Le secteur agricole s’en sort plutôt bien, malgré une conjoncture difficile

L’opération de récolte des céréales devrait concerner seulement 2,3 millions d’hectares, la récolte prévisionnelle devrait totaliser 30 millions de quintaux.

C’est incontestable, les départements de l’agriculture et de la pêche maritime ont veillé à l’approvisionnement du marché en différents produits à des  prix raisonnables et stables durant ces derniers mois. Et ce en dépit de la situation épidémiologique et les mesures de confinement, a notamment affirmé le ministre de l’agriculture, Aziz Akhannouch. Les professionnels du secteur agricole, toutes catégories confondues, ont consenti de grands efforts depuis 2008, année du lancement du Plan Maroc Vert, a souligné le ministre en réponse à une question centrale à la Chambre des conseillers. Ces efforts ont permis aujourd’hui à l’agriculture marocaine d’acquérir une forte immunité et une capacité d’adaptation. Cette période a constitué un sérieux test pour l’agriculture nationale, en ce sens que le secteur a dû faire face à deux crises : la crise sanitaire du Coronavirus et ses retombées socioécono­miques, et une crise liée aux changements climatiques avec ce qui en découle en termes de pénurie d’eau et de préci­pitations irrégulières pendant trois années consécutives.

Le ministre a affirmé que malgré tous les défis, le secteur agri­cole a réussi à approvisionner les marchés en différents pro­duits d’origine végétale ou ani­male grâce aux sacrifices et au professionnalisme des acteurs oeuvrant dans ce domaine. Ainsi, en ce qui concerne les indicateurs liés à la saison agri­cole, M. Akhannouch a assuré que l’actuelle saison a fait face à des conditions climatiques défavorables, compte tenu notamment du caractère irré­gulier des précipitations. Il a à cet égard précisé qu’environ 50% des pluies sont tombées de manière normale au cours des quatre premiers mois de la saison, de septembre à dé­cembre, avant de cesser dès la fin de l’année, une période qui s’est caractérisée par des tem­pératures élevées qui ont pesé sur diverses cultures. A compter du mois de mars et jusqu’à présent, la saison agricole a été marquée par une diminution des précipita­tions pour atteindre 103 mm comme moyenne nationale et un cumul pluviométrique national de 253 mm, soit une baisse de 14% par rapport à la saison précédente. Par ailleurs, compte tenu de l’état de la ré­serve des barrages à usage agri­cole, l’opération d’irrigation s’est arrêtée dans l’attente de l’amélioration des réserves au niveau des périmètres de Souss Massa et de N’fiss. Pour ce qui est de l’emblavement des terres agricoles, le ministre a relevé qu’il s’agit d’une super­ficie de 5,23 millions d’hectares emblavés, dont 4,34 millions ont été réservés aux céréales. L’opération de récolte devrait concerner seulement 2,3 mil­lions d’hectares, sachant que la récolte prévisionnelle devrait totaliser 30 millions de quin­taux. Il a dans ce sens mis en avant le programme de sou­tien des éleveurs qui a démarré avant le mois de mars, notant qu’il sera procédé à l’accompa­gnement des agriculteurs en la matière.