Après la grève, l’éternelle guerre des chiffres

Possible reprise du dialogue social pour la session d’automne.

Comme d’habitude et au lendemain de chaque débrayage, le gouvernement et les syndicats grévistes se lancent dans une guerre des chiffres. Le mardi 23 septembre n’a pas été une exception. Alors que la grève était censée battre son plein, les deux syndicats, la FDT (aile-Fatihi) et l’UGTM annonçaient, dans un communiqué commun, un taux de participation moyen de 80% dans de nombreux secteurs comme l’Enseignement, la Justice, la Santé et les Collectivités locales. Pour sa part, le gouvernement, en la personne du ministre chargé de la fonction publique, parle d’un taux de participation avoisinant les 12%, voire 25% dans le meilleur des cas. Ce faisant, le ministre n’a pas manqué de préciser que la grève n’a pas altéré le fonctionnement normal de l’Administration. Quant aux autres centrales dites «plus représentatives», l’UNTM, syndicat affidé au PJD et donc proche du gouvernement, parle d’un échec cuisant d’une grève éminemment politique. Il faut dire que la menace du gouvernement de sévir contre les fonctionnaires grévistes, à coups de ponctions sur leurs salaires, y est pour beaucoup. Les autres centrales, la CDT et l’UMT, se gardent de tout commentaire et justifient leur non-participation à ce premier mouvement de grève préventive dans la fonction publique aux rapports ambigus qu’entretiennent les deux syndicats grévistes avec leurs partis. Cela dit, les deux centrales, CDT et UMT, maintiennent toutefois le principe d’une grève générale dont la date est à fixer par leurs organes exécutifs. Entre-temps, le gouvernement tente de désamorcer la crise. Le ministère de la fonction publique promet l’ouverture du débat avec les syndicats à propos de la réforme du régime des retraites dès que le CESE aura rendu son avis. En même temps, des sources au PJD annoncent la reprise, dans les deux semaines à venir, du dialogue social, pour sa session d’automne.