Faillites : le bilan va s’alourdir

Les effets de la crise pandémique sur le tissu productif deviennent plus visibles avec le temps.

Si les mesures de fermeture et les restrictions prises par les pouvoirs publics ont participé, au cours du premier semestre, à baisser le nombre des liquidations prononcées par les tribunaux de commerce, le trend se renverse avec le retour des instances administratives à l’activité. D’après des sources au tribunal de commerce de Casablanca, les dossiers de faillites se multiplient et l’on s’attend à une augmentation en flèche des sociétés qui mettent la clé sous le paillasson, faute de ressources, à partir de septembre. Pour les spécialistes, la vague des faillites a été juste décalée dans le temps. Le bilan peut être très lourd vers la fin du troisième trimestre lorsque l’appareil judiciaire se remettra pleinement en activité.

Entre janvier et juin, 2 554 liquidations judiciaires ont été prononcées contre 4 111 sur la même période l’année dernière. Après une hausse de 14% des faillites en janvier, la tendance s’est inversée sur les cinq mois suivants avec une baisse de la cadence au cours des mois d’avril, mai et juin. Moins de 200 dépôts de bilan ont été enregistrés au deuxième trimestre. La baisse du régime des tribunaux de commerce pour lutter contre la propagation du Coronavirus explique en grande partie la chute des défaillances (-38% sur une année). Au niveau sectoriel, le commerce de gros (727 entreprises), la construction (376) et les services aux entreprises (281) ont concentré 54% des défaillances au premier semestre. Dans les secteurs lourdement touchés par la crise, l’on recense près de 130 liquidations dans l’hôtellerie et la restauration et 149 dans les activités immobilières.