Maroc – Gouvernement : le RNI prend son temps

Le MP veut sa part du gà¢teau.

C’est un constat, le RNI n’était pas foncièrement contre une entrée au gouvernement. Les trois heures de discussions, lundi dernier, entre Salaheddine Mezouar et Abdelilah Benkirane ont débouché sur un accord de principe pour la formation d’une nouvelle majorité gouvernementale avec la participation de ce parti. Pour les détails, il faut attendre une nouvelle réunion, une fois que le conseil national du RNI, qui devrait se réunir incessamment, aura validé définitivement cet accord. Le RNI a voulu faire les choses dans les règles de l’art. D’abord, le bureau exécutif mandate le président pour mener d’éventuelles négociations, ensuite le même bureau se réunit pour entendre le compte rendu du premier round de ces pourparlers et remet au soin du conseil national de prendre la décision finale. Deux tendances sont défendues de part et d’autre. La première veut que le RNI se contente de reprendre les cinq sièges laissés vacants par l’Istiqlal et l’autre opte pour un remaniement profond du gouvernement. Pendant ce temps, les Harakis créent la surprise. Le MP qui s’est invité au débat est plutôt favorable à cette deuxième option. Son bureau politique exige une «réhabilitation du parti» et la prise en compte de son poids et son positionnement dans la nouvelle architecture du gouvernement. Le parti, qui insiste aussi sur la révision du programme gouvernemental en fonction de la conjoncture actuelle, a mandaté son secrétaire général pour négocier une meilleure participation au gouvernement. Et comme le nombre des portefeuilles ministériels n’est pas extensible, certains cadres du parti suggèrent de créer des secrétariats d’Etat et d’intégrer les hauts commissariats dans l’équipe gouvernementale afin de contenter tout le monde.