Régionalisation avancée : Les défis encore à relever

Après deux journées studieuses, les premières assises nationales de la régionalisation avancée se sont clôturées samedi 21 décembre.

D’importantes recommandations ont sanctionné les travaux de ce premier colloque du genre. On retient dans ce cadre 12 points clés. Les voici tels qu’énoncés à l’issue de la rencontre :  

1- Renforcer les mécanismes de la planification territoriale en droite ligne avec la politique générale de l’Etat en la matière, ainsi que la convergence et l’adéquation des programmes de développement régional avec les plans sectoriels.

2- Adopter la justice territoriale en tant que priorité dans les politiques publiques et territoriales en vue de réduire les disparités spatiales et sociales.

3- Appeler les régions à adhérer fortement à la mise en œuvre effective des principes et objectifs du nouveau système de gestion budgétaire et financière à travers une programmation pluriannuelle, qui obéit aux exigences de l’efficacité et de la qualité.

4- Inciter l’Etat à poursuivre ses initiatives pour renforcer les capacités des régions en matière de gouvernance et de gestion financière et œuvrer à la diversification des sources de financement de la région à travers des solutions novatrices.

5- Conclure des contrats-programme entre l’Etat et les collectivités territoriales au sujet des compétences transférées pour garantir la participation de tout un chacun dans les programmes de développement régional et la mobilisation des ressources nécessaires à leur exécution.

6- Garantir l’adhésion des services centraux des départements ministériels et des institutions publiques à la mise en œuvre de la Charte de la déconcentration administrative en accordant plus de prérogatives et le transfert des ressources suffisantes aux services extérieurs pour qu’ils puissent s’acquitter efficacement de leurs missions.

7- Lancer le chantier relatif à l’adaptation législative et organisationnelle des compétences dévolues aux différents départements ministériels avec les compétences des régions.

8- Fixer un minimum commun de compétences à transférer aux régions, en érigeant en priorité les réformes relatives à des secteurs et prestations qui concernent de près les citoyens et qui mènent à l’amélioration de leur niveau de vie.

9- Renforcer les capacités des collectivités territoriales en termes de mécanismes de la démocratie participative et de la communication avec les citoyens et la société civile.

10- Renforcer l’ouverture de la région sur le citoyen et la société civile pour leur permettre de contribuer au développement régional inclusif.

11- Améliorer les capacités de gestion de l’administration régionale à travers des compétences hautement qualifiées et le renforcement de son attractivité par l’adoption d’un règlement interne dédié aux fonctionnaires des collectivités territoriales en prenant en considération leurs spécificités et les missions qui leurs sont assignées.

12- Mettre en place les mécanismes de la gouvernance et activer les mécanismes de coordination et de communication entre l’administration régionale et les différents intervenants.

Tous les intervenants concernés par ce chantier structurant ont donc du pain sur la planche pour atteindre une régionalisation avancée effective et efficiente sous toutes ses formes. Pour M. Brahim Hafidi, président du Conseil régional Souss Massa, qui a fait lecture de ces douze recommandations lors de la séance de clôture, il est important maintenant que tout le monde se mobilise et s’attelle au travail pour atteindre les objectifs assignés. Le Message Royal adressé aux participants du colloque a été on ne peut plus clair sur la priorité d’accélérer la mise en œuvre de la déconcentration administrative. ‘’Nous devons donc clarifier au plus vite les compétences des régions’’, souligne M. Hafidi. La présidente de la région de Guelmim-Oued Noun, Mme Mbarka Bouaida, insiste pour sa part sur la mise en place à l’échelle de toutes les régions des outils nécessaires de travail. ‘’On ne peut imaginer la durabilité d’une région sans une administration forte’’, souligne Mme Bouaida. Dans ce contexte, l’élue met en exergue, l’intérêt de doter de moyens humains les régions et généraliser un système de motivation à tous les niveaux. ‘’Le statut des fonctionnaires des collectivités locales n’existe pas encore et il est très attendu’’, ajoute-t-elle. Créer des synergies entre l’appareil régional et les autres collectivités et services extérieurs, clarifier le rôle de chacun, éviter les chevauchements entre ce que font les régions et les communes, mais pas seulement. Beaucoup reste à faire dans ce chantier stratégique mais rien n’est insurmontable. Bilan sera fait de nouveau dans deux ans, puisque rendez-vous est déjà pris. Le ministre de l’Intérieur, M. Abdelouafi Laftit, a annoncé samedi à l’issue du colloque que les Assises nationales de la régionalisation avancée seront organisées régulièrement de manière bisannuelle.