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ANEP : Le bras armé de l’État prend du galon
Rien qu’en 2024, l’Agence nationale des équipements publics (ANEP), qui compte plus de 500 salariés, a piloté 4.700 opérations représentant un investissement global de près de 46 MMDH dans les équipements publics.
Le foisonnement des grands projets d’infrastructures réalisés au cours de ces dernières années, à coups de plusieurs milliards de dirhams (grands stades, CHU, grands théâtres, aéroports…), s’est accompagné de la montée en charge des opérations concrétisées par l’Agence nationale des équipements publics (ANEP).
En réalité, l’ANEP est un acronyme qui parle aux habitués du portail des marchés publics et aux professionnels du BTP, puisque l’Agence publique, sous tutelle du ministère de l’Équipement et de l’eau, n’est autre que le bras armé de l’État dans le domaine de la maîtrise d’ouvrage déléguée (MOD) pour l’édification des grands projets d’infrastructures publiques.
Sa vocation est d’autant plus essentielle pour l’efficience et l’efficacité de la commande publique si l’on sait que le maître d’ouvrage a généralement une compétence très limitée des aspects techniques et financiers des projets de travaux.
En revanche, l’ANEP, qui s’appuie sur l’expertise de ses 500 collaborateurs, dispose de l’expérience requise (plus de 40 ans) et des moyens techniques pour mener à bien les grands projets d’infrastructure caractérisés par leur complexité.
Aujourd’hui, la structure dirigée par Zineb Benmoussa depuis 2020 est impliquée dans l’édification d’une pléthore de projets et d’équipements publics connus du grand public.
À ce titre, citons le futur Grand Stade Hassan II de Benslimane (115.000 spectateurs), le Musée Mohammed VI et l’hôpital Ibn Sina de Rabat, le CHU de Tanger, le nouveau Stade Moulay Abdellah de Rabat et l’aéroport Mohammed V de Casablanca.
En clair, l’ANEP joue un rôle cardinal dans la mise à niveau des stades de football en vue de l’organisation par le Maroc de la CAN 2025 et du Mondial 2030.
Organisation déconcentrée
2024 est une année faste pour la structure publique spécialisée dans la gestion des projets d’infrastructures publiques. Pour preuve, selon les chiffres officiels, l’Agence a réalisé au cours de l’année dernière plus de 4.700 opérations représentant un investissement global de près de 46 MMDH.
Dans le détail, la cheville ouvrière de l’État en matière de gestion de projets de construction et de rénovation des équipements publics a procédé, en 2024, à l’achèvement des travaux de 875 projets d’infrastructures pour un coût de 3,39 MMDH.
L’ANEP a de surcroît poursuivi, au cours de l’année dernière, la réalisation de 2.336 projets, ainsi que les études relatives à 1.506 projets. 2025 constitue aussi une année charnière pour l’entité qui s’est dotée d’un maillage très large au niveau régional.
L’année en cours a été marquée par le lancement de plusieurs projets d’équipements publics de grande envergure au niveau national, ainsi que la signature par l’ANEP de plus d’une dizaine de nouvelles conventions de maîtrise d’ouvrage déléguée portant sur la réalisation de projets d’infrastructures publiques à vocation économique et sociale importante.
Au-delà de ces précisions, il importe d’indiquer que la notoriété et la grande expertise de l’ANEP en matière de gestion de projets titanesques peuvent être reliées à ses ressources humaines de qualité (près de 500 collaborateurs actuellement contre 327 en 2023), mais aussi à son organisation déconcentrée, lui conférant un fort ancrage régional.
Ce qui, à l’évidence, est un atout de taille pour le suivi et l’exécution des marchés publics de travaux de construction ou de rénovation qui se multiplient dans les différentes régions du Royaume.
Huit directions régionales
L’entité publique dont «l’ancêtre» est la Direction des équipements publics (DEP), créée dès 1980, comprend huit directions régionales. Cette architecture spatiale permet à l’ANEP de s’acquitter efficacement de ses missions de maîtrise d’ouvrage déléguée sur l’ensemble du territoire national.
L’agilité de l’Agence publique permet, en cas de besoin, la création d’aménagements provisoires pour la supervision de la réalisation des grands projets au niveau régional. À ce titre, l’exemple de l’aménagement provisoire pour la supervision de l’extension et le réaménagement de l’aéroport d’El Aroui à Nador est édifiant.
Pour rappel, les travaux de modernisation de l’infrastructure aéroportuaire, qui seront achevés en 2026, devraient mobiliser plus de 113 MDH.
Ce projet d’extension s’inscrit dans la Stratégie «Aéroports 2030», laquelle prévoit une montée en gamme substantielle des infrastructures, des services et des processus de gestion aéroportuaire du Royaume.
Une force de proposition
Outre son implication dans l’édification d’infrastructures sportives à l’échelle continentale (17 pays africains), l’ANEP s’emploie à renforcer ses capacités et l’expertise de ses services dans les domaines de la gestion des projets d’équipements publics, la conception de programmes architecturaux et techniques, ainsi que la programmation budgétaire et la détermination des coûts estimatifs des projets.
La loi en vigueur assigne également à la structure publique, qui promeut l’efficacité énergétique dans les bâtiments publics et l’utilisation des matériaux locaux, la mission de contribuer, en tant que force de proposition et suite à la demande du gouvernement, à l’élaboration de projets de textes législatifs et réglementaires relatifs à son champ de compétence.
En définitive, l’ANEP, susceptible d’être transformée en SA, libère les départements publics de la lourde tâche de gestion des projets d’équipements publics de grande envergure et leur permet ainsi de mieux se concentrer sur leur principale mission ou leur cœur de métier.
Une «femme de chantier» aux manettes
L’histoire de l’ANEP en tant qu’agence nationale (depuis 2019) est très liée à celle de sa DG Zineb Benmoussa qui a gravi tous les échelons au sein du ministère de l’Équipement.
Ingénieure de formation, la lauréate de l’École Hassania des travaux publics de Casablanca a débuté sa carrière dans le secteur public en tant que cadre, il y a 34 ans (en 1991), au sein du département ministériel de l’Équipement. Mais très vite, les postes de responsabilité se sont enchaînés pour celle qui est passionnée par le bâtiment et la construction.
Tour à tour, la «femme de chantier», qui est très souvent sur le terrain pour le suivi des travaux de construction ou de rénovation, a été cheffe de service des études du ministère de l’Équipement, puis cheffe de division des études huit ans plus tard. À l’époque, Benmoussa dirigeait déjà une équipe pluridisciplinaire de plus de 100 personnes.
C’est donc tout naturellement après dix ans en tant que numéro 1 de la Division des études que la spécialiste des études des structures et des lots architecturaux et techniques a été promue à la tête de la DEP, laquelle a été transformée en Segma (Service de l’État géré de manière autonome) en 2008.
Benmoussa a aussi inlassablement œuvré pour la transformation de la DEP en Agence nationale et elle y est parvenue, il y a six ans. Ce statut permet aujourd’hui aux différents démembrements publics (maîtres d’ouvrage) de déléguer à l’ANEP tous leurs pouvoirs dans l’optique de garantir la bonne exécution des projets d’infrastructures dans les délais avec la qualité requise.
