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Aéroports : L’ONDA met les bouchées doubles

Le Royaume nourrit l’ambition de porter sa capacité d’accueil aéroportuaire à 80 millions de passagers par an. Pour y arriver, un plan d’investissement de 28 MMDH est engagé pour des aéroports en pleine métamorphose.

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Pourvu que l’on s’intéresse au secteur aérien, pilier central de l’essor touristique du Royaume, il est aisé de percevoir la cohérence des politiques publiques et des stratégies en la matière, mises en place par le gouvernement.

Pour rappel, la signature en juillet 2023 du contrat-programme entre l’État et Royal Air Maroc, en vertu duquel la compagnie nationale doit, entre autres, quadrupler sa flotte d’aéronefs et ouvrir 100 nouvelles lignes internationales d’ici 2037, a été suivie (en moins de deux ans) de l’élaboration de la Stratégie nationale Aéroports 2030, dévoilée en grande pompe en février 2025.

Cette cohérence reflète en réalité l’approche intégrée, adoptée par les pouvoirs publics, prenant pleinement la mesure de l’importance d’accroître simultanément la capacité opérationnelle de la RAM (via le renforcement de sa flotte) et celle des principales plateformes aéroportuaires du Royaume.

D’ailleurs, le premier axe (sur 3 au total) de la Stratégie Aéroports 2030 porte principalement sur le développement des infrastructures aéroportuaires du pays. Ce chantier titanesque mobilisera plusieurs milliards de dirhams d’investissements d’ici le Mondial 2030.

Pour avoir un ordre de grandeur, rien que sur la période 2025-2027, l’ONDA doit exécuter un programme d’investissement de près de 12,3 MMDH, dont la plus grande partie servira à financer les travaux des différents chantiers d’agrandissement et de modernisation des principaux aéroports du Maroc.

Cure de jouvence du joyau casablancais
À l’évidence, l’aéroport Mohammed V de Casablanca est le gros morceau du vaste chantier de modernisation des plateformes aéroportuaires, qui doit être mené à bien par l’Office, dirigé par Adel El Fakir, depuis juin 2024.

Concrètement, le mythique aéroport casablancais verra sa capacité portée de 14 à 35 millions de passagers d’ici 2029. Ce qui en fera un hub intercontinental reliant l’Afrique, l’Europe, l’Asie et les Amériques.

Dans le détail, l’extension de cette plateforme aéroportuaire consiste, pour un montant estimé autour de 15 MMDH, en la construction d’un nouveau terminal en mode HUB. Il comprendra une nouvelle piste parallèle (de 3.700 m sur 45 m avec ses voies de circulation), les infrastructures aéronautiques associées, ainsi que des parkings avions et une nouvelle tour de contrôle, d’une hauteur d’environ 42 m.

Parmi les nombreux atouts de la future infrastructure qui sera opérationnelle en 2029 figure sa connexion à la ligne à grande vitesse Kénitra–Marrakech, offrant ainsi aux voyageurs un accès rapide et fluide vers les principales villes du Royaume.

En outre, le terminal, qui sera construit sur trois niveaux principaux, intégrera également une oasis de verdure, des zones de commerce, une grande zone de Duty Free, des salons VIP et un hôtel, tous dotés de vues imprenables sur les pistes.

Côté démarrage des travaux, il est utile de rappeler que l’ONDA a procédé au mois de mars 2025 au lancement d’un appel d’offres relatif aux travaux de terrassement généraux pour la construction de la nouvelle zone terminale.

Le coût des prestations est estimé à 350 MDH. Le démarrage des travaux de terrassement devrait intervenir ce mois et celui du chantier de construction à la fin de l’année en cours. Précisons qu’au début mai 2025, l’ONDA a lancé deux appels à manifestation d’intérêt internationaux (AMI) pour la gestion du projet et la construction du nouveau terminal.

Six autres projets structurants
Le premier AMI international permettra à l’Office de recruter un gestionnaire de programme pour l’accompagner dans la supervision globale du projet (bâtiments, pistes, zones diverses…) et la coordination de l’ensemble des parties prenantes. Le second AMI international vise la sélection d’un constructeur ou d’un groupement, responsable de l’ingénierie détaillée et la construction du nouveau terminal.

Outre le chantier de l’extension de l’aéroport Mohammed V de Casablanca, l’ONDA a dans le pipe une grappe de projets, de nature à doper substantiellement les capacités aéroportuaires du Royaume qui vise, à l’horizon 2030, une capacité de 80 millions de passagers par an, contre 40 millions actuellement.

Les six projets structurants concernent l’extension des aéroports de Tanger, Agadir, Fès et Marrakech (villes hôtes du Mondial 2030), sachant qu’au cours de l’année 2025, les travaux des nouveaux terminaux de Rabat-Salé (région hôte de la Coupe du monde) et de Tétouan-Saniat R’mel seront finalisés.

À titre illustratif, en plus des objectifs de modernisation, le projet d’extension de l’aéroport Rabat-Salé ajoutera au Royaume une capacité d’accueil additionnelle de 4 millions de passagers par an. Pour avoir une estimation, les projets de modernisation et d’extension des aéroports de Marrakech, Tanger et Agadir mobiliseront plus de 6 MMDH d’investissements. Ils verront leurs capacités d’accueil par an porter respectivement à 16 millions, 7millions et 7 millions de voyageurs.

 


Des changements déjà perceptibles
Les aéroports de Marrakech et Casablanca ont déjà enregistré des changements majeurs allant dans le sens de la fluidification de la circulation des voyageurs et l’amélioration de leur expérience (suppression des scanners et portiques d’entrée, installations de portillons automatiques…).

Autre nouveauté récemment actée : l’opérationnalisation de la nouvelle esplanade de l’aéroport Mohammed V de Casablanca. Elle a été repensée dans l’optique de fluidifier les départs et renforcer la qualité de services. À l’évidence, cet élan de modernisation, appelé à se généraliser, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale Aéroports 2030.