Feu Abderrahmane Youssoufi, un « infatigable homme de gauche » qui se distinguait par sa vision du temps long

L’ancien Premier ministre Abderrahmane Youssoufi, décédé dans la nuit de jeudi à vendredi à Casablanca, à l’âge de 96 ans, était un « infatigable homme de gauche qui se distinguait par sa vision du temps long, a affirmé le journaliste et politologue, Abderrahim Hafidi.

Feu Youssoufi, qui a connu les affres de l’exil dans les années 60, « fut un infatigable homme de gauche plus sensible et proche de Pierre Mendes France et d’Edgard Faure que de Guy Mollet dans son long compagnonnage de l’International socialiste », a relevé M. Hafidi en réaction à la disparition de Me Youssoufi qui avait été à la tête du gouvernement d’alternance.

« Son ami , un autre « Mendésiste » journaliste engagé et plume alerte , Jean Lacouture , disait de lui qu’il incarnait « la Noblesse marocaine et l’élégance française ! » », a-t-il dit, ajoutant qu’ »à cela , il faut ajouter la «touche » espagnole étant originaire de Tanger ».

Feu Youssoufi « se distinguait du lot des dirigeants de la Gauche marocains , pressés par la convoitise vorace du pouvoir, par sa vison du temps long, chère au grand Historien Fernand Braudel , car il avait saisi que « le temps du Maroc » , sédimenté avec une Monarchie de la longue durée exige une patience devant l’accélération vertigineuse de l’histoire », a souligné le politologue.

Il avait ainsi familiarisé la gauche à l’exercice périlleux du pouvoir qui exige en retour l’abandon des vieilles lunes pour se frotter à la vie et ses contingences, a ajouté le M. Hafidi, notant que feu Youssoufi était un homme d’éthique qui « s’est retiré du pouvoir et de ses habitudes comme il en est venu : discret et modeste ! »

Abderrahim Hafidi s’est dit, à cette occasion, convaincu que le Maroc réel saura rendre à feu Youssoufi l’hommage qu’il mérite.

(Avec MAP)