Elections : le PJD veut écarter les petits partis

Il veut aussi réduire le nombre des communes.

Ce sont des textes de loi sur mesure que le PJD propose de faire adopter dans le cadre des concertations entre les partis et le gouvernement sur les lois électorales. Les islamistes veulent d’abord écarter les petits partis. Pour ce faire, ils proposent un seuil électoral de 10% contre 6% lors des précédentes échéances électorales. Ce qui neutralise, par la même occasion, des grands partis comme l’USFP dans certaines grandes villes. Pour assurer, sinon une mainmise, du moins une forte présence dans les futurs conseils communaux, le PJD propose que la présidence de la commune, ou du conseil de la ville, revienne au candidat tête de liste du parti arrivé premier aux élections. Ou à défaut, que le président de commune soit désigné parmi les candidats tête de liste des trois premiers partis. Ceci, en ramenant à 9 le nombre minimum des conseillers à élire dans une commune.

Autre mesure proposée : réduire le nombre des communes et donc de circonscriptions électorales, surtout dans le monde rural. Les islamistes estiment, en effet, que le monde rural est surencadré. Ainsi, en 2009, les 21100 élus dans les communes rurales représentent 76% de l’ensemble des conseillers communaux (urbains et ruraux). Comme argument, le PJD avance que le découpage actuel a donné des petites communes incapables de se prendre en charge. Or, réduire le nombre des communes rurales sert plutôt les intérêts du parti. Car, et c’est une réalité confirmée par les analystes politiques, le PJD dispose d’une forte présence dans les zones urbaines populeuses et relativement dynamiques. Par contre, il est moins performant dans le périurbain et presque médiocre dans certaines provinces de l’intérieur du pays et au Sahara. Le PJD a aussi beaucoup de mal à percer dans des régions rurales où certains hommes politiques ont cultivé leurs fiefs depuis de longues années.