer l’économie. Mais eu égard à l’évolution de l’activité, il est clair qu’il va falloir activer des leviers autres que la réserve monétaire pour résoudre le problème de liquidité dont souffre le secteur. A l’évidence, le secteur a besoin d’argent frais pour être bien à l’aise. Les banques expriment en effet une grande peine à en mobiliser. Sur les trois premiers mois de l’année, les dépôts de la clientèle qui constituent l’essentiel des ressources ont quasiment stagné par rapport au mois précédent.

Les crédits à l’équipement se maintiennent

D’après les chiffres du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), ils ont même replié de 1,32%, en comparaison avec décembre 2009. Par rapport au même mois de l’année dernière, ils n’ont progressé que de 4,4%, à 581,7 milliards de DH sur des ressources globales de 628 milliards de DH… Pour ce début d’année, cette situation ne peut être imputée au commerce extérieur parce que, sur les deux premiers mois -les chiffres de mars ne sont pas encore publiés-, les exportations de biens et services ainsi que les transferts MRE sont repartis, générant des ressources potentielles. Le problème est donc plus structurel qu’il n’y paraît et réside apparemment dans la capacité du tissu économique à générer des revenus. A moins que les potentiels déposants aient choisi d’autres véhicules pour mettre au frais leur épargne.
Dans le même temps, les engagements croissent plus prestement. Les crédits à l’économie ont totalisé 582 milliards de DH, progressant de 1% par rapport à février. Par rapport à décembre 2009, la hausse est de 2,4% et de 10,26% si l’on prend comme base l’égal mois de cette même année. Les crédits à l’immobilier restent prépondérants avec un total de 179 milliards de DH, les deux segments, promotion et particuliers, progressant à des cadences assez similaires sur 12 mois. Les financements accordés au premier ont crû de 5,03%, à 64 milliards et de 6,32%, à 114,6 milliards pour le second. Les crédits à l’équipement qui reflètent l’évolution de l’investissement dans le reste du secteur productif sont plus alertes. Ils se sont appréciés de 3,39% comparativement à février et de 11,6%, si l’on considère la moyenne mobile sur 12 mois, à 130 milliards de DH. Même si on est très loin du rythme échevelé d’il y a trois ans, ce déséquilibre n’est pas tenable, sachant que l’économie marocaine ne peut se passer du financement bancaire. Du moins, pour le moment.