Indexation des prix du carburant : l’éclairage du HCP

Sur les finances publiques comme sur la balance commerciale, l’impact serait positif.

En décidant d’augmenter, même légèrement, les prix de certains produits pétroliers, le gouvernement sait certainement qu’en l’absence de mesures d’accompagnement, cela aura un impact sur certaines grandeurs macroéconomiques (consommation, investissement, emploi, etc.). Mais d’un autre côté, continuer à ne rien faire, tout le monde sait déjà ce que cela coûte : déficit budgétaire de plus en plus lourd, acculant à l’endettement, puis coupe dans le budget d’investissement pour ne pas faire s’envoler l’encours de la dette…

Mais concrètement, quels effets produirait cette hausse, partielle et limitée, des produits pétroliers ? C’est à cet exercice que s’est livré le Haut commissariat au plan (HCP), comme il a l’habitude de le faire en pareille occasion. Selon les résultats obtenus par la simulation du HCP, la hausse des trois produits pétroliers, en l’absence de toute mesure compensatoire, se traduirait, suivant un processus logique, par une augmentation des prix, donc une baisse de la demande intérieure et, au bout, un recul du PIB. Sur les finances publiques comme sur la balance commerciale, l’impact serait en revanche positif. Tout cela, la simulation du HCP l’a bien chiffré. Deux observations à propos de ces chiffres précisément. Primo, les gains en termes de solde budgétaire paraissent plus importants que les baisses qu’accuserait le PIB en raison de la diminution de la consommation et de l’investissement. Deuxio, l’amélioration du solde commercial que générerait cet ajustement des prix des produits pétroliers, comme le montre l’évaluation du HCP, n’est-ce pas le grand enjeu de l’économie marocaine de ces dernières années ? Comme quoi, aucune décision (ou presque) n’est neutre, et tout est affaire d’arbitrage.