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Affaires

Agrumes : La production augmenterait de 15% pour la campagne 2023-2024

Malgré les mauvaises conditions climatiques, la concurrence de l’Égypte, de la Turquie et du marché local, la filière agrumicole tire son épingle du jeu. Il est prèvu une hausse de 15% de la production et de 10% de l’export. Pour encourager le volet industriel, la prime à l’écrasement sera activée dès le début 2024.

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La production d’agrumes devrait atteindre, pour cette campagne 2023-2024, 1,9 million de tonnes contre 1,7 million la campagne précédente. La filière devrait ainsi enregistrer une augmentation estimée entre 15 et 20% par les professionnels. Pour Hassan Zouhri, directeur de Maroc Citrus, la hausse est «l’effet de l’alternance des arbres qui influe sur le rendement et elle constitue une bonne performance malgré la situation difficile dans laquelle se trouve la filière». En effet, cette dernière a souffert de deux années consécutives de sécheresse et donc du manque d’eau, en particulier dans les régions de Tadla, Beni Mellal, Souss et Berkane. Si cette dernière a enregistré une amélioration des réserves d’eau, aujourd’hui le barrage est rempli à 40% de sa capacité, à Beni Melllal.

En revanche, les agriculteurs ont entamé des forages qui atteignent 400 mètres de profondeur mais les débits restent encore très insuffisants. Le déficit en eau a contraint à l’arrachage des arbres et l’abandon des vergers dans les régions touchées. Au niveau national, ce sont environ 10.000 hectares qui ont été perdus selon les premières estimations de Maroc Citrus qui vient d’ailleurs de lancer une enquête pour évaluer de façon précise l’impact de la sécheresse sur les plantations et les pertes enregistrées par la filière. On retiendra que l’on dispose actuellement de 95.000 à 100.000 hectares de plantations d’agrumes.

Le marché de bouche attire davantage les agriculteurs…
Concernant la campagne d’exportation qui a débuté en octobre dernier, la filière devrait commercialiser 450.000 à 500.000 tonnes dont 80 à 90% de petits agrumes. L’export enregistrerait ainsi, selon Maroc Citrus, une hausse de 10% par rapport à la précédente campagne et ceci malgré la concurrence de l’Égypte et la Turquie. «Ces deux pays se positionnent beaucoup mieux que le Maroc en raison de leur coût de revient moins cher que chez nous, ainsi que la dévaluation de leur monnaie. La concurrence se situe au niveau de l’orange, parce que la production des petits agrumes n’est pas encore très développée», explique le directeur de Maroc Citrus.

Par ailleurs, l’Égypte a également une sérieuse avance au niveau du concentré de jus d’agrumes. Les industriels marocains ne sont pas compétitifs en raison de l’accord de libre-échange qui permet l’entrée des produits égyptiens à 0% de droits de douane. Selon les récentes statistiques, les usines locales transforment environ 50.000 tonnes d’agrumes. Un volume en net recul par rapport au record de 180.000 tonnes écrasées lors de la campagne 2018-2019. L’Espagne, vif concurrent du Maroc il y a quelques années, perd du terrain aujourd’hui. La sécheresse et l’abandon des vergers, faute de relève, expliquent l’essoufflement du secteur des agrumes ibérique, en dépit de la proximité géographique par rapport aux débouchés européens.

En revanche, au niveau national, le marché local s’avère un sérieux concurrent et attire beaucoup plus les producteurs d’agrumes. «Le prix sur ce marché se situe à 7 dirhams, ce que l’on n’arrive pas du tout à décrocher sur les marchés internationaux, sans compter le paiement cash qui est plus intéressant pour les producteurs, puisqu’il leur permet de soulager leur trésorerie», souligne la corporation. La filière est certes en situation critique mais le contrat-programme signé cette année permettra de relancer le secteur. La commission de pilotage de ce contrat-programme a tenu récemment une réunion afin d’examiner et de préparer les textes réglementaires qui permettront de mettre en œuvre les premières dispositions de ce contrat, notamment la prime à l’écrasement et la subvention pour le renouvellement des vieilles plantations dont devraient bénéficier, dès l’année prochaine, les agrumiculteurs.