Projet de Loi de finances : une fuite dénoncée

Des copies, en papier ou sur CD, étaient déjà  proposées dans les kiosques de Rabat avant sa présentation.

Les parlementaires, principalement ceux de l’opposition, ont dit toute leur ire de se voir de nouveau derniers à être informés du contenu du projet de Loi de finances. Au moment où Mohamed Bousaid présentait les grandes lignes du projet, les députés protestaient contre le fait que son contenu avait déjà été diffusé dans la presse quelques jours auparavant. Certains parlementaires ont considéré cette fuite comme «une dévalorisation du statut du Parlement et un mépris pour cette institution». Après les députés, ce sont leurs partis qui reviennent à la charge. L’Istiqlal condamne ainsi cette «fuite» et avance plusieurs scénarios pour la justifier. Le premier veut que le chef du gouvernement n’est pas responsable de cette fuite et que son auteur vise à affaiblir le gouvernement de l’intérieur. Auquel cas le chef du gouvernement serait le premier affecté par cet acte et doit donc ouvrir une enquête. Ou alors, affirme-t-on auprès de l’Istiqlal, c’est que cette fuite est orchestrée par la Primature et le parti au pouvoir. Dans ce cas, cela dénoterait d’un mépris pour les institutions constitutionnelles, le Parlement en premier. Il faut dire que non seulement les grandes lignes du projet de Loi de finances ont été publiées dans la presse, ce qui est de son droit, mais que le texte du projet était déjà mis à disposition du public dans certains kiosques de Rabat, soit sous forme de papier ou sur CD, bien avant que le ministre le présente devant le Parlement, lundi 20 octobre dans l’après-midi. Ce n’est pas la première fois que les partis de l’opposition dénoncent un tel acte. En 2011 déjà, à peine le gouvernement nommé par S.M. le Roi, la classe politique a été surprise de découvrir les détails de son programme dans la presse avant même que le chef de l’Exécutif n’en fasse lecture devant les parlementaires. Benkirane avait alors promis une enquête dont les résultats se font toujours attendre.