RAM : Comment vont être injectés les 6 milliards de DH

• Un sauvetage conditionné par la restructuration et le plan social.

On en sait un peu plus sur le déroulement du sauvetage de la RAM. D’abord sur le plan financier, les 6 milliards de DH ne seront pas injectés en totalité ni sous la même forme. En fait, sur cette enveloppe globale, annoncée il y a quelques jours par le gouvernement, 2,5 milliards prendront la forme de prêts que la compagnie devra contracter elle-même auprès de bailleurs de fonds, soit nationaux, soit étrangers et qu’elle devra rembourser par ses propres moyens. A ce premier niveau, l’Etat, lui, interviendra en donnant sa garantie sans laquelle, il faut le reconnaître, la levée de tels volumes serait tout simplement impossible au vu de la conjoncture et de la situation financière de la RAM. Dans un deuxième temps, les 3,5 milliards DH restants seront injectés en plusieurs tranches et sur plusieurs exercices. Pour l’instant, et selon des sources gouvernementales, aucune indication n’est encore disponible quant à la forme que prendront ces apports.
Ce qui est sûr, en revanche, c’est que la RAM est aujourd’hui condamnée à entamer un grand chantier de restructuration qui n’est ni plus ni moins que la condition posée par les pouvoirs publics pour que la compagnie puisse bénéficier des fonds de sauvetage. L’Etat, qui est l’actionnaire principal et majoritaire de la RAM, a en effet expressément exigé une réduction drastique de voilure. A commencer par la flotte qui devra passer de 60 à 40 appareils. La compagnie devra donc se séparer de 20 appareils, soit en les cédant, soit en les louant, mais l’essentiel est qu’ils ne fassent plus partie du plan d’exploitation. Cette réduction de la flotte du tiers se traduira naturellement et mécaniquement par une baisse des effectifs. Ceci est d’autant nécessaire que, comme l’explique une source proche du dossier, les prévisions tablent sur une baisse d’activité de plus de 50% pour 2020 et 30% pour 2021.
D’où d’ailleurs l’annonce par le management de la RAM d’un plan social qui concernera quelque 900 salariés dont 140 bénéficieront d’un dispositif de départs volontaires, le reste étant dans la catégorie du licenciement économique. Un comité d’entreprise s’est ainsi tenu le 21 juillet pour acter dûment et légalement le plan social conformément aux dispositions du Code du travail. Ce qui n’a pas manqué de faire réagir une partie du personnel, notamment dans la catégorie des pilotes de ligne. Ces derniers ont, en effet, rendu public à travers leur association, l’AMPL, un communiqué où ils semblent contester le plan social. Mais le fait est que «cette restructuration n’est pas une option parmi d’autres mais un impératif économique vital, s’il l’on veut sauver la compagnie de la faillite», explique une source proche de la RAM.