Les mauvais comptes du Centre cinématographique marocain

Créances non recouvrées, subventions mal comptabilisées…

Près de 15 millions de DH ! C’est le volume des créances du Centre cinématographique marocain (CCM) sur les salles de cinéma. Ces dernières sont en effet obligées de reverser au CCM une partie du prix des tickets au titre d’une taxe parafiscale. Mais il se trouve que depuis 2010, ces recettes ne sont pas encaissées. Le centre qui a fait appel récemment à un cabinet privé pour auditer ses comptes se trouve aujourd’hui dans une situation gênante puisque ledit cabinet n’a pas visiblement été en mesure de certifier les comptes de 2012.

Raison de ce refus : l’état des livres comptables du CCM qui comporteraient vraisemblablement une multitude de failles. Comme pour la taxe non encaissée de chez les salles de cinéma, les états de rapprochement des auditeurs ont mis en exergue de gros écarts et des anomalies telles que la comptabilisation et la non-déclaration de la TVA, les inventaires défectueux des immobilisations, l’inexistence de certains actifs physiques qui figurent sur le bilan, ou encore la non-tenue de registres précis sur les subventions reçues de l’Etat.

Ces dernières d’ailleurs n’ont apparemment pas été entièrement consommées, du moins pour les années 2011 et 2012 pour un volume de près de 17 MDH. Résultat des courses : les auditeurs, en plus de ne pas pouvoir certifier les comptes de 2012, mettent en garde la direction du centre sur l’éventualité d’un gros risque fiscal en cas de contrôle.

Pour rappel, le CCM est considéré comme un établissement public et reçoit chaque année une subvention de l’Etat. Celle-ci sert, entre autres, à financer le fonds d’aide destiné à encourager la production marocaine. En avril dernier, d’ailleurs, le CCM a débloqué une première partie de cette aide pour un montant de 14 MDH.