Une première, Benkirane unit les syndicats

L’UMT, la CDT et la FDT préparent leur offensive.

Qui aurait pu imaginer, il y a encore quelques années, que les héritiers de feu Mahjoub Benseddik, ancien dirigeant de l’UMT, et Noubir Amaoui, éternel patron de la CDT, se retrouveraient autour d’une même table ? Après des décennies de rupture donc, Noubir Amaoui renoue avec ses anciens camarades de l’UMT. C’est pour dire que l’heure est grave. En fait, avec la FDT, syndicat affidé à l’USFP, les trois centrales ont décidé d’unir leur force pour faire face aux «décisions unilatérales impopulaires du chef du gouvernement». Il faut dire aussi que cette levée de boucliers des centrales syndicales, saluée par ailleurs par un certain Hamid Chabat, patron de l’UGTM et de l’Istiqlal, intervient au moment où une mouture de la loi organique de la grève vient d’être fuitée. Les syndicats n’ont certes par encore reçu officiellement le texte, mais ils commencent déjà à en fustiger certains articles. En même temps, le dialogue social est au point mort depuis belle lurette. «Le chef du gouvernement veut un dialogue social à travers lequel il ne fait que nous informer de ses décisions, souvent, une fois déjà prises. Les syndicats revendiquent un véritable dialogue, une concertation et une véritable association à la prise de décision», pour reprendre les termes d’un dirigeant de la FDT.

Bref, au-delà du caractère inédit de cette rencontre historique, se profilent les prémices d’une union syndicale, ne serait-ce que conjoncturelle, qui regroupe les centrales les plus représentatives dans un front contre le gouvernement. Cela alors que les partis politiques de l’opposition qui ne cachent pas leur satisfaction et leur espoir de voir aboutir cette initiative viennent de tenir une réunion tout aussi importante. En définitive, c’est un large front d’opposition institutionnelle, parlementaire, syndicale et sociale qui en est train de prendre forme.