Les principaux enjeux actuels de la protection des données expliqués par Omar Seghrouchni

Sujet de droit, technique ou sociétal, la question de la protection des données à caractère personnel suscite constamment des questions sur plusieurs plans.

L’association CentraleSupélec Alumni en partenariat avec EMC, cabinet de conseil en stratégie et transformation, s’est penchée sur le sujet en invitant récemment Omar Seghrouchni, président de la Commission nationale pour le contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP). L’objectif du débat a été d’apporter des réponses sur les principaux enjeux actuels de la protection des données.

Le nouveau président du CNDP n’a pas manqué de rappeler que la loi 08/09 sur la protection des données personnelles a vu le jour avec le développement des activités d’offshoring pour sécuriser le secteur entre autres.

Il a noté par la même occasion que les opérateurs intervenant dans ce secteur étaient passibles de sanctions en cas d’infractions, des pénalités allant de 2 à 4% du chiffre d’affaires consolidé au niveau de la holding. Ce qui était problématique pour le Maroc qui comptait attirer de gros investisseurs étrangers.
Il a rajouté que «le Maroc a choisi de réglementer la protection des données dès 2009 par la loi 09/08, instituant entre autres la Commission nationale pour la protection des données à caractère personnel et les démarches de mise en conformité des responsables de traitement, en expliquant les grands processus de contrôle, de demande d’autorisation ou de notification».

Il a par ailleurs insisté sur le caractère progressif de la mise en conformité des entreprises, mettant ainsi l’accent sur les rôles de la commission, souvent méconnus, en matière de formation, de conseil et d’accompagnement des opérateurs et des responsables de traitement. Le président de la CNDP a conclu que la réponse à la question sur le modèle de protection des données à caractère personnel revient à répondre à une question plus globale, celle du modèle de société auquel les Marocains aspirent. Pour lui, la protection des individus de l’économie numérique ne s’arrête pas à la protection des données. Bien plus, cette dernière fait partie d’un écosystème global comprenant le dispositif d’éducation, d’encouragement de l’innovation et de l’investissement. De ce fait, de nouveaux métiers du futur vont émerger comme la pédagogie, l’économie ou l’anthropologie du numérique, en plus des profils d’ingénieur et de juriste.
Par ailleurs, son institution se penche actuellement sur plusieurs problématiques comme la reconnaissance faciale ou l’exploitation des données à caractère personnel par les réseaux sociaux.

En somme, il s’agit d’anticiper les sujets qui concernent la société et le respect de la vie privée des citoyens.