La BAD apporte son soutien à la digitalisation de l’agriculture

Les technologies numériques permettent d’améliorer la productivité, les conditions de travail des agriculteurs, ainsi que la traçabilité des aliments. La BAD a appuyé l’utilisation des drones dans le secteur agricole, ainsi que la promotion de l’inclusion digitale et du mobile banking dans plusieurs pays africains.

La Banque Africaine de Développement (BAD) et le ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime ont organisé, le 2 décembre à Rabat, une table ronde sur « la transformation digitale de l’agriculture au Maroc ». L’évènement a vu la participation d’experts, de représentants du secteur financier et bailleurs de fonds, de représentants d’éditeurs informatiques, de jeunes startups, etc. L’objectif est de réunir les acteurs de l’écosystème de l’agriculture digitale pour « mieux comprendre leurs visions et stimuler les synergies potentielles ».

A cette occasion, le directeur général de la BAD pour la région Afrique du Nord, Mohamed El Azizi, a déclaré que « la Banque envisage de soutenir la consolidation des acquis du Plan Maroc Vert par la promotion de la transformation digitale et de l’agriculture climato-intelligente » et que « le programme des prêts de 2020 prévoit un appui à la transformation digitale de l’agriculture ». Et d’ajouter que « les technologies numériques sont aujourd’hui un moyen d’améliorer l’agriculture sur les plans de la productivité, de la protection de l’environnement, des conditions de travail des agriculteurs, ainsi que de la traçabilité des aliments ».

La digitalisation du secteur agricole concerne notamment l’irrigation, le développement des filières, le conseil agricole, l’accès aux services financiers et au marché, etc. A ce titre, la BAD a appuyé l’utilisation des drones dans le secteur agricole, ainsi que la promotion de l’inclusion digitale et du mobile banking dans de nombreux pays d’Afrique. Plus récemment, la Banque a mis en place une initiative phare à l’échelle du continent africain pour la digitalisation de l’agriculture : ICT4Ag. Plusieurs études ont également été lancées dont l’étude de diagnostic et potentiel de l’agriculture digitale au Maroc, réalisée avec l’appui de la FAO. Des études similaires sont en cours au Rwanda, en Côte d’Ivoire et en Afrique du Sud.

Il n’en reste pas moins qu’au Maroc, contrairement à d’autres pays africains tels que la Tunisie, la digitalisation de l’agriculture se heurte à la lenteur de la prise des décisions, ainsi qu’à une réglementation inadaptée. C’est notamment le cas pour ce qui est de l’utilisation des drones, dont la généralisation est freinée par la réglementation en la matière.

Pour sa part, Majid Lahlou, Directeur des Systèmes d’Information du ministère de l’Agriculture, considère que « la transformation digitale du secteur agricole constitue une opportunité pour promouvoir la bonne gouvernance de la politique agricole et booster la croissance économique de notre pays, grâce au partage de l’information et aux outils d’aide à la prise de décision ». Et d’inviter les coopératives agricoles à « moderniser leurs outils de gestion et à profiter des possibilités offertes par les solutions de gestion en Cloud » .

L’enseignement et la recherche agricole doivent également se positionner dans l’Intelligence artificielle, la Blockchain, le Big Data, l’IOT (Internet of things), l’Impression 3D… et encourager l’essaimage et l’incubation de startups pour préparer les futurs leaders du secteur. De même que les programmes de la formation professionnelle agricole doivent prendre en considération les besoins en développement de compétences des techniciens, afin de pouvoir utiliser les nouveaux outils induits par la transformation digitale dans le secteur.