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Agriculture

SIAM 2026 : Le Maroc accélère la transformation de l’élevage

Confrontée à des contraintes climatiques croissantes et à la volatilité des marchés, la filière de l’élevage est appelée à une transformation profonde des systèmes de production. Le Royaume est à l’avant-garde dans la gestion de ces difficultés, en lançant la stratégie GG et en poursuivant ses efforts de soutien aux éleveurs.

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La production animale se heurte à des contraintes climatiques qui accentuent l’incertitude des éleveurs, fragilisent les ressources naturelles et rendent plus difficile la stabilité des systèmes de production.

Pourtant, «elle représente un pilier majeur de l’économie nationale, puisqu’elle contribue à hauteur de 35% au PIB agricole, assure des revenus à près de 1,2 million d’éleveurs et représente 135 millions de journées de travail», a indiqué le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, lors de la Conférence de haut niveau organisée par le ministère, en marge de la 18e édition du SIAM.

Cette situation est appelée à gagner en importance, avec la croissance démographique, l’accentuation de l’urbanisation et l’évolution des modes de consommation.

D’où l’intérêt de garantir la qualité, la régularité de l’approvisionnement, la traçabilité, ainsi que la sécurité sanitaire.

Compte tenu des années de sécheresse qu’a connues le pays, dont les conséquences ont été alourdies par les conditions géopolitiques internationales, la filière de l’élevage a bien souffert tant de la raréfaction des ressources fourragères que de la hausse des prix des aliments de bétail, ou encore de la baisse des performances de reproduction et de production.

Pour développer des systèmes de production animale durable, le Maroc a, depuis 2020, initié la stratégie Génération Green, à l’horizon 2030, qui place la durabilité, la résilience et la valorisation du capital humain au cœur du développement agricole.

Notons qu’elle s’inscrit dans la continuité des acquis du plan Maroc Vert, qui a permis d’impulser une modernisation notable des filières animales, avec notamment la couverture intégrale des besoins de consommation en viandes rouges et la progression de la production laitière.

Des mesures d’accompagnement
Pour poursuivre l’accompagnement de cette filière et des éleveurs, le gouvernement a entrepris plusieurs mesures, à savoir le renforcement de la production des aliments pour bétail, en tant que levier essentiel pour améliorer la performance du secteur, notamment à travers la sécurisation de l’eau d’irrigation au niveau des grands périmètres irrigués ; l’amélioration du dispositif de sécurité sanitaire animale, en consolidant la veille épidémiologique, le contrôle sanitaire et les campagnes de vaccination contre les maladies infectieuses ; et la consolidation de la productivité du lait et des viandes.

De plus, étant donné que la viande bovine représente 80% de la consommation nationale, le développement de la filière des viandes rouges reposera sur l’amélioration des races bovines destinées à la production de viande, à travers notamment le développement de l’insémination artificielle et la production locale de semences à haut rendement.

Le gouvernement entend également développer le secteur de l’élevage camelin, compte tenu de son rôle économique et social dans les provinces du Sud, où il constitue une source principale de revenus, tout en contribuant au développement avec une valeur ajoutée avoisinant 225 millions de dirhams par an et la création d’environ 2,7 millions de journées de travail.

Pour leur part, les circuits de commercialisation demeurent un axe primordial. L’objectif étant de les réhabiliter, de moderniser les abattoirs, de développer les infrastructures logistiques, de libéraliser la chaîne du froid et le transport et d’encourager des relations contractuelles équitables, notamment au profit des petits producteurs.

Enfin, l’Exécutif s’attelle à promouvoir la formation et la recherche scientifique en partenariat avec les différents acteurs.

Un win-win maroco-portugais
Cette vision de durabilité et de résilience, dans laquelle s’est inscrit le Royaume, est également partagée par le Portugal, pays mis à l’honneur à l’occasion de cette 18e édition du SIAM.

«Deux pays voisins et amis qui partagent la même ambition, celle de construire des systèmes alimentaires durables et inclusifs», a soutenu José Manuel Fernandes, ministre de l’Agriculture et des affaires maritimes du Portugal.

Pour lui, la pression sur les ressources en eau nécessite une gestion intelligente mais aussi une utilisation avancée de la technologie. Il en va de même pour la vitalité des territoires.

D’ailleurs, le Portugal a lancé un plan d’investissement à l’horizon 2040, en vue de sécuriser ses besoins en eau.

Un budget de 5,4 milliards d’euros est mobilisé à fin 2030, entre autres, pour assurer les ressources hydriques du barrage d’Alqueva, considéré aussi comme l’un des plus grands lacs artificiels de l’Europe occidentale. «À lui seul, il a nécessité un budget de 2,5 milliards d’euros, soit 330 millions annuellement», ajoute Fernandes.

À côté de la gestion de l’eau, le gouvernement portugais a identifié plusieurs priorités qui ont trait également à la santé végétale et à l’utilisation des cultures résilientes à la sécheresse.

Pour cela, de nombreux leviers sont à actionner à l’instar de la recherche appliquée, du digital, de l’intelligence artificielle…

D’où l’intérêt alors de renforcer la coopération scientifique entre les instituts de recherche des deux pays, de poursuivre l’exploration des opportunités d’investissement et de renforcer les échanges commerciaux.

«Nous allons continuer à positionner le Portugal comme un allié stratégique du Maroc auprès de l’Union européenne et à contribuer à la mise en œuvre des programmes européens, qu’il s’agisse de l’instrument de voisinage, des mécanismes financiers ou encore des nouveaux dispositifs, tels que le Fonds européen pour la compétitivité, qui comprend un volet dédié à la recherche auquel le Maroc pourrait pleinement participer», a conclu le ministre portugais.

De son côté, la ministre française de l’Agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire, Annie Genevard, a identifié plusieurs priorités communes, portant notamment sur la sécurisation de l’alimentation animale, la modernisation et la professionnalisation des exploitations, l’amélioration génétique, la structuration des filières et l’adaptation aux évolutions des modes de consommation. In fine, il s’agit d’«avoir de la prévisibilité dans un monde de plus en plus imprévisible», conclut-elle.


Céréales : 90 millions de quintaux
L’abondance des pluies pendant cette saison agricole a permis d’atteindre une superficie emblavée en céréales d’environ 3,9 millions d’hectares. Ce qui devrait propulser la production céréalière à 90 millions de quintaux.

De leur côté, les arbres fruitiers ont enregistré des performances remarquables, notamment l’olivier, les agrumes et les dattes. Ainsi, le PIB agricole devrait s’accroître d’environ 15% par rapport à l’année précédente.

Par ailleurs, suite à l’amélioration de la situation hydrique avec des réserves des barrages de 13 milliards de m3 et un taux de remplissage de 75,7%, une reprise de l’agriculture irriguée est attendue.

D’autant que le ministère compte lancer, dès la prochaine campagne agricole, un ambitieux programme d’irrigation.