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Agriculture

SIAM : Dessalement, barrages, transferts… Le Maroc cité en exemple

La gestion de l’eau est une vision commune, partagée entre le Maroc et la France, pays mis à l’honneur en cette 17e édition. L’expérience marocaine est hautement saluée tant dans l’optimisation de cette ressource hydrique que dans sa gouvernance ou son financement.

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Le SIAM, cette grand-messe de l’agriculture qui réunit des experts et des professionnels venus de tout bord, prend une grande importance en sa 17e édition de cette année. Le Salon est inscrit dans une thématique partagée par plusieurs pays, dont la France, pays à l’honneur, qui n’est autre que l’eau, sa raréfaction, son optimisation et sa gouvernance.

Le Maroc et la France font face, en effet, aux mêmes contraintes, dont les changements climatiques, la succession de périodes de sécheresse ou d’inondations, la pression exercée sur les ressources hydriques… Les deux pays ont également élaboré des stratégies adaptées aux contextes, pour non seulement optimiser la consommation et la gestion de l’eau, mais aussi pour la valoriser.

D’ailleurs, Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, a rappelé lors de la conférence de haut niveau tenue sur «La gestion de l’eau, pour une agriculture durable» que dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie Génération Green, l’axe de la mobilisation de l’eau et de l’amélioration de l’efficience de l’irrigation revêt une importance cruciale dans la détermination du futur de l’agriculture marocaine et du monde rural.

Entre autres projets menés par le Maroc dans ce sens, la modernisation des réseaux d’irrigation, avec pour objectif de porter la superficie irriguée par goutte-à-goutte, qui couvre actuellement 54% de la superficie équipée, à plus de 70% d’ici 2030 ; le développement de l’offre en eau à travers la construction de nouveaux barrages dans les régions à forte pluviométrie et la réalisation de projets d’interconnexion des bassins hydrauliques, ainsi que la création de stations de dessalement d’eau de mer en recourant aux énergies renouvelables.

Excellence marocaine
Et de rajouter : «Un programme ambitieux d’irrigation pour l’été prochain sera mis en place, eu égard aux précipitations bénéfiques enregistrées lors de cette campagne agricole qui ont permis une amélioration sensible de la situation hydrique».

Dans la même veine, Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’eau, a souligné l’avancée majeure du Maroc en la matière : «Nous disposons de nombreux exemples de projets menés dans ce cadre, tels que les stations de dessalement d’eau de mer dans les régions de Casablanca, d’Agadir et de Dakhla».

Cette dernière, qui repose essentiellement sur les énergies renouvelables, a été hautement saluée par les responsables français. «Avec un coût estimé à 30 centimes d’euros/m3, au lieu de 60 à 80 cts pour l’eau publique, la station de dessalement de Dakhla est une révolution technologique portée par les Marocains», a précisé le président du Conseil mondial de l’eau, Loïc Fauchon.

Et c’est justement en se basant sur cette «excellence marocaine», selon ses dires, qu’il a été décidé de proposer au gouvernement marocain de créer un centre mondial dédié aux eaux non conventionnelles et aux énergies renouvelables, dont le siège sera établi au Maroc.

Une autre réalisation hautement appréciée est le système de gouvernance de l’eau dans le pays, avec la mise en place des Sociétés régionales multiservices. Cette initiative rentre dans le cadre de l’un des trois piliers sur lesquels le Conseil s’appuie pour relever les défis de l’eau, à savoir la connaissance, soutenue par l’innovation et l’intelligence artificielle, la gouvernance et la finance.

Il a appelé dans ce sens à annuler la dette liée à l’eau des pays les plus pauvres, à encourager les financements mixtes et à créer des garanties publiques internationales pour soutenir les projets hydriques.

De l’importance de la coopération
Cependant, le financement des projets qui s’orientent vers une agriculture durable et résiliente ne doit pas reposer principalement sur le budget de l’État. Ainsi, Baraka estime que l’implication du secteur privé est indispensable, non seulement pour sa performance technique et managériale, mais aussi pour sa capacité à mobiliser rapidement et efficacement des ressources d’investissement, notamment dans le cadre de partenariats public-privé.

Il n’en demeure pas moins non plus que les pays qui vivent la même situation et subissent les mêmes problématiques ne doivent faire cavaliers seuls. L’échange d’expériences, d’expertises, de technologies et de savoir-faire est de mise. C’est le point relevé par Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe.

Il a ainsi insisté sur l’importance de soutenir activement la coopération technique entre les deux pays, en particulier dans un contexte marqué par des enjeux liés à la souveraineté alimentaire, à l’adaptation au changement climatique et à la préservation des ressources qui exigent une mobilisation conjointe.

Ce qui permet de favoriser l’émergence de solutions concrètes et durables, portées par l’innovation et adaptées aux réalités des territoires.


Deux conventions entre le ministère de l’Agriculture et celui de l’Eau
Deux conventions ont été conclues entre Ahmed El Bouari et Nizar Baraka. La première porte sur le projet de contrat de gestion participative de la nappe de Fès-Meknès, qui prévoit la mise en place d’un programme d’actions concertées réunissant l’ensemble des parties prenantes, avec pour objectif d’assurer la durabilité environnementale et économique de la nappe phréatique de cette plaine, à travers une gestion intégrée et durable des ressources en eau.

La seconde, elle, concerne les domaines de l’agriculture, de la météorologie et du climat. Elle établit un cadre de coopération et de coordination entre les deux ministères à travers l’échange de données, d’informations et d’expertises, le développement de services climatiques dédiés au secteur agricole, ainsi que le renforcement des capacités des acteurs du domaine.