Maroc : L’entreprenariat des jeunes, unique solution au chômage des diplômés ?

La promotion de l’entreprenariat des jeunes constitue actuellement la « seule » issue permettant de lutter contre le chômage des diplômés, à  travers la création d’entreprises « viables » et « pérennes », et la promotion des exportations nationales, a affirmé, jeudi à  Rabat, le doyen de la Faculté des sciences juridique, économiques et sociales (FSJES) de Kénitra, Mohamed Boussetta.

« La promotion de l’entreprenariat des jeunes est une culture qui nécessite d’être développée, afin d’améliorer le tissu entrepreneurial national », a déclaré à la MAP, le doyen, en marge de la présentation des résultats d’une étude sur « l’entreprenariat des jeunes et développement de l’esprit d’entreprise au Maroc: l’expérience de Moukawalati ».

M. Boussetta a précisé que cette étude s’est assignée pour objectif d’établir un diagnostic pertinent de la question de l’entreprenariat des jeunes au Maroc et de valoriser la recherche, à travers un véritable plan de dissémination et un lobbying auprès des décideurs politiques et économiques.

Selon cette étude, le nombre de micro et petites entreprises (MPE) créées et passé de 612 en 2007 à 232 en 2011, alors que le nombre d’emplois créés a chuté de 2.038 à 632 durant cette période, accusant ainsi une régression remarquable, a déploré le doyen, faisant savoir « qu’aucun entrepreneur n’a bénéficié d’un crédit bancaire en 2011 dans le cadre du programme Moukawalati ».

Pour ce qui est de la structure des entreprises créées, l’étude relève que le secteur des services vient en tête avec 52,2 % suivi par celui des professions libérales et de l’industrie, tandis que les motivations des jeunes pour l’auto-emploi sont notamment d’ordre financier et social.

Concernant les contraintes de création d’entreprises, le doyen a mis l’accent sur les obstacles administratifs, financiers et fonciers, notant que 72,3 % des enquêtés qualifient de « lourdes » les procédures d’obtention du crédit.

Dans ce cadre, le doyen a souligné la nécessité de renforcer les compétences managériales des jeunes entrepreneurs, de développer les services financiers et de fournir à ces jeunes un accompagnement adapté et une information pertinente, tout en améliorant le climat des affaires au Maroc.

Le programme national d’appui à la création d’entreprises « Moukawalati », initié par le gouvernement lors des initiatives de l’emploi à Skhirat, vise essentiellement la réduction progressive du taux de chômage et la pérennisation des entreprises créées. Il assure également la garantie des crédits bancaires dans la limite de 85 % et une avance sans intérêts à hauteur de 10 pc du montant global du projet.

Cette étude, réalisée par le laboratoire de recherche en entreprenariat et politiques publiques de la FSJES de l’Université Ibn Tofail de Kénitra, a bénéficié d’un financement de Trust Africa, organisme travaillant dans l’amélioration du climat des investissements en Afrique.

Elle a été basée sur une enquête quantitative qui a porté sur un échantillon de 300 jeunes entrepreneurs, avec un questionnaire administré directement.