Agriculture
Oléiculture : Al Moutmir booste les rendements de plus de 25%
Au cours de la campagne 2024-2025, le programme a déployé 391 plateformes de démonstration au profit de 241 agriculteurs. Les résultats ne sont plus à prouver, avec des rendements de 7,9 t/ha au lieu de 6,3 t/ha et une marge bénéficiaire en hausse de 27%.
Le modèle Al Moutmir continue de donner des résultats nettement plus intéressants que la culture traditionnelle, compte tenu de l’utilisation des meilleures pratiques agricoles. L’impact sur le rendement, la qualité de la production et le revenu généré n’est plus à prouver.
Ce modèle qui repose sur des plateformes de démonstration est co-construit avec l’écosystème agricole et scientifique et jouit du soutien de l’Université MohammedVI Polytechnique (UM6P) de Benguerir. Pendant la campagne agricole 2024-2025, ce sont 391 plateformes de démonstration (PFD) d’oliviers qui ont été mises en place à travers 23 provinces et 106 communes, couvrant l’ensemble des zones oléicoles du Royaume.
Cette initiative vise à accompagner les agriculteurs dans l’adoption de pratiques agricoles optimisées et adaptées aux spécificités locales. Grâce à ce programme, plus de 241 agriculteurs ont bénéficié directement de plateformes et plus de 4.000 ont été accompagnés indirectement via les écoles aux champs, les formations théoriques et les échanges sur les réseaux sociaux et au niveau d’@tmar.
La répartition des plateformes reflète une diversité territoriale, avec 73% situées en zone irriguée, 16% en zone bour et 11% en zone montagneuse.
Lors de cette campagne, les plateformes de démonstration sur le plan national ont confirmé leur pertinence. Comparées aux parcelles-témoins, elles ont enregistré un rendement moyen de 7,9 t/ha contre 6,3 t/ha, soit une progression de 25%.
Au niveau des plateformes irriguées, le rendement se situe à 9 t/ha, contre 4,7 t/ha sur les plateformes bour. Ce qui ressort en amélioration de 23% et de 47% respectivement. Au niveau des zones montagneuses, la production est en amélioration de 31% à 5,5 t/ha.
Un gain de 23.093 DH/ha
Il faut dire aussi que les conditions climatiques étaient particulièrement favorables, avec des pluies bien réparties avant le débourrement ainsi que durant la floraison et la nouaison, et des températures clémentes ayant soutenu un développement optimal des arbres.
Les précipitations enregistrées en début d’année dans les principales régions oléicoles du nord et du centre, complétées par des épisodes pluvieux au printemps et en fin de campagne, ainsi que par l’enneigement en zones montagneuses, ont contribué à l’amélioration des réserves hydriques.
Malgré un déficit temporaire dans certaines provinces, les pluies tardives ont permis de rétablir la situation, faisant de cette campagne une année de très bonne production à l’échelle nationale.
Cette performance s’est accompagnée d’une augmentation de 14% du poids de 100 fruits, traduisant l’impact positif des pratiques agronomiques optimisées mises en œuvre. Pour sa part, la productivité de l’eau s’est également améliorée, atteignant 1,98 kg d’olives/m³ dans les PFD contre 1,51 kg/m³ pour les témoins, soit une hausse de 31%.
Sur le plan économique, le programme
Al Moutmir a réussi à améliorer la marge bénéficiaire moyenne des agriculteurs. Globalement, elle a atteint 23.093 DH/ha, contre 18.184 DH/ha pour les parcelles témoins, soit un gain de 27%. Elle s’est élevée à 26.779 DH/ha (+26%) sur les plateformes irriguées, à 16.225 DH (+44%) au niveau des cultures bour et a atteint 9.416 DH/ha (+12%) sur les zones montagneuses.
Au niveau national, la performance la plus élevée de toutes les plateformes a été constatée dans la province de Taourirt avec une production en hausse de 36% par rapport au témoin à 25,2 t/ha. Elle est suivie par Al-Haouz avec 23 t/ha, en progression de 15%, puis Guercif avec 16 t/ha, en amélioration de 33%.
Ces résultats confirment que l’adoption du programme de gestion intégrée des cultures (ICP) constitue un levier stratégique, en optimisant la nutrition minérale, la gestion rationnelle de l’eau et la protection phytosanitaire.
Ils soulignent ainsi l’importance de poursuivre l’optimisation et l’adaptation continue du programme des PFD afin de renforcer durablement la productivité, la résilience et la compétitivité de la filière oléicole marocaine.
7.300 plateformes depuis 2018
Il faut savoir que l’itinéraire technique dans les PFD est basé sur un programme de gestion intégrée appelé «Integrated Crop Program» (ICP), se concentrant sur quatre piliers, à savoir la gestion rationnelle de l’eau, la fertilisation raisonnée, la protection intégrée des cultures et l’utilisation des produits de spécialité.
Afin de maximiser les bénéfices des plateformes de démonstration et de favoriser le partage de ces informations avec les acteurs du secteur, l’équipe Al Moutmir a mis en place une application numérique appelée «Agritrial».
Cette application permet la digitalisation de la conduite agronomique des parcelles de démonstration et la transmission en temps réel d’informations détaillées sur l’évolution des plateformes, telles que les stades phrénologiques, les couleurs, les niveaux de stress, la taille, les photos et vidéos des plantes, entre autres.
En tout cas, depuis son lancement en 2018, l’initiative Al Moutmir, qui constitue une passerelle entre l’agriculteur et la recherche scientifique, a accompagné directement 40.000 agriculteurs, à travers près de 31.000 plateformes de démonstration, dont 7.300 pour la seule culture de l’olivier.
En outre, ce sont 124 ingénieurs et techniciens qui ont été mobilisés auprès des agriculteurs, 11.000 sessions de formation dispensées et plus de 167.000 analyses de sol réalisées à travers 7 laboratoires pour une superficie de 565.000 hectares.
Les recommandations des experts
Les experts du programme Al Moutmir apportent plusieurs recommandations pour réussir la culture de l’olivier.
À leur tête, l’adoption des formulations d’engrais recommandées, établies à partir des résultats des analyses de sol, la rationalisation de l’utilisation de l’eau d’irrigation et le respect de l’opération de taille des arbres, compte tenu de son rôle important dans le rajeunissement de l’arbre et dans la garantie de la stabilité de sa production.
Parallèlement, lors de la fertilisation de fond pour les systèmes d’olivier irrigués au goutte-à-goutte, il convient d’apporter 40% des besoins en azote, 75% des besoins en phosphore et 50 % des besoins en potassium. Cesformulations spécifiques doivent être appliquées conformément au programme intégré de conduite de la culture de l’olivier au moment opportun.
