Assurance maladie obligatoire : la nouvelle stratégie 2020-2024 de l’ANAM vise une couverture de 90% en 2025

La population couverte par l’AMO atteint 10,1 millions de personnes. L’ANAM vise un taux de couverture de 90% d’ici 2025. Pour cela, sa stratégie prévoit le renouvellement des conventions tarifaires, la promotion du générique, l’élargissement de la liste des médicaments remboursables en vue de réduire la contribution des ménages aux soins.

Enclencher une dynamique nouvelle en matière de sécurité sociale, particulièrement en ce qui concerne la couverture médicale. C’est l’engagement pris par le gouvernement dans l’objectif de permettre à l’ensemble de la population d’avoir accès à des soins adaptés et de qualité. Et c’est pour cela que l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) a lancé sa nouvelle stratégie 2020-2024 visant la garantie d’un accès équitable aux soins de santé et un taux de 90% de couverture à l’horizon 2025. C’est ce qui a été souligné lors de la 22e session du Conseil d’Administration relatif à l’Assurance maladie obligatoire (AMO).

Cela nécessite, selon Khalid Lahlou, directeur général de l’ANAM, de renforcer le dispositif de régulation afin d’assurer la pérennité des régimes, le renforcement du processus de renouvellement des conventions nationales, l’élaboration et la diffusion des protocoles thérapeutiques, la promotion du médicament générique, l’élargissement de la liste des médicaments remboursables et enfin la mise en place d’un suivi médical coordonné.

Lors de ce conseil, l’ANAM a présenté les principaux indicateurs de l’AMO au titre de l’exercice 2018. On retiendra alors que la population couverte atteint 10,1 millions de bénéficiaires. Il est également souligné que le nombre de bénéficiaires a enregistré une progression annuelle moyenne de 4,6% entre 2013-2018. A fin 2018, les ressources de l’AMO ont été estimées à 12,37 milliards de DH de cotisations et contributions et les dépenses de l’AMO à 8,9 milliards de DH dont 31,5% sont destinées aux médicaments. Durant la période 2013-2018, les recettes de l’AMO ont enregistré une augmentation annuelle moyenne de 7,5% contre 10,5% pour les dépenses de l’AMO. Il est à souligner que 3,2% de la population couverte est atteinte d’ALD, et elle consomme 51,5% des dépenses.

Les deux gestionnaires de l’AMO totalisent un excédent de 36,07 milliards de DH

Par ailleurs, les deux régimes de l’AMO, privé et public, ont enregistré un excédent d’exploitation cumulé qui a atteint 36,07 milliards de dirhams, soit 29,05 milliards de dirhams à la Caisse nationale de sécurité sociale contre 7,02 milliards de dirhams à la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale. Cependant, le restant à charge supporté par les assurés de l’AMO a connu une hausse régulière de deux points depuis 2013. Il atteint 34,5% pour les deux régimes et peut même atteindre 45% pour certaines affections de longue durée. Ce reste à charge élevé s’explique principalement par l’évolution technologique, la cherté des médicaments innovants ainsi qu’au non-respect de la tarification nationale de référence non révisée depuis 2009, par les prestataires de soins et le recours à des prestations non remboursables par l’assurance maladie.

Les trois nouvelles conventions nationales, signées le 13 janvier dernier, liant la Caisse nationale de sécurité sociale et les prestataires et établissements de santé du secteur privé permettront la réduction du restant à charge des assurés, la simplification et la normalisation des procédures et la transparence dans la facturation des prestations.

Outre les réalisations de l’année 2018, les responsables de l’ANAM ont précisé que l’année 2020 sera consacrée particulièrement à l’élaboration d’un Schéma directeur du système d’information de l’ANAM ainsi qu’à l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’action du parcours coordonné de soins intégrant la prévention.