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Agriculture

Soutien à l’élevage : Un programme qui tient ses engagements

La relance du secteur est en marche. Avec 1,2 million de bénéficiaires et des milliards de dirhams mobilisés, la reconstitution du cheptel national progresse conformément aux objectifs fixés.

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Les fondamentaux du secteur de l’élevage redeviennent solides, grâce à la combinaison de plusieurs facteurs.

Le premier tient d’abord à l’abondance des précipitations pluviométriques qu’ont connues toutes les régions du pays et qui ont contribué à améliorer les ressources fourragères.

Le deuxième est relatif à l’interdiction de l’abattage à l’occasion de l’Aid Al-Adha de l’année précédente, qui a permis de renforcer le cheptel.

Et le dernier porte sur le large programme de reconstitution du cheptel lancé depuis mai 2025 par le ministère de l’Agriculture, conjointement avec ceux de l’Intérieur et des Finances.

Le dispositif vise principalement les petits agriculteurs et les éleveurs les plus touchés par les sept années de sécheresse, ayant fait face à des contraintes d’approvisionnement en aliments pour le bétail, en raison de la baisse de la production fourragère, de la faible productivité des pâturages due à l’irrégularité des précipitations, ainsi que de la dépendance vis-à-vis des importations.

Actuellement, 1,2 million d’éleveurs ont pu bénéficier des aides octroyées, pour un montant total décaissé de 5,55 milliards de dirhams. Comme phase préalable au lancement de ce programme, un recensement a été réalisé, permettant de disposer d’une base de données précise, ayant établi un cheptel de 32,8 millions de têtes et 1,2 million d’éleveurs.

Autrement dit, cette phase du programme a tenu ses promesses. L’enveloppe budgétaire prévue a été versée au nombre d’éleveurs initialement recensés.

Les aides directes étaient réparties pour les ovins à hauteur de 150 dirhams par tête pour les dix premières têtes, puis 125 dirhams par tête entre 11 et 50 têtes, 100 dirhams par tête entre 51 et 100 têtes, et 75 dirhams par tête pour le reste des têtes dépassant 100 têtes.

Pour les caprins, le montant de l’aide est de 100 dirhams par tête pour les dix premières têtes, puis 85 dirhams par tête entre 11 et 50 têtes, 75 dirhams par tête entre 51 et 100 têtes, 60 dirhams par tête entre 101 et 200 têtes, et 50 dirhams par tête pour le reste des têtes dépassant 200 têtes.

Concernant les bovins et les camelins, le montant de l’aide est de 400 dirhams par tête pour les cinq premières têtes, puis 350 dirhams par tête entre 6 et 10 têtes, 300 dirhams par tête entre 11 et 50 têtes, 200 dirhams par tête entre 51 et 100 têtes, et 150 dirhams par tête pour le reste du nombre dépassant 100 têtes.

Seconde phase entamée
Le ministère a lancé, depuis le 24 mars dernier, l’opération de vérification du maintien des femelles reproductrices ovines et caprines recensées entre le 26 juin et le 11 août 2025 et identifiées par marquage auriculaire.

Cette procédure est conduite sur tout le territoire national, avec la mobilisation de commissions locales dans toutes les préfectures et provinces. À l’issue du contrôle, la deuxième tranche sera versée «dans les plus brefs délais», selon les mêmes modalités de paiement que la première tranche.

Ce versement marquera l’achèvement du programme de soutien direct engagé pour la reconstitution du cheptel national. Il s’agit donc d’un montant de 400 dirhams pour chaque femelle ovine et 300 dirhams pour chaque femelle caprine.

Le versement est effectué en deux tranches, dont 100 dirhams par femelle comme avance, alors que la seconde tranche de 300 dirhams par femelle ovine et 200 dirhams par femelle caprine est attribuée, selon les prévisions du ministère de tutelle, depuis le 1er avril 2026.

Le montant global budgétisé est de 3,2 milliards de dirhams. Il faut dire que le maintien des femelles reproductrices conditionne la reconstitution progressive du capital animal, la stabilisation de l’offre en viandes rouges et la préparation des prochaines campagnes pastorales.

Un dispositif à cinq axes
Globalement, le programme repose sur cinq axes principaux. Le premier consiste en la restructuration des dettes des éleveurs. Le fardeau financier de 50.000 éleveurs s’en trouve allégé pour un coût de 700 millions de dirhams, pris en charge par l’État.

Ceci inclut l’annulation de 50% des dettes de moins de 100.000 dirhams, représentant 75% des bénéficiaires, l’annulation de 25% des prêts compris entre 100.000 et 200.000 dirhams, représentant 11% des bénéficiaires, et la restructuration des dettes des agriculteurs et l’exonération des intérêts de retard pour les prêts dépassant 200.000 dirhams.

Le deuxième axe porte sur le soutien aux aliments pour bétail, par la subvention du prix de vente de l’orge (7millions de quintaux) à 1,5 dirham par kilogramme, et des aliments composés pour ovins et caprins (7 millions de quintaux) à 2 dirhams par kilogramme.

Environ 2,5 milliards de dirhams sont alloués à cette mesure. Quant au troisième axe, il concerne le lancement d’une opération d’identification des femelles du cheptel pour suivre et accompagner l’interdiction de leur abattage, avec l’objectif d’atteindre plus de 8 millions de têtes de femelles ovines et caprines d’ici mai 2026.

Dans le cadre du quatrième axe, le gouvernement procédera au lancement d’une campagne de traitement préventif pour protéger 17 millions de têtes d’ovins et de caprins contre les maladies liées aux effets de la sécheresse, pour un coût de 150 millions de dirhams.

Enfin, le cinquième axe est relatif à l’organisation d’un encadrement technique des éleveurs pour améliorer les races via la création de plateformes d’insémination artificielle et d’accompagnement technique, afin d’augmenter la productivité, pour un coût de 50 millions de dirhams.


Approvisionnement assuré pour Aïd Al-Adha
Grâce aux mesures engagées par le gouvernement pour reconstituer le cheptel national, les équilibres du marché se redressent progressivement.

Les aides aux éleveurs, le soutien à l’alimentation animale et les dispositifs financiers ont permis de préserver le potentiel de production et de renforcer l’offre. ans ce contexte, le marché apparaît aujourd’hui mieux approvisionné, avec une disponibilité accrue du bétail sur l’ensemble du territoire.

À l’approche de l’Aïd Al-Adha, les conditions sont réunies pour couvrir convenablement les besoins des citoyens marocains… Maintien de la suspension de l’abattage ou pas ?
Rien n’est pour le moins sûr à ce jour.