Normalisation : les partis piégés par le populisme

Le PAM a retiré sa proposition de loi, les autres partis
ne se sont pas encore décidés.

Voilà comment les partis se sont fait piéger par le populisme. Les propositions de loi portant criminalisation de la «normalisation avec Israël», déposées l’été dernier au Parlement, sont devenues un objet indésirable dont on veut se défaire. Et ce, pour la simple raison qu’une telle loi n’est pas applicable. Autrement, il faudrait enfreindre un bon nombre de conventions et traités internationaux. Ce n’est pas tout, il faut aussi se retirer de nombreuses organisations internationales et régionales dont certaines relèvent des Nations Unies. Autre problématique posée par ces propositions : de quelle commission parlementaire relèvent-elles? Parce qu’une fois élu président de la commission de la justice, le juriste Abdellatif Ouahbi (photo) s’est empressé de se dessaisir de ces deux textes et de les renvoyer à la commission des affaires étrangères présidée par le haraki Ali Kabiri. Le comble, c’est que le sujet ne rentre même pas dans le cadre du domaine de la loi! Certains parlementaires ont d’ailleurs reconnu que l’objet des deux textes ne rentre pas dans le cadre de l’action parlementaire défini par l’article 71 de la Constitution qui énumère les domaines de la loi.
Tout ceci a poussé le PAM, signataire de l’un des deux textes à retirer le sien, le 24 décembre. Quant à l’autre proposition déposée par quatre groupes parlementaires de la majorité et de l’opposition (PJD, Istiqlal, USFP et PPS), on ne connaît pas encore le sort que ses auteurs lui réservent. L’initiative d’une telle loi vient d’un certain milieu associatif et avec le tapage médiatique qu’elle a suscité, il fallait suivre la vague surtout par le PJD dont l’organe de presse officieux, Attajdid, est l’un des principaux artisans de cette campagne médiatique. Les autres partis, ne voulant pas laisser l’apanage de ce dossier aux islamistes, se sont empressés de l’accompagner.