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Airbus, locomotive de l’écosystème aéronautique au Maroc

L’avionneur s’appuie sur son vaste réseau de fournisseurs au Royaume pour répondre à la forte demande en avions. Une aubaine pour la plateforme aéronautique marocaine, qui s’est imposée comme un partenaire majeur et fiable du constructeur.

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Pionnier de l’industrie aéronautique dans le Royaume avec la création dès 1951 de Maroc Aviation, Airbus a beaucoup misé sur le Royaume et continuera de le faire pour accompagner le développement rapide de son carnet de commandes, dans un marché du transport aérien en pleine effervescence. C’est en substance le principal message délivré par l’avionneur européen lors d’une rencontre avec les médias, organisée à Casablanca sur le site d’Airbus Atlantic Maroc Composites, l’une des deux usines marocaines du groupe. Une rencontre, faut-il le préciser, qui intervient quelques semaines après le lancement par Royal Air Maroc d’un appel d’offres pour l’acquisition de nouveaux appareils, dans le cadre du plan de développement de la compagnie, qui ambitionne de faire passer son parc de 52 avions actuellement à 200 d’ici 2037.

Pour peser dans la balance, Airbus met en avant son partenariat industriel de premier plan avec le Maroc, qui a largement contribué au développement fulgurant de l’écosystème aéronautique dans le Royaume. «Le Maroc est le pays industriel sur lequel on a beaucoup misé pendant les 70 dernières années, et encore plus dans les 30 dernières années. Au cours des prochaines années, nous allons continuer à développer notre écosystème au Maroc, en collaboration avec le gouvernement», a affirmé Patrick Derderian, directeur de la coopération internationale d’Airbus en charge de l’Afrique. Et il va sans dire qu’une commande d’avions Airbus par RAM est de nature à accélérer et étoffer davantage la présence industrielle du constructeur dans le Royaume.

Entre Airbus et le Maroc, la relation industrielle ne date pas d’hier. L’avionneur est en effet présent au Maroc depuis 1951 à travers Airbus Atlantic (anciennement STELIA Aerospace Maroc), filiale à 100% d’Airbus. En 2014, la filiale décide d’étendre ses activités au Maroc avec la création d’une nouvelle usine de 15.000 m2 au sein de la zone Midparc spécialisée dans les sous-ensembles métalliques d’aérostructures. Avec ses deux sites, Airbus Atlantic Maroc emploie aujourd’hui directement 1.000 salariés.

Plus largement, l’écosystème local du constructeur est aujourd’hui bien dense. Il emploie, directement ou indirectement, 10.000 salariés et compte une centaine de sous-traitants et partenaires installés dans le Royaume. L’écosystème Airbus est d’ailleurs considéré comme la véritable locomotive de la plateforme aéronautique marocaine. Il représente environ les deux tiers de l’activité au Maroc, nous indique-t-on. Cet écosystème produit des pièces dans tous les programmes Airbus, y compris l’A220, A320, A330 et l’A350. À la clé : le renforcement des compétences locales, comme en témoigne le personnel 100% marocain des usines d’Airbus Atlantic Maroc, et le développement de pôles d’excellence, notamment dans l’électronique, le traitement de surface, la chaudronnerie et l’assemblage.

Vidéo. Aéronautique : Ces pièces d’Airbus qui ne sont fabriquées qu’au Maroc

Cette activité continue de grandir, puisque de nouveaux fournisseurs rejoignent l’écosystème d’Airbus au Maroc, le dernier en date étant le canadien Shimco qui s’implante à Midparc, la zone franche multiservices entièrement dédiée à l’aéronautique. «Sur les quatre derniers mois, quatre équipementiers ont rejoint notre écosystème au Maroc», s’est félicité Patrick Derderian.

Montée en cadence et pièces mono-source
Le développement rapide du carnet de commandes d’Airbus est une véritable aubaine pour les industriels marocains, dans un marché du transport aérien en pleine effervescence au sortir de la crise sanitaire, qui avait cloué au sol des milliers d’avions sur le tarmac des aéroports. Airbus profite pleinement de cette reprise. L’avionneur a conclu l’année dernière une commande record de 500 A320 auprès de la compagnie indienne Indigo. Au total, ce sont 7.762 avions inscrits au carnet de commandes d’Airbus, garantissant de nombreuses années de travail à ses fournisseurs.

C’est le cas pour l’usine d’Airbus Atlantic Maroc Composites. Situé à Nouaceur et construit sur une superficie de 30.000 mètres carrés, dont 17.000 mètres carrés d’ateliers de production, le site est spécialisé dans la fabrication d’une large gamme de pièces composites pour les programmes A320, A330 et ATR42/72. Cela va de la cabine du pilote aux compartiments à bagages, en passant par les pièces d’habillage, les panneaux pour hublots, les trappes de trains d’atterrissage, ainsi que les coques de sièges business et first class. Ces produits sont ensuite expédiés en France pour l’assemblage.

Pour contribuer à honorer le bien garni carnet de commandes de l’avionneur, qui prévoit d’augmenter sa production à 75 A320 par mois à horizon 2026, au lieu de 60 actuellement, l’usine d’Airbus Atlantic Maroc Composites monte en cadence. «Nous sommes en full cadence sur le A320», a confirmé Housni Faek, directeur général d’Airbus Atlantic Maroc Composites.

Le défi est d’autant plus challengeant pour la filiale marocaine qu’elle est mono-source sur plusieurs pièces. «Toutes les pièces du cockpit du A320 sont fabriquées ici, en mono-source, avec une expertise 100% marocaine», souligne Housni Faek. La fabrication en mono-source est un gage de confiance et de qualité dans une industrie où la livraison à temps (On Time-Delivery) est le nerf de la guerre. Une responsabilité qu’Airbus Atlantic Maroc Composites, fort de ces compétences 100% marocaines, assume avec succès. Pour accompagner la montée en cadence, l’usine compte recruter l’année prochaine 200 personnes.

Du côté d’Airbus, on assure que la plateforme industrielle marocaine est un «levier de compétitivité essentiel». Ce partenariat industriel, qui repose sur des avantages stratégiques clés, comme la proximité géographique, linguistique et culturelle importante, la qualité de main-d’œuvre «exemplaire», ainsi que sur la stabilité du Royaume, est appelé à se développer davantage. En attendant peut-être un partenariat commercial qui ouvrirait de nouvelles perspectives…